‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 5)Chapitre 234 sur 356 · COUVENT DES FEUILLANTINES · texte numérisé non relu

COUVENT DES FEUILLANTINES

DU

FAUBOURG SAIINT-JACQUES.

NOTICE HISTORIQUE

Jean de La Barrière, fondateur de la Congrégation de Notre-Dame des Feuillants, avait obtenu du pape Sixte-Quint, le i3 novembre lôSy, en même temps que l’approbation de la nouvelle règle instituée par lui, l’autorisation d’établir des monastères des deux sexes. Les premières religieuses de la nouvelle obser-

D’après un dessin de ta collection Gaignières (Bibl. nat. , Topographie de Paris). — Le plan du couvent a été dressé par M. Itochereau fds d’après deux documents, conservés aux Archives nationales (N’ Seine, n° 807), dont l’un présente le monastère primitif , sur la rue du faubourg Saint-Jacques ,

et l’autre le projet des nouvelles constructions , par Jean Marol. La juxtaposition de ces plans permet de se rendre très exactement compte de la situation respective des locaux successivement occupés par les religieuses. Le plan, publié liorste.xte, a été gravé par M. Ducourtioux.

vance, réunies en communauté, soit à Montesquiou de Volvestre, au diocèse de Rieux, en i588, soit à proximité de Toulouse, en iSqoP), furent transférées dans celte ville, le 12 mai lôqq. Durant plus de vingt années, il n’y eut pas dans la Congrégation d’autre monastère de femmes, le général s’étant toujours refusé à en créer de nouveaux.

La reine Anne d’Autriche vint à bout cependant de cette obstination. En 1622 , sur les instances d’Anne Gobelin, veuve de M. d’Estournelles de Plainville, qui avait formé le dessein d’installer à Paris un couvent de religieuses Feuillantines, elle chargea le père .Jean de Saint-François, qui se rendait à Pignerol pour la tenue du Chapitre général, de provoquer l’autorisation nécessaire, et elle confirma cette mission par une lettre adressée, le 9 mai, au Chapitre lui-même^^l Les bienfaits (pie le roi Louis Xlll et Anne d’Autiiche elle-même n’avaient cessé de prodiguer au couvent des Feuillants du faubourg Saint-Honoré imposaient au Chapitre l’obligation d’accéder au désir de la Reine, et un décret du 12 juin accorda l’autorisation demandée. Le pape, c’était Grégoire XV, approuva la création du nouveau monastère, qui devait porter le titre de Notre-Dame-de-Gliarité, et afin qu’elle pût être réalisée sans retard, il autorisa la translation à Paris de six religieuses du couvent de Sainte-Scholastique de Toulouse. Dès le 29 juillet le nouveau général de l’Ordre, qui était précisément le père Jean de Saint-François, commit les provinciaux de France et d’Aquitaine pour aller les chercher. Avant même qu’elles fussent enroule, le roi leur accorda, au mois de septembre, des lettres d’amortissement pour le futur couvent, qui devaient être enregistrées en Parlement, le 12 décembre iG2Û(^h Ces religieuses partirent de Toulouse, le 18 octobre, pour arriver au monastère de Saint-Etienne du Plessis-Piquet, où elles séjournèrent durant quelques jours. Le 28 novembre, elles furent amenées, par de Plainville et plusieurs autres dames de qualité, au couvent des Carmélites où elles étaient attendues par les Feuillants, et de là elles furent conduites processionnellement au couvent du faubourg Saint-Jacques, que M”*" de Plainville leur avait destiné.

Cette propriété, qui comprenait divers corjis de bâtiments avec des cours et

Ces indications sont l'ournies, l’une par le P. Hélyot (Histoire des ordres monastiques, l. V, p. 4i5), l’autre par Ilermant (t. XIII, p. 208).

Cette lettre était à vrai dire beaucoup moins une sollicitation rpi’un ordre déffuisé : rr . . . Ayant sçu (pie vous n’avez point d’autre monastère de filles en ce royaume que celui de Toulouse, nous desirons pour nostre consolation d’en estabUr un dans ceste ville de Paris , et pai’ce (jue c’est chose qui dépend principalement de vous et que nous ne voudrions entreprendre sans estre assurée que vous y contribuerez ce (pii est de voslre pouvoir; main¬

tenant (pie vous estes assemblez , à l’occasion de voslre chapitre general, nous avons fait entendre nostre intention au P. dom Jean de Saint-François, avec mandement de vous le faire sçavoir. Vous le croirez de ce qu’il vous dira sur ce siiject de nostre part et correspondrez de la vostre, autant que vous pourrez, à l’accomplissement d’un si bon œuvre, qui ne tend ipi’à la gloire et honneur de Dieu, leipiel nous prions qu’il vous ait en sa sainte et digne garde. . . r, (Félibien, t. lA. p. 64.)

Arch. nat., Z*' 6o4, fol. 36 v°.

EPITAPHIER DV VIEYX PARIS

COYVENT DES FEYILLANTINES

d'après deux plans conservés aux Archives Nationales

jardins, d’ime surface totale d’environ sept arpents, avait été achetée le 19 juillet 1G21 par Jean Le Moyne G), curé de Sainte-Opportune, pour le compte des Feuillants, cpii avaient l’intention d’y établir un noviciatt'^l M'"'" de Plainville, qui

Jaillot prétend que Jean Le Moyne avait agi comme mandataire de M""’ de Plainville (t. V, art. xvn , p. ikh). Le contrat de vente et la déclaration de i’achetenr interposé ne permettent pas d’accepter cette opinion.

Par le contrat du 19 juillet 1G21, François Bunault, sieur de Hnmont, avait vendu, tant en son propre nom qu’au nom de sa lîlle mineure, dont il était tuteur : tfà venerable et discrette personne raaistre Jeban Le Moyne, prebslre, bachelier en théologie, proviseur du college de Justice, chevessier et curé de Saincte Opportune, à Paris, demeurant dans le cloistre de ladicte eglise, à ce présent, achepteur et acquereur pour luy et ses ayans cause, une grande maison ou pend pour enseigne la Teste Noire, size au faulxhourg Sainct Jacques, en ceste ville de Paris, proche et du costé du monastère des religieuses urselines, consistant en une entrée à porte cochere, une grande cour, puits moictoyen en icelle, deux corps d’hostel sur le derrière aplicquez à caves voultées, salles, cuisine, chambres, bouge, grenier, deux montées dans ladicte grande court servons auxdicts deux corps d’hostels , trois grandes escuryes , une petite escurie joignant les aysances , grenier au dessus , un petit jardin derrière avec deux bûchez , et une petite court proche ledict petit jardin; item une maison size eu la grande rue dudict faulxhourg, proche ladicte porte cochere, consistant en une bouticque, salle, allée, petite court, cave voultée, chambre sur chambre et grenier au dessus; item un petit corps d’hostel sur ladicte porte cochere consistant en deux chambres l’une sur l’autre et un grenier au dessus; item un autre corps de logis aplicqué à boutique , salle où y a à présent un four à boulanger, petite cour, estable, allée, chambre sur chambre et grenier au dessus ; item une autre maison joignant aussy, aplicquée à une boutique, salle où y a pareillement à présent un four, allée, grande cour, ay sauce, chambre sur chambre et grenier au dessus, lesdicts quatre corps d’hostels et maisons joignans l’un l’autre, couverts de thuille et assis eu ladicte grande rue; item cinq jardins, tous clos de murs, estaus au derrière des susdictes maisons, en l’un desquels plus proche de la rue y a une butte en platte

forme, bordée d’arbi-es alentour, et un petit cabinet au dessus, où y a une table, un grand puys faict en baignoire, un petit logis pour l’babitation du jardinier, apliccjné à une salle basse, et une chambre en galletas au dessus, avec un petit grenier et une cave contre ladicte butte, où est à présent demeurant Denis Lelyevre, jaidinier; en un autre desdicts jardins y a aussy une maison ayant son yssue et entrée, j)ar la rue des Marionnettes, où est demeurant Jacques Regliier, jardinier, consistant en deux berceaux de cave, salie basse et grenier au dessus, deux estables, porte chartiere, lequel Regnier tient à loyer ladicte maison, jardin et un autre jardin tout joignant, qui est l’un des cinq appartenans aux vendeurs, esquels jardins y a un puis; et en deux autres jardins y a aussy un puis et une maison sur ladicte rue des Marionnettes, contenant deux berceaux de cave, une salle basse, grenier au dessus, deux petites cours, une estable à chevaux et une porte chartiere, le tout couvert de thuille, façon de Flandres; et lesdicts cinq jardins qui sont tous joignans les uns des autres, plantez d’arbres fruictiers de diverses sortes ; item le droit de tenir estai! à boucher esdictes maisons de devant , estant sur ladicte grande rue et droict du jeu de Paulme sur ladicte rue des Marionnettes , . . . tenaus la totalité desdicts lieux et heritaiges, d’une part, aux heritiers et ayans cause Tronquet et M' de Cossy, huissier aux Requestes du Palais, et à ladicte l’ue des Marionnettes, d’autre part, à Guesdon et à autres et à une ruelle qui est le long des murailles et closture dudict monastère des Urselines, d’un bout par devant à ladicte grande rue et d’autre bout par derrière au chemin conduisant à la rue des Vignes et à M. Gorbilly, chirurgien juré, le tout appartenant audict sieur Bunault et à sadicte fdle . . . , moyennant le prix somme de vingt un mil livres tournois, sur laquelle somme ledict sieur vendeur, oudict nom, confesse avoir eu et receu dudict sieur acquereur. . . la somme de Imict mille livres tournois . . . , et pour le surplus montant treize mil livres tournois , ledict sieur acquereur en a vendu , constitué, assis et assigné et par ces présentes vend, constitue, assied et assigne du tout, dès maintenant à tousjours, et promet gareutir, four-

rMPBiMr.niE nationai-e.

ÉPITAPIllER DU VIEUX PARIS.

iuail fait aménager riimneuble en vue de sa nouvelle destination, fonniit aux religieuses la somme nécessaire pour le remboursement du jirix d’acliat. Le (i mai i()2 3, les Feuillants se désistèrent de tous droits sur l’im meuble, eu déclarant que le nouveau couvent formait un établissement distinct et absolument indépendant du leur(’), sous le rapport du temporel seulement, car ils en conservaient la direclion sjiiritiielle. Le même jour, M'’“’ de Plainville donna par contrat'^' à la communauté une somme de vingt-sept mille livres et lui constitua

nir, faire valloir, laiit en sorl iirinciiial . coni's d’ ai res ijiie rarha[)t aiidict sieur Bniiaiill, esdicls noms, ce accp|)tant pour luy, ses lioii-s et ayaus cause sepl, cent vingl deux livres, ([uaire sols, six deniers lournnis de renie annuelle, ijui est, à la raison du denier dix liuict. . . Ledicl sieur Le Aloyue a jiromis, sera tenu, promet et g'aige les bailler et jiayer en cette ville de Paris doresnavani , par cliascnn an. aux (jualre termes en l’an, à Paris accouslumez egallement, dont le premier quartier de paiement esclierra le dernier jour de septembre prochain venant, leipiel quartier se payera entièrement pareeque ledict sieur Le Moyne jouira du loyer desdicts lieux à commencer du premier jour du présent mois de juillet . . . Icelle rente sera racheplable à tnusjours, en baillant et jiayant par les racheptans audict sieur Bunault, esdicls noms, à deux fois et deux payemens égaux . jiareille somme de treize mille livres tournois avec les arrerages lors deulis, escheus et cuirez [lonr portion de temps. . . -n (Arch. nat., S /ibqa.)

Le même jour. Jehan Le Moyne déclarait ipie frFacipiisition qu’il a ce jour d’hny faicte de François Bunault, sieur de llnmont,. . . d’une grande maison size au Ludxbourg S' Jacipies de cette ville <le Paris, en la grande iiie, où est pour enseigne la Teste noire, avec les autres maisons, jardins et hei'ilaiges à plein déclarez au coniract de ladicte ac(]nisitinn. . . a esté par luy accepté et slipnllé pour et au nom et au prolict des religieux, prieur et couvent du monastère Saint Bernard de la congrégation Nostre DaTiie des Fenillans, fondé an fanlxbonrg S' Honoré lez Pai’is, suivant la |»riei'e (pi’ils luy en ont faicte, ayant de leurs deniei'S ])avé ladicte somme de huict mil livres, laquelle ils ont à cette lin mise en ses mains. A celte cause, ledict sieur Le Moyne, . . a fait déclaration et transport au prollict desdicts sieurs religieux Fenillans, ce acceptans et sli[)ullans pour eulx et leurs successeurs a perpétuité. . ., et les a mis et subrogez pour ce du tout eu sou lieu, droit.

noms et i-aisons..., puni’ en jouir, faire et dis- [)oser par lesilicts sieurs religueiix Fenillans et leursdicts snceessenrs à tous jours, comme de chose à eulx aparlenant. . . « (Ai'ch. nat., S AOcjtv.)

ffCe jourd'huy. (P de mai ibaB, les l'cligienx vocaux du monastère de S' Bernard, de la congrégation de Noslie Dame des Fenillans, situé au faulxboui'g lie S' Honoré lezlhuis, ca|)ilnlaii'ement assemblez, le reverend dom prieur a [imposé que le très revei-end Pere general, du pouvoir et autorité à luy donnée du chapitre general, a trouvé bon que la maison, sise au faidxliourg de S‘ Jacques, ([ui avoit esté acijnise à ladicte congrégation pour Y faire un monastère et dont ceste maison auroit tadvancé les deniers, fust destinée pour la demeure el habitation des religieuses Feuillenlines, qui ont esté amenées de Toulouse, et, en conséquence de cela ([lie lesdictes religieuses Feuillenlines désirent ([lie [lar acte capitulaire les susdicts religieux déclarent comme jamais ils n’ont acquis ceste maison [lonr esire dependenle de leur monasteie, comme estant des appartenances d’icelny, ains seulement [lonr la congregalion et pour y faire un monastère eutieremeni séparé et in(le[)endanl du leur; sur (pioy ayant demandé l’advis d’un cliascnn d’eux, ils ont unanimement déclaré ([u’ils n’ont jamais ac(|nis ladite maison ([ue pour la congrégation et pour en faire un monastère enlieremeni séparé et indejiendant du leur, et [luisijiie lesdictes religieuses leur ont rendu ce ([u’ils pouvoient avoir avancé pour l’acha[it et accommodement de ladicte maison, ils se soumettent Ires librement à la volonté dudit liés reverend Pere, general, sans prétendre chose ([iielcomjne sur elles pour le prix et riu-nnqiense d’icelle maison, comme ne leur a[)- [lartenanl jioint, ains à la congregalion; en foy de (|i]oy ils ont soussigné ce [iresent acte, ès susdits jour et aii.n (Arch. nat., S /iGqa.)

frPar devant Jehan Fontaine et Pierre Fieffé, notaires, garde nottes du Roy, nostre sire, au Chastcliet de Paris, soussignés, fut présente en sa

une rente annuelle de deux mille livres, dont huit cents payables seulement à sa mort, tant pour l’achat et l’aménagement de la maison que pour la fondation de six places de religieuses dont la présentation devait lui être réservée. En raison de cette donation, elle était déclarée unique fondatrice du couvent et jouissait

personne liaulte et piiissaiile dame Anne Gohelin, veufve (le deffunct messire Charles d’Estovirnel , vivant chevalier, seigneur de Plainville, conseiller du Roy en ses Conseils d’Estat et privé, gouverneur de Gorhie et capitaine de la première des cpiatre compagnies des gardes du corps de Sa Majesté, demeurant à Paris, rue, paroisse Sainct Paul, d’une part, et reverend pere dom Jehau de Sainct Martial, provincial de la congrégation de Nostre Dame de Feuillan, en la province de France, et encore reverende mere domne Margueritte Saincte Marie, prieure, ... etc., toutes religieuses professes amenées du monastère de Sainte Scolasticpie , de ladicte congrégation de Feuillan, fondé en la ville de Thoulouze, et ce en la maison et monastère où elles sont de présent estahlies, laquelle maison souloit appartenir au sieur François Bunault, seize ès fauxbourgs Sainct Jacques lez Paris, deuement congregées, et assemblées au parloir de ladicte maison et monastère d’aultre part, disant ladicte dame de Plainville qu’ayant pieu à Dieu luy donner la devote intention de fonder ung couvent de religieuses de ladicte congrégation, pour la remission de ses pechez et pour le repos des âmes dudict deffunct seigneur de Plainville, son mary, et ses pere et mere et ses aultres parens et amis trespassez . . . , elle avoit cy devant désiré lui estre octroyé au Chappitre general de ladicte congrégation la permission de fonder et establir ung monastère et couvent de religieuses Feuillentines en ceste dicte ville ou faulxbourgs d’icelle , et après l’avoir obtenu auroit moyenné l’envoi desdictes six religieuses susnommées, donné ordre à leur venue en ceste ville et obtenu desdicts Peres supperieurs qu’elles feussent establies en la susdicte maison qu’ils avoient acquise en intention d’y establir ung uovitiat de religieulx ; laquelle maison elle avoit fait accommoder et approprier pour l’usage et commodité desdictes religieuses , de sorte qu’il ne reste plus qu’à leur donner selon la dévotion quelques moyens pour ayder à leurs nécessitez présentés et leur entretenemeut à l’advenir; pour ceste cause, ladicte dame de Plainville, sur ce bien conseillée et advisée. a donné et donne par ces présentes, par

donnation entre vifs et irrevocable, aux religieuses. ])rieure et conveni de ladicte congrégation Nostre Dame de Feuillan, de nagueres establies en ladicU' maison et monastère, licentiées et auctorisées par ledict reverend pere dom Jebaii de Sainct Martial, provincial d’icelle congrégation, la somme de vingt sept mille livres (ju’elle leur a présentement baillée et payée en deniers comptans en la presence des notaires soussignés. . . Et, pour plus ample fondation dudict monastère, icelle dame de Plainville a donné et donne aussy par donnation entre vifs et irrevocable audict convent, ce acceptans lesdictes prieure et religieuses, deux millivres de rente annuelle et perpétuelle que jmur cest effect elle constitue par ces présentés, assiet et assigne sur tous et cbacun ses biens meubles et immeubles preseus et advenir, generallement quelconques, pour desdicts deux mil livres de rente jouir à perpétuité par lesdictes religieuses et eu estre payées par ladicte dame ou ses heritiers après son décès, aux C[uatre quartiers de l’an à Paris accoustumés , à commencer c’est assçavoir : de douze cens livres de rente du jourd’huy et des huict cens livres de rente restans du jour du décès de ladicte dame de Plainville seulement, lesdicts deux mil livres de rente racbeptables au denier seize par elle ou ses heritiers, quand bon leur semblera; . . . lesquels deux mil livres de rente serviront pour la fondation de six places de religieuses , qui seront affectées pei'petuellement à de pauvres filles ou femmes voufves, lesquelles estans par lesdictes religieuses trouvées propres à la religion seront reçues audict monastère sans payer aulcuus deniers d’entrée' ne aucune pension, et ce à mesure que decederont lesdictes six religieuses venues de Thoulouze, et ainsy consécutivement remplir lesdictes six places à perpétuité, comme dict est; la nomination desquelles filles ou femmes veufves ladicte dame de Plainville s’est reservée, tant à elle pendant sa vie qu’après son décès à dame Marthe Gohelin , veufve de feu messire Jehan Lescalopier, vivant conseiller du Roy en ses Conseils d’Estat et privé et president eu sa cour de Parlement, sa sœur, et aussy, après le décès de ladicte dame Lescalopier, la présentation desdictes six places appartiendra à jierpetuité

de tous les privilèges attachés à ce titre (6. Ce contrat, accepté , le 2 o novembre 1628, par le général des Feuillants, fut approuvé, le 3o juin 162/1, avec rpielques rectifications de détails, parrarclievéquede l^ai-is, Jean-Baptiste de Gonclv (-l l.e 3o août 1625, M'“‘' de Plainville racheta la rente de douze cents livres par le versement d’un ca])ital de dix neuf mille deux cents livres. Quant à la rente de huit cents livres, elle fut également rachetée, après sa mort(^\ le i*'*' février 1629, |)ar son frère Balthasar Gohelin, conseiller du roi et président de la Chambre des Comptes.

L’immeuble dans lequel les Feuillantines avaient été installées, outre qu’il était assez mal dis])osé pour une communauté, fut jugé promptement insuffisant. Au lieu de l’agrandir elles jugèrent plus pratique de le reconstruire entièrement sur les terrains quelles possédaient, et pour faciliter la réalisation de ce projet elles achetèrent tout d’abord aux Lrsulines, le 10 juillet 162G, un terrain contigu à la maison de la Tête noire ('é, ce qui lem- permit de ménager entre les deux couvents une ruelle de séparation.

;ui iwerend ])ere provincial de ludicte province de France, qui sera au temps de la vaccation de chacune place, lequel sera tenu nommer et présenter à icelle dans six mois après la vacation; les présentés donnations huctes à la charge expresse que ladicte dame de Plainville sera recognue pour unic([ue fondatrice dudict monastère et aura tous les (h’oits et privilleges de fondatiice, mesmement pourra entrer et coucher dans ledict monastère, toutes fois et qualités que hou hiy semblera, avec deux femmes ou filles telles qu’elle vouldra choisir, et chascune fois, sans qu’on la puisse ahstraindre de mener toujours les memes femmes ou filles, lestpielles y pourront aussy coucher en une chambre (|u'elle choisira audict monastère; et qu’après le décès de ladicte dame de Plainville ou qu’il pleust à Dieu de l’appeler à l’estât de religion, ladicte dame Lescalopier aura le mesme privillege d’entrer et coucher audict monastère . . .; larpielle entrée pour coucher audict monastère il ne sera permis pendant la vie de ladicte dame de Plainville ausdicts peres Feuillens ni auxdictes religieuses de j)ermettre ni accorder tà aucune aultre femme ni fille, soit en qualité de bienfaitrice ou aultremenl; que si pour quehjne considération qui regardera la gloire fie Dieu ou l’utilité du monastère, ils y permettent l’entrée, le jour seulement, à quch[ue femme ou fille, ce ne pourra estre les jours qu’il plaira à ladicte dame de Plainville d’y aller...; ledict pere provincial avec lesdictes religieuses a promis et s’est chargé de fournir à ladicte dame de Plainville, dans d'huy en six mois, des actes de

concession en bonne et deiie forme, comme aussy de hure ratillier par le revereud pere general le présent coutract et faire omologuer icelluy par le chapitre general de ladicte congrégation , au jn-emier chapitre general qui sera assemblé; et à faulte d’elTectuer entièrement ledict présent contract et en cas de contravention à aucune des charges cy dessus specifliées, ladicte dame de Plainville et ses heritiers demeureront quittes desdicts deux mil livres de rente et sera le présent contract nul et résolu pour ce regard, si hou semble à ladicte dame de Plainville et ([u’elle en ait fait la déclaration expresse pendant sa vie et non aultrement. . . « (Arch. nat., S 46 9 9.)

Jaillot prétend que, par cette donation, M“° de Plainville avait complété ses libéralités antérieures, c’est-à-dii'e l’achat et l’installation du couvent; mais il paraît ressortir du contrat que la somme de 97,000 livres donnée par elle avait été appliquée à ces dépenses antérieurement à la lédaction de Pacte et que le rappel de cette somme ne consf i tuait pas une donation nouvelle. Les indications de la chronique du couvent confirment d’ailleurs cette interprétation.

If archevêque s’était borné à désigner nominativement les dames que M^'de Plainville pouvait faire entrer avec elle dans le couvent et à limiter le nombre des domestiques qui devaient l’accompagner, soit à deux pour le jour et une pour la nuit.

(3) gg Plainville était morte le 99 juin 1697.

Les Ursnlines avaient acheté elles-mêmes, le 5 janvier 1691, de Guillaume Etienne et Nicole

La première pierre du bâtiment neuf avait été posée le 17 septembre iGqB par le cardinal Barberini, légal du pape; elle le fut, une seconde fois, le 2 juillet 1626, par le maréchal de Bassompierre (‘U En raison du défaut de solidité du terrain, situé sur d’anciennes carrières, qui provoquèrent à plusieurs i-egrises de dangereux éboulements, la construction provoqua de sérieuses difficultés. Le 28 août i63 i, les religieuses prirent solennellement possession des nouveaux locaux, bien qu’il ne fussent pas complément achevés Le bâtiment qu’elles abandonnaient fut loué par bail, au prix de huit cents livres, aux Bénédictins anglais qui l’occupèrent dix ans, et après leur départ on l’accommoda pour des locations séculières.

Au cours de l’année 1669, une religieuse, fdle de M. Macquart, secrétai)-e du Roi fit don au couvent d’une somme de cinquante mille livres destinée à la construction d’une église et d’un chœur ('è Ces édifices furent commencés le 19 août de la même année; mais c’est seulement le 21 avril 1670 qu’eut lieu la bénédiction de la première pierre par l’abbé des Feuillants L’église, construite sous la direction d’un religieux feuillant fut bénite le 3o octobre 1672,

Callot , sa femme , ce terrain contenant ffun demy arpent de terre et plus eu une piece , comme elle se comporte, assise au terrouer dudit faulxbourg Saint Jacques, au lieu dit !es Poteries, tenant d’un costé d’un bout aux murs du jardin dudit monastère des Feuillentines, dépendant de la maison où souloi t pendre pour enseigne la Teste noire, qui fust au sieur Bunault, duquel les religieuses d’iceluy monastère ontledroict mediatement, d’autre costé, aux terres dudit convent Sainte Ursulle et de la confrairie Sainct Augustin, d’autre bout, au chemin qui conduit du monastère des Gordelieres du Faulxbourg Saint Marcel aux dames religieuses Urselinesn.

La vente était faite à condition que les Feuillantines rme pourront et ni leur sera loisible, quelque cause et occasion que ce puisse estre, de jamais faire construire etediffier aucuns bastimens, quels qu’ils soient, sur ledict heritaige ci-dessus vendu, fors les murs de closture, sans laquelle charge et condition lesdites dames religieuses Urselines n’eussent vendu et alliené pour chose quelconque iceluy heritaige, et outre moyennant la somme de cent soixante-quinze livres tournois que lesdites dames religieuses Urselines ont confessé et confessent avoir eu et receu desdites dames religieuses Feuillentines ... 55 (Arch. nat., S 4692.)

Guilhermy a publié le texte de l’inscription gravée sur cette pierre (t. I, p. 563).

D’après la Chronique des Feuillantines (Les Feuilkuühies de Paris, i6aa-iyga , Journal d’une* religieuse de ce monastère , publié d’après le manuscrit original, par F.-H. Mabille), le roi Louis Xlll avait contribué aux dépenses du monastère rrpar dilférens payemens qui depuis 1625 représentaient une somme de 45,289 Rvresi5 et ce «à la sollicitation de M. des Noyers, conseiller d’Etat et frère des domnes Sublet des Noyers, des six religieuses de Toulouse 55 (p. 22).

Les demoiselles Macquart étaientquatre sœurs, dont deux furent prieures, sous les noms de domne Anne de Sainte-Madeleine et domne Catherine de Saint-Augustin; l’aînée mourut encore jeune et la quatrième fut la marquise de Renty. D’après la Chronique, elles avaient donné au couvent une somme d’environ 3oo,ooo livres.

Il existe aux Archives nationales un manuscrit intitulé : ffEstat de la dépense faiste pour le bâtiment de l’église, commencé le 29 juillet 1669, que le R. P. dom Louis de Saint Bernard est arrivé pour en former le dessein 55 (H 4ii3). Dans les comptes de ce document , il n’est nulle part question de Marot ; par contre , le sculpteur Paris y est indiqué comme l’auteur des statues de l’église et du portail.

M. Mabille a publié le texte de l’inscription latine qui fut gravée sur cette pierre (p. 28).

Contrairement à l’opinion commune, il ne paraît pas que Jean Marot ait participé à la con-

EPITAPiïlER DU VIEUX PARIS.

parle provincial tle Errance, sous le litre de Notre-l)ame-de-Cliarité; la conséci-ation fut l’aile seulement le i G juillet 1719 par l’évêque de Lectoure, Illières d’Enti'agues. Pour lui ménager un accès de proportions convenables et en dégageila façade, les religieuses durent aciieter, en 1677 et 1678, deux maisons qui fui-ent aussitôt abattues (‘E En 1682 elles acbetèrent également, au prix de di\ mille livres, la maison du sieur lloussel, qui se trouvait enclavée dans le couvent et qui, après avoir été d’abord aménagée pour les petites pensionnaires, fut utilisée, en 1G98, pour rinstallation de logements et de parloirs.

L’achèvement de l’église provoqua dilférents changements dans la disposition des bâtiments, l’ancienne église devint le chapitre de la communauté, et la sacristie servit d’apotliicairerie; la dépense fut installée dans le chœur; l’ancien cbapit re et la buanderie furent convertis en appartement. D’autre part les religieuses avaient projeté de bâtir des infirmeries et un nouveau clocher; mais le manque de ressources les en em|)êcbai^b

Les Feuillantines avaient été obligées de composer, pour les droits de seigneurie, avec les religieux de Sainte-Geneviève et de Saint-Marcel, et de leur payer une indemnité de deux mille cent livres, et quinze deniers de cens. Comme le terrain de leur nouvelle église se trouvait dans la censive du chapitre du Saint- Sépulcre, elles furent astreintes à une redevance annuelle de sept livres dix sols, et le ciu'é de Saint-Jacques-du-Haut-Pas avait exigé d’elle huit livres par an, à titi’e de droit paroissial, fpi’elles avaient d’ailleurs cessé de lui payer à dater de iG/io.

La construction de l’église, les acquisitions de maisons et les frais de démolition

sti'uctioii de cette église. La Clirouiqiie du monastère fournit à ce sujet les renseignements suivants : ffLe R. P. general dom Gosme de Saint Michel envoya un ordre à dom Louis de Saint Bernard de se rendre à Paris, en notre monastère, pour eu dresser le plan; il vint exprès de Tours pour ce sujet et il fit un fort beau dessein de l’église et du chœur qui a été receu , approuvé et agréé non seulement des supérieurs et de la communauté; mais encore des architectures les plus expérimentés de Paris. s (p. 97).

La Ghronicpie du monastère évalue les frais de ces constructions à 211,062 livres, en observant (pi’ils auraient été beaucoup plus élevés si une bonne partie de la pierre et du moellon employés n’avait été tirée des carrières dn couvent (p. 29).

D’après le contrat de vente du 16 mars 1682, c’était «une maison sise à Paris, audit fauxbourg Sainct Jacques dans un cul de sacq estant entre leur monastère et celiiy des religieuses Ursulines, hupielle cousistoit naguère en cinq petits corps de logis joignons l’un l’autre, auxquels il n’y a à pré¬

sent qu’une seule entrée et deux petites courts, boutiques , salles , anticbambres en plusieurs estages et greniers au dessus, aysances, apartenauces et dépendances; item un jardin derrière contenant demy arpent ou environ , dans lequel est un petit corps de logis et un autre petit jardin attenant iceluy ... ; item un berceau de fer estant dans toute l’estendue du grand jardin, quatre cens pieds d’arbres plantez dans lesdits deux jardins. . . t (Arch. nat. , S 4699.)

Le 27 novembre 1686, la prieure faisait assembler ta communauté pour l’aviser «qu’il n’y avoit plus d’argent dans le coffre pour le bâtiment, et qu’il fallait encore 6,000 livres Au mois de juin 169/1, pour se procurer 3,000 livres dont on avait un besoin urgent, elle était d’avis de vendre une partie de l’argenterie, mais sa proposition fut rejetée. Malgré cela, elle n’hésita pas, au mois de novembre suivant, à effectuer cette vente, en vue d’éviter la saisie générale dont le couvent était menacé. (Arcb. nat., LL i653.)

ou de transformation avaient obéré le couvent à tel point qu’il était endetté, dans les dernières années du xviU siècle, déplus de cent mille livres''). Gomme les créanciers se montraient pressants, le Roi décida, en 1696, qu’ils ne pourraient exercer des poursuites que devant des commissaires spéciaux nommés par lui. Les religieuses se trouvaient ainsi momentanément protégées, mais leurs dettes n’en subsistaient pas moins. Pour leur permettre de se libérer, le Roi, sur les sollicitations de son premier apothicaire , M. Riet, beau-frère de deux Feuillantines, leur accorda, par arrêt du Conseil du 29 mars 1718, 1 5 pour 1 00 du bénéfice de la Loterie royale, pendant deux mois, et de ce fait elles se trouvèrent pourvues d’une somme nette de quatre-vingt-huit mille cent trente-cinq livres, ce qui améliora notablement leur situation financière (^).

D’ailleurs, en dehors du produit des maisons qu’elles possédaient en bordure sur la rue Saint-Jacques, les Feuillantines tiraient un revenu très appréciable des logements concédés dans l’intérieur du couvent à des personnes désireuses d’y trouver une retraite paisible. Elles recevaient à ce sujet de si nombreuses demandes qu’il leur était souvent impossible de les accueillir immédiatement et qu’elles devaient attendre , pour leur donner satisfaction, qu’il survint quelques vacances.

Au xviiU siècle , diverses transformations furent effectuées dans l’intérieur du couvent; la maison Roussel, cessant d’être affectée aux petites pensionnaires, fut démolie et remplacée par des constructions neuves servant de logement et de parloirs; le mur de clôture sur l’ancienne ruelle de Paradis fut abattu et celui des Ursulines devint mitoyen; enfin l’église fut dotée, en 1767, d’un clocher (").

Les bâtiments du couvent des Feuillantines se trouvaient limités, du côté du Nord, par une ruelle dite de Paradis, ou Coupe-Gorge, qui le séparait de celui des Ursulines(^) ; cette ruelle fort mal fréquentée présentait pour les

D’après la Chronique, il avait été dépensé pour acquisitions et constructions 708,695 livres, 1 2 sols , k deniers ; les transformations et réparations avaient porté cette somme à 1,1 1 2,000 livres, ce qui représentait le quart environ des sommes que le monastère avait reçues depuis son établissement. Dans ces conditions un déficit de cent mille livres n’avait rien d’excessif.

(î) Pi-esque tous les historiens, et Jaillot luimême , ont cru que l’église avait été construite avec le produit de la Loterie, c’est-à-dire après l’année 1718. I^es dates précises que nous avons empruntées à la Chronique démontrent l’inexactitude de cette opinion.

ffLe 1 7 août 1 767, la révérende mère prieure a fait part à la communauté de la construction d’un nouveau clocher qu’elle étoit obligée de faire ,

l’ancien étant hors d’état de servir plus longtemps sans beaucoup de danger ; le mémoire de la dépense qui sera faite monte à deux mille vingt livres; la place que l’on choisit pour le mettre sera une chambre de la lingerie qui se trouve au dessus du chœur; ledit clocher a été commencé le 27 septembre. 5? (Arch. nat. , LL i658, p. 626.)

Jaillot prétend que cette ruelle avait existé de tout temps et qu’elle se nommait autrefois ruelle de Notre-Dame-des-Champs (t. V, art. xviii, p. i64).

Il paraît plus vraisemblable qu’il y avait eu là simplement une impasse nécessaire pour accéder aux propriétés qui se trouvaient derrière les maisons delà rue Saint-Jacques, et qui servit de passage d’entrée aux Ursulines. Le prolongement de l’impasse jusqu’à la rue des Vignes n’avait eu d’autre objet que de séparer les propriétés des Feuillantines

ÉPITAPHIER DU VIEUX PAIIIS.

deux luaisons des inconvéuienls de tout genre. D’un connnun accord, les deux cominnnautés soHicitrrent, par une requête du aG juillet iCdy, adressée aux Trésoriers de Errance, grands voyers de la Généralité de Pai-is, l’autorisation de la fermer ('). Une enquête eut lieu sur place, le 9 août, mais aucune décision ne fut prise. Les désordres dont les religieuses avaient à se plaindre finirent pai' devenir intolérables. En 1 GGo , un ordre du Iloi prescrivit la fermeture de la ruelle durant la niiit, mais sans aboutir à un résultat apprécialde. Par une ordonnance du q avril 1680, le lieutenant de police décida la fermeture complète et définitive, à bupielle il fut procédé sans retard. Mais les trésoriers généraux, par une ordonnance contraire du h juin, prescrivirent la supjiression des murs, j)ortes et clûtui'es qui venaient d’être établis, sons prétexte qu’il s’agissait d’une cjnestion de grande voirie qui les concernait exclusivement. En consécpience, une nouvelle re(piête dut leur être adressée, le G septembre 1 680 ; le 1 o , une enquête et visite

et (tes IVsuliiies. ainsi (jue le eouslatent les lettres du 16 septeudjre i(i8o : rrEntre les murailles ([ui servent de clostiire à leurs deux convens, il y a une petite ruelle étroite, n’ayant en des endroits que six pieds, neuf pouces de largeur. . ., ayant une de ses issues à la grande rue du faubourg et l’autre dans la rue des Vignes du faubourg S' Marcel, qui a esté prise sur un demy arpent de terre (pie lesdictes relligieuses feuillantines avoient, par contract du 10 juillet 1626, accpiis desdites relligieuses ursulines.Ti (Arcli. nat., S 4692.)

rrLors de l’eslablissemeut et construcliou de ces deux maisons, par la considération (ju’elles sont joignantes l’uue à l’autre et que, suivant la maxime ordinaire, deux relligions doivent estre sepai'ées de (pielque distauce, elles avoient laissé entre leurs deux murs et clostures une espace de terre de sept à buict picals de largeur, pour faire laditte séparation, et une petite allée, en la longueur, de deux cens tboises ou environ, pour conduire en cliascun des jardins desdittes supjiliantes les lumiers dont elles auroient besoin; cette ouverture aui’oit donné occasion aux artisans dudit lauxbourg Sainct Jacipies d’y jiasser parfois et d’ap[)eler ce jiassage la ruelle de Paradis, autrimient Couppe- Gorge, à cause de la difficulté et incommodité d’icelluy; mais le jieu de freipientation dans laditte ruelle ayant aussy donné occasion aux soldats des Gardes, logés dans lesdits lauxbourgs, et auti’cs gens malvivans de s’y attrouppei', et y donner des rendez vous avec des femmes de mauvaise vie, d’y commettre des meurtres, vols et assassiner avec lesdittes femmes [U'ostitmies, au dessous des fe-

nestres et à l’end mil des inlii’mei’ies et dortoir desdittes su])[)liantes, mesme de voiler les ])oulles, linges et ce (pi’ils lioiu oient dans les cours et jardins desdittes suppliantes (ce qui les avoit réduit à faire liure garde jour et nuict au dedans des murs (|ui sont attenans laditte ruelle), aux escourcbeurs, cbilfonniei-s et boucliers d’y |»orler et jetter des cadavres de toute sorte d’animaux escourcliés, des abalis de boucbei-s, et aux particuliers voisins toutes les immondices du ipiartier, tous ces desordres ayant obligé lesdittes suppliantes de se joindre aux directeurs et liabitans du cpiartier dudit fanxbourg Saint .Tacîpies, ('lies auroient obtenu , sur procès verbaux et information faite du sieur lieutenant general de jiolice, une ordonnance, le q avril dernier, portant que, pour empesclier la jieste (]ue lesdits immondices et matières fecalles de hauteur de cimj à six pieds (pii estoient dans laditte ruelle pouvoient causeï’, elle seroit nettoyée et pour euptescber pareillement lesdits meurtres, vols et autres iulanies actions (pii s’y commetloieni , (pi’elle seroit boucbi'e par un mur au milieu de laditte ruelle, à l’alignement du mur de closture séparant le jardin du sieur Pioiissel d’avec la cour desdittes relligieuses Feuillantines, et deux portes aux deux bouts, ce ipii a\oit esté exécuté à la satisfaction de tous les gens d’Iionneur du ipiailier (pii n’avoient plus receii de |manteurau moyeu de ce (pi’il auroit esté enlevé trois cens trente tombereaux d’immondices et (piiiize cens lomliereaiix de gravois . . . ■»

Au cours de cette enqm'te les BémAlictines du Val-de-Gi’câce déclaraient ffipi’elles, ne peuvent

des lieux démontra la nécessité de la fermeture(') qui fut décidée par un arrêt du 27 septembre. Le Roi approuva cette fermeture par ses lettres du 10 novembre, enregistrées au Parlement et au Bureau des finances les 8 et i3 mars 1681. Par un accord du 29 décembre suivant, les deux communautés se partagèrent la propriété de la ruelle qu’elles avaient divisée en deux parties par un mur de séparation, et l’abbaye de Sainte-Geneviève leur amortit le fonds de terre moyennant une rente de 20 sous^^b

Dix ans plus tard, les Ursulines, les Feuillantines, les religieuses du Val-de- Grace et de la Providence obtinrent des lettres du Roi, en date du 1 6 juin enregistrées au Bureau des finances le 9 juillet suivant, qui autorisaient la fermeture de la rue des Marionnettes pour des raisons identiques à celles qui avaient motivé la suppression de la ruelle Coupe-Gorge.

D’après les plans qui nous ont été conservés et les diverses indications que nous avons pu recueillir, le couvent des Feuillantines occupait un vaste emplacement rectangulaire isolé de la rue Saint-Jacques par la rangée de maisons qui bordait cette voie et limité, sur les trois autres côtés, par l’impasse et le couvent des Ursulines, la rue des Vignes et l’ancienne ruelle des Marionnettes. Le passage d’entrée , dans lequel se trouvait la loge du portier, donnait accès dans la cour extérieure du monastère, fermée en face par l’église, à gauche par le mur de clôture

consentir à la suppression de iaditte ruelle de Paradis pour ce qu’il ne resteroit au publicq de passage que par ladicte rue des Marionnettes, qui se trouvant contiguë aux murs de leur jardin, pouvoit troubler leur closture et donner moyen aux passans de regarder dans leurdit jardin par l’encombrement des descharges d’une partie des ordures dudit fauxbourg Sainct Jacques, en sorte qu’elles ne peuvent consentir à la suppression d’icelle ruelle qu’à la charge de faire decombrer et paver iaditte ruelle. . . r, (Arch. nat., S 4692.)

En vertu de cet arrêt, les religieuses Feuillantines et Ursulines étaient autorisées à clôturer ladite ruelle, cfsçavoir : d’un mur de refend à l’endroit du mur qui sépare la cour desdittes religieuses Feuillantines et le jardin dudit Roussel; par le bout, du costé dudit fauxbourg Saint Jacques, d’une porte ouvrante et fermante à clef, et par l’autre bout, du costé de Iaditte rue des Vignes, aussy d’un mur de refan t, en laissant neantmoins une porte chartiere de largeur et batiteur convenable pour l’usage et commodité desdittes relligieuses Ursulines et Feuillantines. . .n.

D’autre part, conformément à la réclamation formulée par les Bénédictines du Val-de-Grâce,

l’arrêt portait que trladitte rue des Marionnettes sera incessamment decombrée en toute son estendue par les proprietaires des maisons d’icelle, chascun eu droit soi, sinon et à faute de ce faire dans buictaine du jour de la signification, seront lesdits encombrements ostés et enlevés aux frais et despens desdits proprietaires par le commis à l’exercice de la voirie, et icelle rue pavée aux frais et despens desdictes relligieuses Ursulines et Feuillantines. . . (Arch. nat., S 4692.)

Lorsque les Feuillantines eurent acheté la maison Roussel, eUes jugèrent que la partie du passage qui longeait cet immeuble devait leur appartenir ; mais les Ursulines refusant de reconnaître leur droit de propriété, il fallut plaider. En 1686, un arrêt du Parlement donna gain de cause aux Feuillantines

Le préambule de ces lettres constate que rrla dite rue des Marionnettes est un réceptacle d’ordures et immondices que le menu peuple y apporte journellement, ne servant que de retraicte aux va gabonds et n’est pas utile pour le public, y ayant à peu de distance une autre rue, du même côté, qui communique du faubourg Saint Jacques à celui de Saint Marcel. « (Arch. nat., Z' 8609, p. 96.)

Si

IMPBIUETVIE KATIOKiLE.

des religieuses et à droite par le logement des Pères chargés d’assurer le service religieux.

L’église, construite sur un plan rectangulaire, comprenait l’avant-chœur, servant d’abside, qui était surmonté d’une tribune et pourvu d’un caveau pour les sépultures de la communauté, et accompagnés sur les côtés de deux sacristies, l’une intérieure, l’autre extérieure, le sanctuaire, la nef et six chapelles latérales W dont l’une, la plus reculée, du côté droit, se confondait avec le chœur des religieuses. La façade, dont l’ordonnance rappelait avec quelques modifications celle de l’église des Feuillants, se composait de deux ordres d’architecture, l’un ionique et l’autre corinthien, qui encadraient, au rez-de-chaussée, le portail, et au-dessus une grande baie rectangulaire, accompagnée de deux grandes statues. Un attique avec fronton triangulaire surmontait le tout. Les bâtiments du couvent proprement dit se développaient à côté et derrière l’église, où ils formaient un cloître. Us comprenaient, au rez-de-chaussée, le tour d’entrée, les parloirs des religieuses et des dames pensionnaires, le Chapitre, le réfectoire, la cuisine, la dépense, l’apothicairerie, l’infirmerie et une grande galerie, dite rrdes Anges terminée par une chapelle. Les étages supéiieurs étaient occupés par les cellules des religieuses, les appartements des pensionnaires et le grenier à blé. De vastes jardins entouraient les constructions de tous côtés.

Au commencement du xvm*^ siècle le couvent n’abritait pas moins de 106 personnes, dont 65 religieuses de chœur, i3 converses et 28 pensionnaires. Au cours de ce siècle le nombre des religieuses avait très sensiblement diminué pour se réduire finalement à 3ot^).

Fermé à la Révolution et devenu propriété nationale, le couvent fut aliéné en échange de l’hôtel de Gastries et, le 2 fructidor an vi (10 août 1796), les jardins

H ne nous a pas été possible de retrouver les vocables de toutes les chapelles. Dans les documents des Archives, comme dans la Chronique, il est seulement question de celle de la Sainte Vierge et de l’Enfant Jésus, et d’une chapelle de la Conception, désignée comme étant intérieure et qui ne paraît pas devoir compter dans les six de l’église.

La déclaration des biens, du 8 février 1790, constate que rrle monastère des dames religieuses Feuillantines de la rue S' Jacques est composé de vingt religieuses de chœur et de dix sœurs converses; que les immeubles qu’elles possèdent consistent : 1° en maisons rue S' Jacques louées à différents particuliers 6,780 livres; 2° en 3,869 livres à sols 4 deniers de rente sur l’Hôtel de ville; 3° en 660 livres de rentes sim des communautés; 4" en un récépissé sur le Trésor royal de 4,4oo li¬

vres pour le principal de 220 livres de rente de l’emprunt national et provenant de l’argenterie portée à la Monnoie; que ledict couvent est grevé de charges réelles de 867 livres 12 sols 6 deniers et de charges éventuelles de 8,820 livres 8 sols. . .

ffLe terrain du monastère, compris église, cloistres, lieux réguliers, jardins, clôture régulière, ainsi que les cours extérieurs et maisons de location , tant dans l’avant cour que dans la rue S. Jacques , le tout occupe une superficie de 7,761 toises. 51

Une déclaration rectificative, du 3 octobre 1791, porte que : ffLes revenus des loyers dans l’intérieur du monastère sont très variables par les fréquentes mutations et non valeurs et ne produisent pour le présent cpie 6,4oo livres, et que les charges sur le revenu foncier sont réduites à 3oo livres. « (Arch. nat. , S 4692.)

furent vendus et la démolition de l’église suivit de près. Le passage d’entrée devint une impasse et les bâtiments qui subsistèrent au milieu des jardins, durant la première moitié du xix® siècle, formaient un enclos pittoresque dénommé l’Ermitage des Feuillantines, où trouvèrent place un établissement de bains publics et une institution de jeunes gens. Un décret du k décembre i85o, prescrivant la transformation de cette impasse en une rue qui devait se prolonger jusqu’à la rue Gay-Lussac, fit disparaître les derniers vestiges du couvent.

Vue de l’église des Feuillantines (').

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