‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 4)Chapitre 221 sur 442 · QUI TRES PASSA L’AN DE GRACE MCCXCVI, OU MOIS D’OCTOBRE, LE · texte numérisé non relu

QUI TRES PASSA L’AN DE GRACE MCCXCVI, OU MOIS D’OCTOBRE, LE

MARDY DEVANT LA SAINCT LUCAS (3). — PRIEZ POUR L’AME D’ELLE QUE DlEX BONNE MERCY LI FACE. AMEN.

Ms. G\ p. 597.

(1) Prem. épît. aux Corinthiens, XV.

(2) En tête des inscriptions de l’abbaye Saint- Antoine qu’il a réunies dans le ms. C1, Clairambault a consigné cette note : «Le plus grand nombre

des épitaphes a esté distribué aux généalogies». Ces recueils généalogiques ont été complètement détruits h la fin du xvme siècle.

(3) C’est-à-dire le 1 6 octobre.

iMPr.niF.niE nationale.

Vue du couvent des Chanoinesses de Saint-Augustin M.

COUVENT

DES

CHANOINESSES DE SAINT-AUGUSTIN

A la demande de l’archevêque de Paris, Jean-François de Gondi, madame de Villiers Saint-Paul, abbesse du couvent des Chanoinesses régulières de Saint- Etienne de Reims, vint à Paris, en i64o, avec six de ses religieuses, pour y fonder une maison de son Ordre. Elle confia ce soin à Tune des religieuses, Susanne Tubœuf, sœur de l’intendant des finances de la reine-mère, Anne d’Autriche, et l’archevêque autorisa, le 17 mars 16/12 1 (2), la formation de la nouvelle

(1) D’après le plan de La Caille. — Le plan géométral a été dressé par M. Hochereau d’après Verniquet.

(2) D’après Piganiol et Jaillot, l’archevêque avait écrit à l’abbesse de Reims, le 17 janvier i64o, et celle-ci était venue à Paris le 2 octobre de la même année. Jaillot se demande pourquoi M. de Gondi, crqui avoit désiré et sollicité l’établissement du couvent, n’y donna son consentement en forme que le 17 mars i642». Ce retard vient de ce qu’une première tentative avait été faite sans résultat, ainsi que le constatait la lettre de M. de Gondi : nScavoir faisons qu’ayans cy devant permis a Denise Belanger et Barbe Prélat de faire l’establissement d’une communauté de religieuses Augus¬

tines , sous le titre de Nostre-Dame de la Victoire et de Sainct Joseph , en tel lieu de nostre diocèse qui seroit trouvé par nous convenable audict establissement, lesdictes Belanger et Prélat y auraient travaillé incessamment et employé leurs biens et leurs soings à cest effect, mesme appelé des religieuses de l’Ordre de Sainct Augustin pour les ayder en iceluy; a quoi toutes fois elles n’auroient peu réussir et auraient esté contrainctes de congédier les religieuses qu'elles auraient appelées, qui s’en seraient retournées en leur monastère, de sorte que toute cette entreprise n’auroit eu le succès qu’elles en auraient esperé; maisjugeans depuis qu’il estoit de nostre piété de ne pas souffrir qu’un si pieux dessein demeurast plus longtemps sans

-communauté qui s’installa au village de Picpus h), dans une maison acquise grâce aux libéralités de M. Tubœuf(2b

Le couvent des Chanoinesses de Saint-Augustin prit le titre de Notre-Dame de la Victoire et de Saint-Joseph (3), et il eut pour première supérieure Susanne TubœufW, dont le frère paraît avoir pourvu de son vivant aux besoins de la maison (*). Le roi approuva cet établissement par lettres-patentes du mois de décembre 1 G 6 7 (6).

La Révolution dispersa les religieuses qui, le 23 janvier 1792, déclarèrent renoncer à la vie commune et abandonnèrent leur monastère le 2 mai suivant. Les bâtiments conventuels, vendus le 8 messidor an 11 (26 juin 1796), furent transformés en filature de coton, puis démolis peu après; la chapelle seule subsista. Durant la Terreur, une partie de l’ancien enclos avait servi de cimetière aux victimes de l’éclialaud guillotinées sur la place de la Nation (7L

efiect, aurions convié ia reverende abbesse de Sainct-Estienne de Reims, dame Marie de Villiers Sainct Paul qui estdudict ordre de Sainct Augustin, de nous ayder a l’établissement d’une communauté de religieuses Augustines en nostre diocèse ». (Arch. nat. L. 1071, n° 1.) Denise Belanger et Barbe Prélat n’avaient pu réussir à se procurer l’argent nécessaire à l’achat d’une maison; aussi l’archevêque ne voulut-il approuver définitivement la fondation du couvent que lorsque la sœur Tnbœuf lui eut représenté «quelle estoit en estât d’acquérir une maison par les bienfaicls particuliers de ses parens, pour y establir la communauté ». {Ibid.)

(1) Le 27 mars 16/12, Susanne Tnbœuf avait acheté à Philippe d’Aguesseau, seigneur de Lormaison et à sa femme, Madeleine Lemaître, «une grande maison, cours, jardins, apartenances et dépendances d’icelle maison , située au village de Picquepusse, près Paris, ayant sa principalle entrée sur la grande rue dudict Picquepusse et une issue par une porte, au bout du. jardin, sur les champs», et plusieurs arpents de terres labourables pour la somme de 27,000 livres. (Arcb. nat., S. 47/19.)

(2) D’après l’abbé Lebeuf, les religieuses du prieuré de Gourances, au diocèse de Sens, qui s’étaient établies à Chaillot en i638, «quittèrent en 1647 et s’établirent à Picquepuce, où elles sont restées». (T. III, p. 57). Jaillot a réfuté avec juste raison cette assertion qui ne repose sur aucun fondement.

(3) En souvenir de la victoire remportée sur les Turcs dans le golfe de Lépante.

(4) «Ayant connoissance , écrivait l'archevêque, des bonnes qualitez , de la probité, vertu et prudente conduite de ladicte sœur Suzanne Tubœuf, d’où l’appuy que ladicte maison peut esperer nous paroist par l'assistance qu’elle reçoit journellement des siens, à l’advantage de celte communauté, desquels elle peut esperer beaucoup davantage, nous l’avons recogneu et reconnaissons fondatrice de ladicte maison de Nostre-Dame de la Victoire et de Sainct-Joseph , et l’avons établie supérieure d'icelle pour douze années consecutives». (Archives nat. S. 4749.)

(5) Piganiol nous apprend que «tant que M. Tubœuf vécut, il eut soin de cette communauté, et donnoit manuellement des sommes pour la mettre en état de recevoir des filles et de s’établir comme on le voit. . . Cette maison, ajoute-t-il, est aujourd’hui composée de quarante religieuses de chœur et de dix converses. Elles suivent la règle commune de Saint-Augustin , et ne sont point Hospitalières», (t. V, p. 79-80.)

(6) Arch. nat., L. 1071, n° 2a.

(7) Au début du Directoire, la princesse de Hobenzollern avait racheté ce champ de mort, où l’on avait inhumé son frère, le prince de Salin- Kyrburg. En 1802 , l’abbé Baudot, curé de Sainte- Marguerite, racheta la chapelle des Chanoinesses et les ruines de leur couvent auxquelles la nécropole fut réunie. C’est là que vint s’établir, en i8o5, la congrégation des Religieuses de l’Adoration perpétuelle, fondée par l’abbé Condrin et Henriette Avmer de la Chevalerie.

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