CHARLOTTE-CATHERINE DE LA TRÉMOILLE
Monument de Charlotte-Catherine de la Trémoille W.
La clôture de cette chapelle était décorée de deux colonnes ioniques, dressées sur les côtés de la porte et surmontées d’un entablement portant un cénotaphe,
(1) Réduction d’un dessin en noir et en couleurs des Tombeaux de Gaignières (Original), fol. 2A6.
sur lequel on voyait la statue agenouillée de Charlotte-Catherine de la Trémoille, princesse de Coudé W; deux petits anges étaient posés sur l’entablement, aux extrémités du cénotaphe. Tout le monument était en marbre blanc et noir. Les deux panneaux du mur de clôture, décorés d’écussons sculptés, étaient garnis dans la partie supérieure de cassolettes fumantes.
Une lame de marbre noir appliquée sur la face antérieure du cénotaphe portait cette épitaphe :
447. — Æternæ memoriæ || illustrissimæ Carlottæ Catharinæ Trimolliæ, ||
HeNRICI BoRBONII, CoNDÆI PRINCIPIS, CONJUGI, HeNRICI, || PRIMARII E REGIO STEM- MATE PRINCIPIS, MATRI, QUÆ || FORTUNÆ AM PL1TUDINEM VICIT ANIMI MAGNITUDINE, || V A R I ET ATEM CONSTANTIA PERÆQU AVIT ; EA DENIQUE || POST ÆTATEM PIE AC LAUDA- B1E1TER EXACTAM, APUD || LüTETIAM PARISIORUM VIVERE || DESIIT, ANNO MDCXXIX,|| A U GU STI DIE XXIX, 1MO CUJUS NULLUM DEINCEPS || EXITUM TIMERET || VIVENDI INI- TIUM HABUIT. VlXIT || ANNOS LXI, MENSES III, DIES XI. || MATRI OPTIMÆ HENRICUS
Borbonius filius. || Requiescat in pace. Amen.
Armes. Condé : Ecartelé au î et h de France au bâton de gueules péri en bande, qui est de Bourbon-Condé ; au 2 et 3 de France à la bordure de gueules, chargée de huit besants d'argent, qui est d' Alençon.
La Tré moille : Parti de quatre traits et coupé d’un , formant î o quartiers : au 1 d'or au chevron de gueu les accompagné de trois aiglettes d'azur, becquées et membrées de gueules ( La Trémoille ); au 2, de France au bâton de gueules péri en bande ( Bourbon- Condé ); au 3 de France au lambel d argent ( Bourbon-Orléans ); au à de France; au 5 d’argent à la guivre d’azur ondoyante en pal et couronnée d’or, engloutissant un enfant de carnation en fascc ( Milan) ; au 6 , d'or à quatre pals de gueules (A bacon); au ÿ, écartelé en sautoir d'or à quatre pals de gueules et d’argent à l’aigle éployée de sable (Aragon-Sicile) ; au 8 , d’or à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d’argent et cantonnée de seize alénons d'azur ( Montmorency-Laval ); au g, palé d’or et de gueules (Am boise); au îo, d’or semé de fleurs de lis d'azur, au canton de gueules plein ( Tuouars ).
Texte d’après l'inscription originale12’; — Mss. A1, p. 4i5; — B2, p. 33a; — Le Laboureur, Les Tombeaux des personnes illustres, p. 289; — Guilhermy, t. I, p. 548-549.
(l) La statue fut recueillie au Dépôt des Pelils- Augustins par Lenoir, qui l’a cataloguée dans le Musée des monumens français sous le n° 170, avec cette observation : rtOn ignore l’auteur de cette statue, estimée pour la vérité du costume et la naiveté de son execution. r (T. V, p. 5g.)
Guilhermy écrit à ce sujet : rr Elle fait maintenant partie du musée du Louvre; le travail en est remarquable; on l’attribue, mais sans preuves, à quelque élève de Germain Pilon. L’inscription,
qui rappelait si discrètement les vicissitudes de la vie de la princesse, a été abandonnée dans les décombres du Musée des monuments français. Il y a bien des années que nous en avons pris copie, et depuis nous ne l'avons plus revue." (T. I, p. 54g.)
(2) On trouve dans les Tombeaux de Gaignières (Original Mss.), fol. 2, une reproduction figurée de cette épitaphe, avec quelques variantes dans la disposition épigraphique.
COUVENT DES FILLES DE L’AVE-MARIA