HENRI ALPHONSE-LOUIS DE LORRAINE
J.-B. du Bignon, intendant de ces princes, fit élever en leur honneur un somptueux monument, qui fut placé contre le pilier du bas de la nef qui séparait les deux dernières chapelles du côté droit.
Le soubassement de ce mausolée, tout en marbre noir, était formé par un piédestal dont les deux angles antéi ieurs étaient garnis de consoles amorties par des mufles de lions, qui soutenait une large corniche, surmontée d’une pyramide en bleu turquin, terminée par un globe sur lequel s’appuyait un aigle en bronze doré tenant dans ses serres une banderole. Adossé à la base de la pyramide, le Temps, représenté par une grande statue à demi couchée sur des trophées militaires, tenait devant lui un livre ouvert dont les deux pages présentaient l'inscription suivante : Spes illorum immortalitate plena est ; — Bonum aütem nomen
fit peindre à ses despens et aussy de mettre dans l’eglise, an bas du pilier qui est a costé de ia chapelle de la Vierge, tirant vers la porte fie l’eglise, un petit marbre qui montre qu’il y est enterré^) (Chronique, p. 177).
f*' La Chronique indique le 19 octobre i655 (p. i3i).
Radegonde de Mauroy, veuve de René Gestart, frayant une singulière dévotion et alfeclion au service qui se faict en l’eglise dudict monastei'e, pour te long temps que ledict deffunct et elle ont demeuré pioche iceluy en une des maisons indépendantes, et ayant désir d’y eslre enterrée, ainsi
que le deflunrt sieur son mary, au mesme endroict où il est enterré et d’y faire mettre une pierre tout d’une piece, sans aucune arme, escriture ni ornement, à la place des trois qui couvrent le corps dudict delTunct,n donna au couvent, par contrat du 17 mars 1657, la somme de six cens livres, à charge d’un annuel et de deux messes basses mensuelles, qui seraient célébrées durant cinquante ans après son décès.
Une note marginale constate que ce contrat devait recevoir son exécution à dater de la mort de la fondatrice. (Archives nationales, S Ù207, fol. 229.)
Monument funéraire de Henri et Alplionse-Louis de Lorraine^'*.
Reproduction d’une estampe de Mdlin. {Les FeMîï/ans, pl.II,fig. 3,Briondel.; Mascpieliersculp.) Un dessin original de ce monument se trouve
dans la collection Clairambault (i 1 87, fol. 67 v°), accompagné d’une planche gravée, de propor tions beaucoup plus grandes que l’estampe de
PERMANEBiT IN ÆTERNUM. A SGS pîeds, un petit génie soutenait un médaillon avec le buste d’Alphonse-Louis de Lorraine. Au-dessus de ce groupe, une figure de femme ailée, personnifiant l’Immortalité, prenait son vol vers les cieux, emportant d’une main le portrait de Henri de Lorraine et de l’autre son épée. Toutes ces sculptures étaient en marbre blanc W.
La face antérieure du chapiteau portait un bas-relief allégorique en bronze doré, sur lequel on voyait Henri de Lorraine présenté par la Victoire à la Religion, en mémoire de ses succès sur les Infidèles Au-dessous, des guirlandes de feuillage en bronze doré et un cartouche décoré des armes de Lorraine-Harcourt formaient le couronnement d’une table de marbre noir encadrée de marbre blanc sur laquelle était gravée l’inscription suivante :
4860. — D. O. M. ET ÆTERNÆ MEMORIÆ SERENISSIMORUM PRINCIPUM HENRICI A LoTHARINGIA, COMITIS HaRCURIANI, FrANCIÆ paris et SUMMI ARMIGERl, ET Al- PHONSI LuDOVICI, HUJUS FILII, EQUITIS, ET MELITENSIUM TRIREMIUM PRÆTORIS, NaNCŒI PRIMATIS. Ob VINDICATAM a PATRE REGNI GLORIAM REPRESSO AD INSULAS .Lerinenses Hispaniæ fastu, LiBERATo Casali, Taurino EXPUGNATO, FUSIS terra
MARIQUE HOSTIBUS ET ASSERTAM A FILIO RELIGIONEM, VICTA APUD RhODUM TUR- CARUM CLASSE, FRACTIS AD CyCLADAS NAVIBUS ByZANTINIS, FUGATIS AlGERIÆ Bizertæque prcedonibus. Hic gentilitiæ in Deum pietatis, in hostes fortitu-
DINIS, IN SINGULOS HUMANITATIS HÆRES CLARISSIMUS, PATERNÆ MEMORIÆ MONU- MENTUM HOC VIVENS PONI MANDAVERAT; SED PRÆCIPITI MORTE PRÆVENTUS, PRÆ- STANTISSIMO PARENTI NON INDIGNUS ACCESSIT HONORIS SOCIUS, QUI DIGNISSIMUS EXTITERAT VIRTUTUM ÆMULUS.
Miliin dont un second exemplaire est conservé dans la Topographie de Paris. Cette planche porte pour légende ; ff Tombeau de S. A. monseigneur Henri de Lorraine , grand ecuier de F rance et de M®' le chevalier d’Harcourt son fds. Erigé par le sieur du Bihnon , son intendant », et d’autre part : ff M. Renard Lotharing. inveui t et fecit ; Thomassin sculptor régi us » .
Il semblerait, d’après le dessin original, que la gravure de Miliin a représenté le monument en sens inverse, de telle sorte que le côté droit est devenu le côté gauche et inversement.
Le rédacteur de l'inventaire observait que ce monument est rrd’un mauvais travail, mais riche par ses accessoires». (Arch. nat., S 6166.)
Ce monument funéraire fut transporté au Dépôt desPetits-Augustins,probablementvers 1792, ainsi que le constate l’état des objets remis à Lenoir à cette époque :
(r34. Des Feuillans. Un groupe en marbre blanc élevé à la mémoire de Henri de Lorraine, comte d’Harcourt, et de son fils, sculpté par Nicolas Renard, de Nancy, plus les accessoires en marbre et
en bronze doré dudit monument. » [Arch. du Musée, t. H,p. 29.)
Dans la Notice succincte de 1798 le même groupe figure sous le n° 36, et la pyramide de bleu turquin , à la base de deux pieds , est inscrite sous le n° 34.
Le monument ne tarda pas à être reconstitué intégralement ainsi que le constate le projet de Catalogue du Dépôt, rédigé par Lenoir en 1796 [ibid., p. 188), et il fut exposé au Musée sous le n° 294 (t. V, p. 122).
Dans l’état des monuments en i8i6(n° 264), il n’est plus question du bas-relief en bronze doré; une note manuscrite de Lenoir constate qu’il avait été envoyé à la fonte.
En 1818, le monument fut réclamé par la fabrique de Saint-Roch comme provenant d’un ancien couvent compris dans sa circonscription paroissiale, et il fut remis au mois d’octobre à M. Delespine, son architecte, en vertu d’une décision ministérielle. [Ibid., t. 111, p. 267 et 3o2.) Il est aujourd'hui conservé dans cette église.
ObiIT PATER ANNO M DC LXVI, XIII KALENDAS AUGUSTI ÆTATIS LXVI; FILIUS VERO ANNO M DC LXXXIX, VI IDUS JUNII, ÆTATIS XLIV.