‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 4)Chapitre 154 sur 442 · PLAN DV COVVENT DES DAMES AVCVSTINES ANGLAISES · texte numérisé non relu

PLAN DV COVVENT DES DAMES AVCVSTINES ANGLAISES

d’après le plan de Vermquet et un document manuscrit

lmp Chardin, WUi/ruwv

COUVENT

DES DAMES ANGLAISES

NOTICE HISTORIQUE

Le couvent des Dames anglaises, de l’Ordre de Saint-Augustin, fut fondé par Marie Tredway, religieuse de l’abbaye de Notre-Dame-de-Beaulieu, à Douai, assistée de Thomas Carre, procureur du collège anglais de cette ville. Aux termes des lettres-patentes du mois de mars 1 6 3 3 , qui avaient autorisé cette fondation (1) 2, la nouvelle communauté ne devait admettre que des Anglaises; néanmoins, en 1 6 5 5 , il leur fut permis également de recevoir des jeunes filles françaises dont le nombre était limité à dix (2b

Les religieuses, que protégeaient le cardinal de Richelieu et sa nièce, la duchesse d’Aiguillon, s’établirent d’abord au faubourg Saint-Jacques, rue d’Enfer; puis, au commencement de l’année 1 6 3 6 , elles se transportèrent près de la porte Saint-Antoine, dans un immeuble avec jardin, situé sur le chemin de Charonne, entre les rues de Lappe et de la Roquette (3). Mais, après un séjour de trois années, elles abandonnèrent cet établissement, jugé insalubre, pour se fixer définitivement dans la nie des Fossés-Saint-Victor (4). L’une des maisons qui

(1) Il est dit dans ces lettres-patefntes que le couvent était établi en vue de « recevoir et faire les vœux et professions dudict ordre seulement des filles natives du royaume d’Angleterre ou qui seront nées hors d’iceluy de pere et mèreanglois. . . Pour la direction et gouvernement dudit monastère seront donnés et institués de prestres seulement angloisetnon d’autres v. (Arch. nat., S. 46 1 6.) L’archevêque de Paris, M. de Gondy, approuva celte fondation le 2 4 mai 1 6 33.

(2) Cf. Félibien, t. V, p. i4i.

(3) L’achat d’une maison avec un terrain contigu, sur le chemin de Charonne , eut lieu le 22 décembre i635.(Arch. nat., S. 46i6.)

C4) Jaillot observe que Félibien et, après lui, Piganiol et Le Fèvre ont confondu deux établissements distincts, celui des Augustines anglaises de la rue des Fossés-Saint-Victor et celui des Religieuses

anglaises de l’immaculée Conception établies rue de Charonne. En ce qui concerne les deux derniers auteurs la critique est juste; mais elle n’est nullement fondée à l’égard de Félibien. Celui-ci dit en effet que les Dames anglaises avaient acquis codes héritages proche la porte Sainte-Antoine^ (t. IL p. 1 456 ) , ce qui est exact et s’applique parfaitement aux Augustines des Fossés-Saint-Victor.

Mais, ce qu’il y a plus singulier dans l’observation de Jaillot, c’est que, en cherchant à expliquer la cause de l’erreur de ses devanciers, il est tombé précisément dans la confusion qu’il leur reprochait et qu’il prétendait relever. Voici, en effet, ce qu’il écrit à ce sujet: te Dans les lettres-patentes du mois de mars 1 633 , il est parlé de chanoinesses angloises et des acquisitions par elles faites de quelques maisons rue de Charenton. Quoiqu’aux termes des lettres-patentes pour leur établissement, en

faisaient partie de leur nouvelle résidence avait appartenu à Jean-Antoine de Baïf, et c’est là que le poète avait organisé, avec le concours de Ronsard et de ses amis de la Pléiade, une académie française de poésie et de musique approuvée par lettres-patentes de Charles IX, au mois de novembre 1670 W et dont le roi de France et le roi de Navarre avaient honoré les réunions par leur présence^.

Le couvent, du titre de Notre-Dame-de-Sion , était limité, au nord par la rue des Boulangers, à l’ouest par la rue des Fossés-Saint-Victor, et contigu au midi au Collège des Ecossais et aux Prêtres de la Doctrine Chrétienne; ses vastes jardins, qui couvraient en partie l’emplacement des anciennes arènes de Lutèce, s’étendaient jusqu’à la rue Neuve-Saint-Etienne et touchaient, du côté de l’est, au monastère de la Congrégation.

11 comprenait un corps de bâtiment sur la rue des Boulangers, deux sur la rue Saint- Victor, avec la chapelle à l’extrémité, adossée au collège des Ecossais, deux autres bâtiments au fond du jardin, pour les dames pensionnaires et les classes, et une maison hors clôture habitée par l’aumônier. Un petit cimetière était annexé à la chapelle. La porte du couvent, sur la rue des Fossés-Saint- Victor, donnait accès par un escalier à une petite cour, où l’on trouvait, à droite, l’entrée publique de la chapelle et, à gauche, celle de la communauté.

1 G 3 3 , elles ne fussent pas autorisées à en faire un second, cependant la dame Tresdurai acquit une maison et jardin, le 23 décembre 1 635, s’y transporta avec une partie de sa communauté et lit approuver ce second monastère; mais, comme il ne se présentait pas autant de sujets pour y faire profession qu’elle s’en étoit ilattée et qu’elle avoit été autorisée d'y en recevoir, elle prit le parti de retourner dans le couvent qu’elle avoit sur la rue des Fossés-Saint- Victor et elle s’accommoda de celui-ci en 1660, avec les filles angloises du Tiers ordre qui l’occupent aujourd’hui ». (t. III, p. 64.)

Or il convient de remarquer, d’une part, que les lettres-patentes ne parlent nullement, comme le prétend Jaillot , d’acquisitions faites rue de Charenton; il y est simplement question de tfcontracts, d’achats et d’heritages faicts proche la porte Sainct- Antoine», et il s’agit de la maison et du terrain de la rue de Charonne.

D’autre part, les Religieuses anglaises du Tiers ordre , ou de l’immaculée Conception , s’établirent en 1661 dans une maison delà rue de Charonne, à l’angle de la rue Moreau, quelles avaient acquise par adjudication. Leur couvent ne leur fut donc pas cédé par les Augustines anglaises, qui ne l’avaient jamais occupé. Quanta l’immeuble de la rue de Cha¬

ronne, les Augustines en restèrent propriétaires, puisqu’elles le donnaient encore à loyer en 1790. (Arch. nat., S. 4 G 1 6. )

(1) L’histoire de cette curieuse institution a été récemment écrite par M. Frémy, sous ce titre : L’Académie des derniers Valois (i570-i585), Paris, Leroux, 1887, gr. in-8°.

(2) Cette maison fut vendue aux religieuses, le 20 décembre 1 6 3 9 , par Antoine (îaffarel et sa femme, demoiselle Philippe Baïf, fille de Guillaume Baïf et petite-fille du poète, rc 11 me souvient , estant j eune enfant « , écrivait G. Colletet , «■ d’avoir vu la maison de cet excellent homme [Jean- Antoine de Baïf] , que l’on montrait comme une marque precieuse de l’antiquité. Elle estoit située sur la paroisse de Saint- Nicolas-du-Chardonnet, à l’endroit où l’on a depuis basli la maison des religieuses angloises de l'Ordre de Sainct-Augustin , et , soubs chaque fenestre de chambre , on lisoit de belles inscriptions grecques en gros caractères, tirées du poète Anacréon, de Pindare, d’Homère et de plusieurs autres, qui attiraient les yeux des doctes passants ». (Note marginale sur le manuscrit de la Vie des poètes de François Colletet, citée par M. Frémy.) — D’après Sauvai, l’ancienne maison de Baïf avait été plus tard entièrement démolie.

COUVENT DES DAMES ANGLAISES

La chapelle, construite en 1 6 3 9 et dédiée par Msr Richard Smith, archevêque de Ghalcédoine, ne présentait au point de vue architectural aucun détail caractéristique, mais elle était remplie d’épitaphes et de pierres tombales, qui furent presque toutes détruites à la fin du xvme siècle

Les religieuses anglaises, grâce à la loi du 5 novembre 1790 qui exempta de la confiscation les biens possédés en France par des établissements étrangers, et à la loi du 3 mars 1793, conservèrent pendant les premières années de la Révolution leur maison, qui, durant la Terreur, fut momentanément transformée en prison. Mais, le 5 thermidor an viii, le Directoire exécutif confisqua le couvent et le vendit aux enchères le 3 vendémiaire de la même année 0). En 1802 les Dames anglaises rentrèrent provisoirement en jouissance de leur immeuble, dont l’acquéreur avait été désintéressé par un échange, et, en 1806, le gouvernement le leur restitua à titre définitif.

Lors du percement de la rue Monge, auquel il faisait obstacle, le couvent fut exproprié vers la fin de l’année 1860, et la communauté se transporta à Neuilly W.

(1) Le 3o juillet de la même année.

(2) Les inscriptions qui subsistaient encore au commencement du siècle ont été recueillies dans les Collectanea topographica et historica (London, Nichols, 1 834-1 843) , sous ce titre : Sepulchral inscriptions at the couvent of Canonesses regular of the Order oj Saint- Augustin , rue des Fossés-Saint-Victor, Paris, (t. VIII, p. 2 4 et suiv.)

(3) Un arrêté des consuls, en date du 5 mars 1800, autorisa les religieuses à reprendre ceux de leurs biens qui n’avaient pas été aliénés, mais c’était là une concession purement nominale puisque tout avait été vendu ; la communauté, pour rester dans le couvent, dut payer un loyer à l’acquéreur, qui était un certain Lenoir.

0) Mmc la supérieure du couvent de Neuilly avait communiqué à M. de Guilhermy les renseignements suivants sur le couvent de Notre-Damede-Sion : «La communauté des Dames Augustines

anglaises, transférée à Neuilly en 1860, avait été fondée par le clergé anglais du séminaire de Douai, et ne devait recevoir que des religieuses de cette nation. Dès l’origine, la chapelle du monastère devint une paroisse d’adoption pour les nombreuses familles anglaises chassées de leur pays par la persécution et réfugiées à Paris ou dans les environs. Après la chute des Stuarts, le monastère fut honoré plus d’une fois de la visite des illustres exilés, et les amis fidèles qui les avaient suivis vinrent augmenter le nombre des habitués de la chapelle. Des veuves anglaises de distinction y cherchèrent aussi une retraite et confièrent aux religieuses l’éducation de leurs filles, qui entrèrent ensuite ellesmêmes, en grand nombre, dans la communauté. La chapelle servit de sépulture à des personnages illustres du parti des Stuarts; mais la plupart des épitaphes et des pierres sépulcrales ont disparu pendant la révolution de 1 798 ».

Colter (Elisabeth), 167.

Constable (D.), i64.

Elrington (Edouard), 161.

Hanoqde (Madeleine), 166.

Hunibean (Anne), 170.

Legrain (Dame), 173.

Palmer (Catherine), 168.

INDEX alphabétique.

Perkins (Edmond), i65.

Pinkney (Miles) , 160.

Plumerden (Robert), 160.

Pddelford (Marie), 162.

Skipwitu (Agnès), 171»

Smith (Richard), 169.

Towxley (Françoise), 172.

Trockmorton (Elisabeth), 1G9.

COUVENT DES DAMES ANGLAISES

ÉPITAPHES DU COUVENT

CHAPELLE

Tombes dans le sanctuaire, devant l’autel :

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