OU DE DORMANS
NOTICE HISTORIQUE
Le collège de Beauvais avait été fondé, en 1870, par Jean de Dormans, évêque de Lisieux et de Beauvais, cardinal du titre des Quatre-Saints-Couronnés, et chancelier de France sous Charles Y, qui fut aussi renommé de son temps comme homme d’état que comme prélat. Dès le 29 juin 1 3 6 5 , le cardinal avait acquis, en vue de cette fondation, dans le quartier du Clos-Bruneau, qui se transformait alors et devenait un des plus fréquentés de l’Université, la maison dite «Aux ImagesiC1 2), précédemment occupée par les écoliers du collège de Laon et que
(1) D'après le plan de Turgot. ris en la rue de Clos Brunei, dicte et appelée la mai-
(2) Par l'acte de vente du 29 juin 1 365 , les son des Ymages, tenant d’une part et d’autre et chapelains et écoliers du collège de Laon avaient aboutissant par derrière aux escoliers de Praelles». cédé à Jean de Dormans rrune maison assise a Pa- (Arch. nat. , MM. 356, fol. 5 v°.)
ceux-ci avaient abandonnée pour s’établir rue des Carmes, dans l’hôtel du Lion d’Or, à eux légué en 1 3 3 9 par Gérard de Montagu, avocat général au Parlement de Paris. Le 1 1 juillet suivant, il acheta au collège de Presles une autre maison dite «La Gador(1), voisine de la première, mais qui se trouvait sur la rue des Carmes. Après avoir aménagé ces immeubles, il y établit, dès le 8 mai 1070, le collège auquel il donna son nom, et qui fut plus communément appelé le collège de Beauvais. Au bout de dix mois il résignait spontanément ses fonctions de chancelier de France, que le roi confia à son frère Guillaume, pour se consacrer tout entier à l'administration de cet établissement.
Aux termes de la charte de la fondation du 8 mai 1870^, cjue l’évêque de Paris, Aimery de Magnac, approuva par un bref du 3o juillet suivant et le roi Charles Y par des lettres patentes du mois de janvier 1871, Jean de Dormans avait institué un maître, un sous-maître, un procureur et douze boursiers, qui devaient être originaires de la ville de Dormans en Champagne, près d Épernay, ou des paroisses voisines, et choisis de’ préférence dans la famille du fondateur. Par un second acte du 3i janvier 1872, il établit cinq nouveaux boursiers dans les mêmes conditions et un serviteur pour la communauté. Enfin par un dernier acte du 8 janvier 1878. il fonda sept autres bourses ^ dont trois étaient attri-
j Par l’acte du 1 1 juillet 1 365 , les maîtres et écoliers du collège de Presles avaient aussi cédé au cardinal «une maison et escoles enlretenans, assises a Paris en Clos Brunei, tenant d’une part, c’est assavoir ladicte maison appelée La Gado [ou Laguado], à une maison dicte des Ymages qui jadis fu aux escoliers de Laon et ad présent audit reverent pere; et lesdiles escoles tenant a une maison desdis bailleurs, appelée la maison du Jardinet, aboutissant y celle maison et escoles ausdis bailleurs v. (Arcli. nat. , MM. 356, fol. 7.)
("- Voici le dispositif de celte charte : «Nos Joannes de Dormano . . . fecimus, ordinavimus, creavimus, fundavimus et dotavimus unum collegium perpetuum duodecim scholarium , cum uno magistro, summonitore et uno procuratore, que persone faciunt quindecim numerum, que capient bursas nostras infrascriptas, ordinatas in uno hospicio nostro, quod acquisivimus de nostra propria facultate, Parisiis, in vico de clauso Brunelli, in loco videlicet qui dicitur ad Imagines, sub modis, ordinacionibus et declaracionibus, et ecianv dotacionibus, redditibus ac bonis inferius notatis. Primo enim fundamus, ordinamus a modo perpetuis temporibus diclos duodecim scholares capiendos, eligendos et assumendos de dicta villa et parochia de Dormano, si tôt habiles ad hoc ibidem
vaieant reperiri, alioquin capiantur de propinquioribus villis et parochiis ejusdem ville de Dormano, absque ullo favore et acceptacione personarum (illitamen de genere nostro, si qui sint, vel de linea parentum etamicorum noslrorum carnalium, presentium et futurorum, semper preassumptis, dum lamen habiles ad hoc debeantreputari). Et, si forsan de eisdem villis et parochiis nequirent reperiri, volumus quod alii boni et habiles capiantur et assumantur ubicumque in diocesi, seu in patria suessionensi poterunt reperiri, ut semper idem duodenus scholarium numerus sine defectu impleatur ; et taies eosdem nostros scholares capi volumus et eligi quod sint tonsurati, vel habiles ad lonsuram clericalem, sine vinculo servitutis, aut altero quocumque impedimento propter quod ad susceptionem tonsure clericalis debeant impediri. r> (Arcli. nat., M. 88 , 11° 1.)
(3) Le nombre total des boursiers se trouvait ainsi porté à vingt-quatre. Aussi Jean de Dormans disait-il, dans sa dernière fondation : rr Volumus. . . quod de numéro viginti quatuor bursariorum predictorum, très ex eisdem in villis de Buissolio et de Athis, Rbemensis diocesis, si tôt ibidem habiles et diclarum bursarum capaces possint de facile reperiri, ad collegium et bursas antedictas admittantur. illis tamen qui de cognacione seu consanguini-
COLLÈGE DE BEAUVAIS
buées à des écoliers de Bisseuil et d’Atliis, au diocèse de Reims, et une quatrième à un religieux de Saint-Jean-des-Vignes de Soissons, originaire de cette ville ou du diocèse, et qui devait servir de chapelain au collège.
Le cardinal s’étant réservé de son vivant la nomination des boursiers, avait stipulé quelle devait revenir après lui à son frère Guillaume et à son neveu Miles de Dormans, et, après la mort de ses parents, aux abbés de Saint-Jean-des- Vignes. Il avait chargé le prieur du couvent des Carmes de la place Maubert de l’inspection du collège et de la vérification des comptes.
Le 1 1 août 1873, l’Université approuva les diverses fondations de Jean de Dormans, qui mourut le 7 novembre suivant, léguant à son collège quinze cents florins d’or qui devaient être convertis en rentes, une grande quantité d’argenterie et d’ornements d’église et une somme de trois mille florins d’or, spécialement affectée à la construction d’une chapelle h) qu’il avait projetée, sans avoir le loisir de la réaliser, et qui devait remplacer l’oratoire provisoirement installé par lui dans une des salles de la maison achetée aux écoliers de Laon.
Le frère du cardinal, Guillaume, étant mort quatre mois avant lui, le 1 1 juillet i373, ce fut le neveu, Miles de Dormans, lui aussi évêque de Beauvais et plus tard Chancelier de France, qui prit en main la direction du collège et acquitta le dernier vœu de son oncle. Gomme les bâtiments étaient trop restreints pour permettre la construction d’une chapelle, il acheta deux maisons voisines, dont l’emplacement fut affecté à cet objet Le 3o janvier 1375, le roi Charles V, en souvenir de son fidèle Chancelier, alla poser lui-même la première pierre de cet édifice, dont son architecte Raymond du Temple dirigea la construction de 1375
tate nostra descenderint prepositis semper et etiam presumptis. . . In et de eo numéro unus religiosus, seu regularis canonicus, dicte ecclesie [beati Johannis de Vineis], in sacri sacerdotii ordinibus constitutus, de patria ortus supradicta, seu de episcopatu suessionensi . . . , qui in capella seu oratorio ipsius collegii nostri bis in hebdomada missam secundum sue devolionis convenientiam teneatur celebrare. « (Arch. nat. , M. 88, n° 3.)
(1) On iit dans le testament du cardinal , en date du 29 octobre 1 87 3 : trCum pro decencia honestatis domus et collegii predictorum, proposuerim edificare et de novo construere unam capellam in arnbitu domus predicte, in honore sancti Johannis evangeliste, ideo, pro edificacione et nova constructione capelle predicte, do et lego tria millia florenorum francorum auri ad opus ipsius capelle et non alibi convertendas. » (Arcli. nat., M. 88, n° 8.)
t2) Par un acte du 1 1 juillet 187 4, François de Montaguetles écoliers de Laon vendirent au collège
de Beauvais rrune maison a Paris oultre Petit pont, aboutissant et issant d’une part en la rue des Clos Brunei et d’autre part yssant et aboutissant en la rue Saint-Ylaire , appelée communément la maison aux Carneaux, tenant d’un costé a l’iiostel aux Ymages cpii est du colege, et aux escoliers de Praelles, par devers ladicte rue Sainte-Ylaire, et de ce mesrne costé devers ladicte rue de Clos Brunei tenant aux escoliers et colege fondé par feu monseigneur le cardinal de Beauvez et d’autre part a la maison Me Jean Audent». (Arcb. nat. , MM. 356 , fol. 36.)
Le 1 5 janvier suivant, le collège de Beauvais lit l’acquisition de la maison « assise a Paris oultre Petit pont, en la rue du Clos Brunei , tenant d’une part du costé par devers Saint Ylaire aux escoles qui sont Pierre Gillequin et d’autre part du costé par devers Seine a une maison qui fu aux escoliers de Laon ... et est ad présent aux escoliers fondez en ladite rue par monseigneur le cardinal de Beauvez n. [Ibid., fol. 37 v°.)
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à i38o, et qui fut dédiée le 29 avril de cette année sous le titre de Saint-Jeanl’Evangéliste û).
Miles de Dormans conserva l’administration du collège jusqu’à sa mort, survenue le 17 août 1 387. Par son testament il y fonda quatre chapelains qui formèrent une communauté, distincte de celle des écoliers.
Il eut pour successeur son frère Guillaume, qui modifia, quelques années avant sa mort, l’organisation primitive du collège. Par un concordat conclu le 27 janvier 1389 avec l’abbé de Saint-Jean-des-Vignes, homologué en Parlement le 18 mai suivant, sanctionné par lettres patentes de Charles VI le i3 septembre et approuvé par une bulle de Clément VII, du mois d’aout 1892, il fut stipulé que, après le décès de Guillaume, la collation des bourses serait attribuée au premier président du Parlement de Paris, assisté de deux commissaires de la Cour, dont l’un devait représenter l’abbé de Saint-Jean-des-Vignes; celui-ci conservait, d’ailleurs, la nomination du religieux de son abbaye.
Au mois d’octobre iûo5, après la mort de Guillaume de Dormans, la haute administration delà maison fut dévolue au Parlement, qui s’occupa toujours avec zèle de ses intérêts.
Le collège de Beauvais, dont les revenus primitifs avaient été notablement accrus par diverses fondations, ne cessa de prospérer jusqu’au commencement du xvic siècle, époque à laquelle il subit une transformation capitale. Lorsque les
ll) Ce fut sans doute du collège et de la chapelle que l'ancienne rue du Clos-Bruneau tira son nouveau nom de Saint-Jean-de-Beauvais. Jaillot n’est pas de cet avis; d’après lui, celte rue, qui prit au début le nom de Clos Brunei, rQe portoit au milieu du \vie siècle; mais le nom de Beauvais n’est pas si ancien. Le premier titre où j’ai vu que ce nom lui soit donné, est celui de l’amortissement du collège du h septembre 1871, dans lequel elle est nommée du Clos Bruneau, autrement dite Jean de Beauvais. Quelques-uns ont pensé que ce nom venoit de la chapelle du collège de Beauvais, dediée sous l’invocation de S. Jean-Baptiste; mais l’acte que je viens de citer dit simplement Jean de Beauvais et non Saint Jean de Beauvais. D’ailleurs cette chapelle n’a été bâtie que postérieurement à celte époque. D’autres ont dit que le voisinage de S. Jean de Latran lui avoit fait donner le nom de ce saint, et que le nom de Beauvais venoit du collège. Je conjecture que peut-être elle le devoit à Jean de Beauvais, libraire, qui demeuroit au coin de cette rue et de celle des Noyers, et que, tant par rapporta lui qu’à cause du collège de Dormans, lequel y fut fondé par un évêque de Beauvais, on lui
donna d’abord le nom de Jean de Beauvais et ensuite celui de S. Jean de Beauvais quelle porte aujourd’hui; on l’eût simplement nommée de Beauvais, ainsi que le collège, si c’étoit à celui-ci qu’il fallut attribuer la dénomination de cette rue.» (T. IV, art. xvii, p. 167.)
Nous ignorons où Jaillot a pu se renseigner sur le libraire dont il parle, et dont l’existence nous paraît plus que problématique; mais, en admettant même qu’elle fût réelle et que, par une coïncidence au moins singulière, ce personnage eût habité la rue du Clos-Bruneau, l’hypothèse du savant archéologue ne serait guère admissible. Si dès 1871 la rue a été appelée Jean de Beauvais, c’est évidemment en l’honneur de Jean de Dormans, évêque de Beauvais, tout à la fois, grand personirge de son époque et fondateur du collège, non en l'honneur d’un modeste libraire; après la construction de la chapelle dédiée à saint Jean, elle a reçu le qualificatif de Saint. Nous n’avons pas retrouvé le document signalé par Jaillot, mais, dans ceux dont nous avons cité des extraits, on remarquera que jusqu’en 187 h la rue est simplement dite du Clos-Brune!.
COLLÈGE DE BEAUVAIS
écoles de la rue du Fouarre disparurent, il reçut des régents et ouvrit des classes publiques; par suite, le maître échangea son titre contre celui de principal. Mais la maison se trouva dès lors divisée en deux communautés distinctes, celle des chapelains et celle des régents, qui ne vécurent pas toujours en parfaite intelligence W.
A la fin du xvic siècle, les discordes religieuses et les guerres de religion exercèrent sur les maisons d’enseignement une fâcheuse influence, et c’est en vue d’en atténuer les effets que les deux collèges de Beauvais et de Presles décidèrent, en 1597, de s’unir pour l’exercice des classes. Il suffit pour cela d’abattre la muraille qui séparait les deux cours contiguës; toutefois chaque établissement conserva son administration distincte. Le collège de Dormans perdit alors le nom de son fondateur pour prendre celui de Presîes-Beauvais. Cette union ne dura qu’un siècle; elle fut rompue, en 1697, par Rollin, alors principal de Beauvais, qui fit rétablir entre les deux maisons l’ancien mur séparatif.
Après avoir revu des jours florissants sous des maîtres distingués, tels que Rollin et Coffin, le collège de Beauvais disparut définitivement en 176/1; des lettres-patentes du 7 avril ordonnèrent sa réunion avec celui de Louis-le-Grand, où ses boursiers furent installés au mois d’octobre de la même année A la même époque le collège de Lisieux s’établit dans la maison de la rue Saint-Jeande-Beauvais(3); il en fit l’acquisition le 1e1' septembre 1767 et il y resta jusqu’au décret de la Convention du i3 septembre 1793, qui supprima l’ancienne Université.
Les bâtiments du collège de Beauvais qui avaient été, en raison de leur ancienneté, restaurés et reconstruits à plusieurs reprises, formaient, au xvmc siècle, deux ailes presque parallèles, en bordure sur les rues Saint-Jean-de-Beauvais et
(lj L’histoire intérieure du collège a été' racontée en détail dans l’ouvrage du P. Chapolin, Le Collège de Dormans-Beauvais et la chapelle de Saint- Jean-V Evangéliste. Paris, Durand, 1870, in-8°. Cet intéressant travail peut être considéré comme l’une des plus remarquables monographies publiées de nos jours sur le vieux Paris.
(2) Lorsqu’il fallut sacrifier les bâtiments du collège de Lisieux pour la construction de la nouvelle église de Sainte-Geneviève, il fut décidé que les écoliers de Lisieux se transporteraient dans le collège Louis-le-Grand, vacants par suite de l’expulsion des Jésuites. Un arrêt du 7 septembre 1762 ordonna que les classes de Lisieux y seraient ouvertes dès le ier octobre suivant. Mais lorsque l’Université eut projeté de réunir tous les boursiers des petits collèges à Louis-le-Grand, celui de Lisieux, désireux de conserver son autonomie, protesta contre celte
mesure. 11 fallut donc lui trouver un autre local, et ce fut la communauté de Beauvais qui accepta d’aller prendre à Louis-le-Grand la place de celle de Lisieux en lui abandonnant son propre local.
(3) Dans une vue du collège , publiée par Poncelin (Martinet de!.), le titre primitif est remplacé par la nouvelle appellation de l’établissement : Col-
LEGHJJI LEXOVEUM.
Sur la rue des Carmes, deux anciennes inscriptions plus détaillées , l’une en latin l’autre en fiançais, fixées au mur extérieur, encadraient un écusson aux armes des Dormans et rappelaient avec le vieux nom du collège le souvenir de son fondateur. L’inscription française a été transcrite par du Breul (p. 538); l’inscription latine, qui était restée en place jusqu’au commencement du siècle, a été publiée par Guilhermv. (T. f
des Carmes et sur une cour intérieure. Elles étaient reliées au nord par le mur mitoyen avec le collège de Presles et au midi par une aile transversale à laquelle se trouvait adossée la chapelle, qui limitait une moitié de la cour.
Cette chapelle, de plan rectangulaire et terminée par une abside pentagonale, formait un élégant édifice gothique. Elle avait sa façade sur la rue Saint- Jean-de-Beauvais, à côté de la porte du collège. Son portail était décoré de trois statues : sur les côtés celles du cardinal Jean de Dormans et de son frère Guillaume, et au milieu celle de saint Jean l’Evangéliste. Deux petites portes latérales , au bas du sanctuaire, servaient de communication avec la cour et avec la sacristie.
Après la suppression du collège, les bâtiments eurent des fortunes diverses. A la fin de l’année 179/1, ^,ircnf mis à la disposition du Comité de la section du Panthéon français, qui y tint ses séances, puis transformés en corps de garde et en salle d’arrêt. On les attribua en l’an vi à l’administration du Prytanée de Saint-Cyr et, le 20 juillet 1807, au service de la Guerre, pour y établir des ateliers d’habillements. En 1808 ils devinrent la caserne de Lisieux et, onze ans après, la succursale de l’hôpital militaire installé dans le vieux collège de Montaigu; en 1818, ils furent rendus aux troupes. A la même époque, la chapelle et une partie de la grande cour servirent à l’établissement de la première école d’enseignement mutuel établie à Paris par M. de Lasleyrie et par le duc de La Rochefoucauld-Doudeauville, d’après la méthode lancastrienne, tandis que Wilhem organisait dans l’ancienne sacristie les premiers cours populaires de musique. Après i83o, la chapelle devint le magasin central des hôpitaux militaires et l’on y installa un dépôt de literie. Enfin, en 1861, les bâtiments livrés à l’Administration des domaines furent détruits à l’exception de la chapelle.
Sur leur emplacement, acheté en 1 8 6 5 , des religieux de l’Ordre des frères Prêcheurs édifièrent un monastère où ils restèrent jusqu’en 1880. L’application des décrets du 29 mars 1880, prescrivant la dispersion des congrégations religieuses non autorisées, les obligea à quitter cette résidence le U novembre de la même année. Leur couvent, abattu à son tour, a fait place depuis à des maisons particulières, et l’ancienne chapelle de Saint-Jean l’Evangéliste est devenue actuellement une église consacrée au culte roumain.
(l) Corrozet constate qu’à ta fin du xvi' siècle, le collège fut rrrebastie de neuf en partie, dans la rue S. Jean de Beauvais du temps du roys François et Henry a présent régnant ». (Fol 72.) A cette occasion, la dernière travée de la chapelle fut englobée de chaque côté dans les nouvelles constructions; au xvni' siècle, le principal Oranger établit, dans
le bas de la nef, une tribune intérieure pour servir de passage entre les deux corps de bâtiments que la chapelle séparait.
Une inscription latine, gravée sur cuivre et actuellement conservée au musée de Cluny, signale d’autres réparations effectuées au collège en 1735. (Cf. Guilbermy, t. I, p. 584.)