ANNONCIADES DE POPINCOURT
NOTICE HISTORIQUE
Des religieuses de l’Ordre des Annonciades du Saint-Esprit, fondé par Jeanne de France, fdle de Louis XI, étaient venues de Melun, pour s’établir à Saint- Mandé, avec la permission que leur avait donnée l’archevêque de Paris, le 27 octobre i63qi(2;.
(1) D’après le plan de Turgot.
(2) Ainsi que le remarque Jaillot, les historiens du vieux Paris ont généralement confondu les Annonciades de Popincourt , venues de Melun , avec les Annonciades des Dix-Vertus, venues de Bourges. Celles-ci, qui s’étaient d’abord établies rue des Saints-Pères (16.37), Pu's riie Sèvres (1 64o), cédèrent en 1 65 4 leur maison aux religieuses de
l’Abbaye-aux-Bois, pour se disperser ensuite, et non pour se transporter à Popincourt. La preuve que les deux couvents fondés à quelques années de distance subsistaient concurremment, c’est qu’ils figurent sur le plan de Gomboust (1667), où l'on trouve mentionnées à la fois les Dix- Vertus et les Religieuses de Pincourt.
Quatre ans plus tard, le 12 août 1 6 3 6 , cette communauté se transporta à Paris, dans une maison avec jardin, située dans le quartier de Popincourt (1) 2, quelle avait acquise de M. Angran, secrétaire du Roi, et qui avait appartenu autrefois à Jean de Popincourt, premier président au Parlement de Paris sous Charles VI. Cette maison avait été affectée à un prêche de Réformés que le connétable de Montmorency avait pillé et brûlé le 3i décembre 1 5 6 1 . Les Annonciades y résidèrent jusqu’au moment de leur suppression, en 1780. Le couvent devint alors une caserne, que des compagnies de grenadiers et de gardes-françaises occupaient encore au commencement de la Révolution.
Dans un coin de l’enclos se trouvait une chapelle, sous l’invocation de Sainte- Marthe t2), qui servit jusqu’en 1 6 5 9 , époque à laquelle fut terminée la nouvelle église que les religieuses avaient fait bâtir.
Cette église, de proportions assez vastes et d’une extrême simplicité, fut conservée après la disparition de la communauté^. Elle fut érigée en église paroissiale, par la loi du h février 1791, sous le titre de Saint-Ambroise, par suite du démembrement de la paroisse Sainte-Marguerite, puis vendue comme propriété nationale; elle fut rouverte au culte en 1802.
La ville de Paris, qui en avait fait 1 acquisition en 1811, la fit restaurer et agrandir sous la direction de l’architecte Godde, en 1818. Elle fut démolie en 18G8, pour dégager les abords d’une autre église paroissiale du même nom, mais beaucoup plus grande, que l’on édifiait alors sur une partie des terrains de l’ancien couvent.
(1) On les appelait aussi communément les Religieuses de Pincourt. «Le peuple, par corruption, dit Brice, nomme tout ce quartier Pincourt».
(2) D’après une tradition rapportée par Sauvai, «sur l’emplacement de ce couvent étoil bâtie anciennement une chapelle, appelée du Saint-Esprit de Montpellier, qui a voit servi à des Hospitalières,
et une autre appelée de Sainte-Marthe». (T. 1, p. 655). Il est vraisemblable, toutefois, qu’il n’y eut qu’une seule chapelle à laquelle on attribua successivement deux vocables différents.
(3) «Leur église assez propre a été conservée et l’on y acquitte les fondations». (Thiéry, t. I, p. 64 1 .)
Plan du couvent des Anuonciades de Popincourt (1).
ÉPITAPHES DE L’ÉGLISE 21
MALLET DE BRUNIÈRES (3).
Dans le chœur, au bas de la dernière marche du grand autel, cette inscription était gravée sur une lame de marbre :
174. — Messire et dame Mallet ont choisy icy leur sépulture, afin que
LES PRETRES MONTANTS A L’AUTEL SE SOUVIENNENT DE. PRIER POUR LE RF.POS DE LEURS AMES. - REQUIESCANT IN PAGE.
Ms. D, fol. 10 ; — Guilhermy, t. T, p. 542
(1) Dressé par M. Hochereau, d’après le plan de Verniquet.
(2) Nous ne possédons qu’un très petit nombre des épitaphes qui figuraient dans l’église du couvent où les inhumations paraissent d’ailleurs avoir été fort peu nombreuses.
, note 2.
(S| Nom inscrit en marge de l’épitaphe dans le ms. D. — A la date du 25 septembre 1 868 , le Moniteur universel annonçait que cette inscription venait d’être retrouvée au début des démolitions. Comme elle ne fut pas mise en réserve, elle a dû être détruite.
IMPRIMERIE NATIONALE