CIMETIÈRE D’AUTEUIL
NOTICE HISTORIQUE
Le village d’Auteuil, dont il est difficile de préciser l’origine, paraît avoir été fondé, comme celui de Chaillot, sous le roi Robert, par les anciens habitants de Nigeon.
Il fut doté, probablement vers le milieu du xuc siècle, d’une cure que l’évêque de Paris attribua au Chapitre de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, dont le territoire s’étendait autrefois presque jusqu’à Saint-Cloud1 (2) 3. Cette donation fut confirmée en 1192 par Maurice de Sully.
L’église paroissiale, construite sans doute vers cette époque^), fut agrandie et transformée à diverses reprises, notamment aux xvie et xvnc siècles, à tel point
(1) Reproduction d’une estampe d’Israël Sylvestre. (Bibl. nat. , Topographie de Paris.)
La seigneurie d’Auteuil appartenait aux abbés de Sainte-Geneviève; ils l’avaient obtenue en 1109 de l’abbaye du Bec, à laquelle ils avaient cédé, en échange, les fiefs qu’ils possédaient h Vernon et à Gamilly.
(3) rr Le bâtiment ne paraît être que des deux der¬
niers siècles. Le chœur qui est petit et la chapelle qui est à son côté méridional sont de cent cinquante ou de deux cents ans ; la nef est encore plus nouvelle. 11 n’y a que le portail de devant qui est d’un travail du xne siècle aussi bien que la tour du clocher, terminée en pyramide octogone de pierre et située hors d’œuvre au côté septentrional du chœur; on a construit devant cette porte antique un vestibule
qu'il ne subsistait plus de l’édifice primitif que le vieux portail et la tour du clocher.
Cette église, dédiée sous le titre de l’Assomption de la Sainte Vierge^, avait été édifiée d’une façon très irrégulière et sans aucune symétrie. Elle comprenait un chœur très petit, une nef à peu près rectangulaire, un seul collatéral et une petite chapelle ^ du côté gauche, adossée au chevet. La tour du clocher, construite hors d’œuvre, s’élevait sur le côté droit du chœur. La sacristie et le presbytère étaient contigus à l’église.
Elle fut fermée en 1793, et servit quelque temps de lieu de réunion publique et de fabrique de salpêtre. Lorsqu’elle fut rendue au culte, en 1795, elle n’offrait plus que des murs noircis et entièrement délabrés.
L’accroissement de la population d’Auteuil, depuis le commencement du siècle, la rendit insuffisante, et, comme il ne fallait pas songer à la restaurer et à l’agrandir, on décida de la démolir, en 1878, et de la remplacer par un nouvel édifice construit à peu près sur le même emplacement.
Devant la façade de l’église s’étendait un cimetière, sans doute aussi ancien que la paroisse, auquel les deux rues qui limitaient ses côtés donnaient une forme triangulaire. 11 fut fermé aux inhumations et supprimé au commencement de ce siècle.
moderne.^ (Lebeuf, (. III, p. 8.) Lorsque la construction de la nouvelle église eut été décidée, la Société de l'histoire de Paris et de l’Ile-de-France insista auprès de la Commission des monuments historiques, pour empêcher la démolition du clocher, le seul du xn” siècle qui subsistât encore à Paris. La Commission rrtout en regrettant que ce monument fut destiné à disparaître, estima qu’il ne présentait pas un intérêt suffisant pour motiver son intervention et entraîner un remaniement complet du projet de reconstruction ». ( Bulletin de h Société de l’Histoire de Paris, t. Vil, p. 129.)
(1) D’après Lebeuf, l’église était dédiée sous le litre de la Sainte Vierge, et, d’après Thiéry, sous celui de l’Assomption; il nous a paru que ces deux indications, loin de se contredire, se complétaient réciproquement.
De nos jours, elle portait le titre de la Sainte Vierge, mais au xvmc siècle elle était dédiée à sainte Geneviève. (Inventaire général des effets existant dans l’église d’Auteuil , à l’époque de 1 787, ensemble les titres, papiers, etc.; Bibl. de la ville de Paris, n° 1992.) Le Pouillé parisien, écrivait Lebeuf, marque qu’il y a dans l’église d’Auteuil une chapelle de Saint-Jean-Baptiste, et il ajoutait: aUne fondation plus certaine est celle qu’y fit en 1 658 Nicolas Fillon, bourgeois de Paris, d’une chapelle du titre de Sainte-Geneviève à l’autel de son nom, à condition que le chapelain-prêtre tiendroit école pour les garçons d’Auteuil et de Pacy. * (T. III, p. 1 0.) D’api ■ès l’Inventaire précité, il existait encore dans l’église une autre chapelle dite de M. le Curé, dont il nous paraît difficile de déterminer la situation.
Plan de l’église et du cimetière d’Auteuil W.
ÉPITAPHES DE L’ÉGLISE
CHOEUR
ANTOINE MOU. Aï.
Tombe de marbre noir, entourée d’un fdet et surmontée d’un écusson portant les armes des Nicolaï® :
381. — Cy gît Antoine Nicolas || Nicolay, chevalier, reçu || en survivance
DE L’OFFICE || DE PREMIER PRESIDENT EN LA CHAMBRE DES || COMPTES, SEIGNEUR
d’Ony, || de Saint Mandé, de Beaumais; || huitième premier president de la Chambre de ce nom, fils de Jean Aimard || Nicolay, et de Marie Catherine;! Le Camus, mort avant son || père, le 15 juin 1731, en ce lieu || ou il a désiré
ESTRE INHUMÉ. || Il DÉCÉDA À 39 ANS. || PRIEZ DlEU POUR LE RE||POS DE SON AME.
Armes. D’azur au Jevricr courant d’argent , colleté de gueules et bouclé d’or.
Texte d’après l’inscription originale; — Guilhermy, t. II, p. 72.
(1) Dressé par M. Hocliereau d’après deux plans manuscrits conservés aux Archives nationales (111e classe, n° 1 69 : Plan du fief de Saint-Germain au village d’Auteuil , levé par Duchesne ; — n° 598 : Plan du village d’Auteuil levé par Antoine Pdvière en 1760).
(S) D’après Lebeuf, cette tombe était dans le
chœur. Lorsque Guilhermy a relevé l’inscription , elle se trouvait- dans la nef..
Il n’y a là sans doute qu’une contradiction apparente. D’après l’Inventaire général des effets, etc. , il existait autrefois dans l’église un sanctuaire et un chœur; tandis que de nos jours le chœur avait été réuni à la nef.
NEF