CHAPELLE DE SAINT-JEAN-BAPTISTE
Dédiée dans le principe sous le titre des Trois Rois Mages, cette chapelle reçut au xviii® siècle le nom de saint Jean-Baptiste, à la suite de la fondation
faite par Joseph-Jean-Baptiste Fleuriau France
f*' trCet éloge ou cet épitaphe est de l’abbé Joachim Le Grand, qui avoit été précepteur du tils du marquis de Vins et qui, depuis ce temps-là, eut un attachement particulier pour ce marquis et pour Madame sa femme. n (Piganioi, t. III, p. 201.)
Contrat passé par M" Sainfray et Doyen, le jeune, notaires à Paris [le 1" janvier 1728]; (fia fondation faite par très hault et très puissant seigneur Monseigneur Joseph Jean Baptiste d’Armenonville, chevalier, garde des Sceaux de France, chevalier des Ordres du Roy, d'une place de cha-
d’Armenonville, Garde des sceaux de
pelain, sans titre de bénéfice, pour desservir sa chapelle, en l’église de Sainct-Eustache et y célébrer une messe basse, par chacun jour de l’année,
à perpétuité, . laquelle messe serait célébrée
par un prestre habilué de ladite paroisse, auquel serait payé quatre cens livres de rétribution par an et dont la nomination appartiendrait à mondit seigneur, après luy à M. le comte de Morville et ensuite à l’aisné de ses descendans, pour laquelle fondation mondit seigneur a constitué cinq cents cinquante livres de rente à la fabrique. . . n (Arch. nat. , LL. 728, foi. 812.)
CHARLES-JEAÎS'-BAPTISTE FJ.EÜRIAU DE MORVILLE.
Joseph-.Iean-Bapliste Fleuriau (rArmenonville, ancien Garde des sceaux de France, et son fils CIiarles-Jean-13aptiste Fleuriau de Morville, avaient été inliutnés dans cette chapelle où un mausolée, formé d’une urne double adossée à une grande draperie, rappelait leur souvenir. Ce monument, qui était l’œuvi'e de Bouchardon, ne |)araît avoir été accompagné d’aucune inscription.
Mais une épitaphe de Fleuriau de Morville nous a été conservée jjar une estampe allégorique qui présente dans un encadrement d’architecture stirmoidé d’un écusson aux armes du défunt, timbré de la couronne comtale, une femme ailée tenant un llandîeau. Cette figure, qui ])ersonnifie l’Immortalité, déploie en pleine lumière une draperie sur laquelle est inscrite l’éjutaphe du défunt, tandis qu’à ses ])ieds la Parque, renversée à terre et noyée dans l’ombre, agite ses ciseaux et s’ell'orce en vain de lacérer l’inscription 8).
— Objet eternel des regrets des gens de bien, jl cy gist Charles Jean Baptiste Fleuriau, comte de Morville, 1| ambassadeur en Hollande, ji
MINISTRE PLENIPOTENTIAIRE AU CONGRÈS DE CAMBRAY, \\ MINISTRE ET SECRETAIRE D’EsTAT des affaires ETRANGERES, || CHEVALIER DE LA ToiSON d’or, || UN DES QUA¬ RANTE DE l’AcADEMIE FRANÇOISE.
Sa S.AGESSE lui ATIIRA la confiance des etrangers. Il SA DOUCEUR ET S.A MO¬ DESTIE LUI MERITERENT l’eSTIME DES || COURTISANS.
Il II FUT l’ami de ses enfants, Il LE PERE DE SES DOMESTIQUES, || LE CONSEIL DE SES AMIS. Il Epoux, le xiodele des epoux, || il etoit aimé d’une femme dont il
FAISOIT TOUT LE BONHEUR. || PeRE TENDRE, EQUITABLE, SERIEUX ET INDULGENT, |] IL INSTRUISIT SES ENFANS PAR SON EXEMPLE j| ET LES PERSUADA PAR LA REPUTATION DONT IL JOUISSOIT.
Sa VERTU LA PLUS CHERE || ETOIT LA BIENSEANCE DANS LES PENSÉES ET DANS LES
ACTIONS. Il Loin d’exciter l’envie, || l’amour du public s’est accru avec ses
HONNEURS. Il II xN’A RENCONTRÉE LA FORTUNE |] QUE PARCE QU’eLLE l’A CHERCHÉ; |] IL NE l’a point regrettée QUAND ELLE l’A QUITTÉ, |j PARCE QU’iL L’AVOIT TOUT AU PLUS SOUFFERTE, || SANS S’Y ATTACHER. || TrOP HOMME d’eSPRIT POUR N’ETRE PAS UN VERITABLE CHRETIEN, || SA RAISON LUI A SERVI A BIEN VIVRE || ET SA RELIGION A BIEN MOURIR.
Ses FIDELES AMIS LUI ONT ÉRIGE CE TOMBEAU, || ARROSÉ DE LEURS LARMES, [ FOIBLE SOULAGEMENT DE LEUR DOULEUR. |j 1l EST .MORT LE 3 FEVRIER || 1732.
Armes. Dtnurà réperrier d'argent menibré, longé et grilJclé du même, posé sur un hàton de gueules; au chef d'or chargé de trois glands de smoplc , tigés et fcudlés du même.
Bibi. nat. , mss Collection Clairambault (Saint-Es[)rit), t. III, fol. 1.
Celte estampe ne porte aucun nom de graveur.
ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-EUSTACHE