‹ Épitaphier du vieux ParisChapitre 148 sur 323 · EUSTACHE DE SANSAC + ANTOINETTE DOUVE · texte numérisé non relu

EUSTACHE DE SANSAC + ANTOINETTE DOUVE

Tombe devant la chapelle de Saint-Roch, au seuil de la chapelle d’Aligre.

2 140. — Cy gist noble homme et sage a Messire b Eustache de Sansac 1, vivant seigneur c dudit Sansac 2 et d de la e Lande en Poitou, conseiller du Roy f et maistre ORDINAIRE EN SA CHAMBRE DES COMPTES QUI TREPASSA LE 13e JOUR DE FEVRIER L’AN 1518 h.

1662. Après qu’il eût été reçu docteur en droit à Bordeaux, les Séguier le firent venir en 1615 à Paris, où il devint conseiller d’Etat en 1638. Il entra à l’Académie française en 1639 (Didot- Hoefer, op. cit., t. XLI, col. 41). René Pintard, Le libertinage érudit dans la première moitié du XVIIe siècle , Paris, 1943, p. 559-560, le range parmi les érudits libertins qui militent en faveur des doctrines absolutistes. Priézac est notamment l’auteur de Discours, publiés en 1621 et 1652, réédités en 1654 et 1666. Un exemplaire de l’édition de 1621 (Bordeaux, G. Vernoy, in-8°, 204 p.), appartenant à la Bibliothèque de Bordeaux, a figuré, sous le n° 308, à l’exposition sur la Vie intellectuelle à Bordeaux aux XVIe et XVIIe siècles, avril-mai 1957. Plusieurs œuvres de Priézac existent dans le fonds français des manuscrits de la Bibliothèque nationale.

1. Le 16 février 1499, un service solennel était célébré au chœur de Saint-Germain l’Auxerrois pour Eustache de Sansac, ancien Général des finances d’Outre-Seine et maître extraordinaire des Comptes (voir G. Dupont-Ferrier, Études sur les institutions financières...., Paris, in-8°, t. I, 1930, p. 264, et Jassemin, La Chambre des Comptes de Paris au XVe siècle, Paris, 1933, in-8°, p. 347), et le 19, ses héritiers et exécuteurs testamentaires versaient quatre écus « pro terra sive inhumatione cadaveris dicti defuncti... ante et juxta altare capelle sanctorum Pétri

et Pauli » (Arch. nat., LL 399, fol. 141 et suiv.). Le 26 octobre 1501, le chapitre permettait à sa veuve et à ses héritiers de placer une tombe de pierre sur cette sépulture (ibid., id., fol. 194). Le 17 août 1509, Jean de Sansac, clerc de la Chambre des Comptes (Coustant d’Yanville, op. cit., p. 769), donne au chapitre deux parements de damas vert pour le maître-autel, et, en reconnaissance, le chapitre l’autorise à inhumer sa femme et lui-même « quam primum ab humanis decesserit » dans l’église, à l’endroit où sont enterrés son père et sa mère. La présente épitaphe concerne vraisemblablement un fils de Jean de Sansac, Eustache II, petit fils d’Eustache Ier, cité en tête de cette note. Coustant d’Yanville, op. cit., p. 657, mentionne le grand-père, mais ignore le petit fils. C’est sans doute le premier qui avait été autorisé par le chapitre, le 7 décembre 1479, à racheter moyennant 15 écus la moitié, soit 20 sols parisis, d’une rente de 40 s. p. dont était chargée une maison sise rue Daveron [auj. rue Baille ul] à l’enseigne du Fer à cheval (Arch. nat., LL 398, fol. 266). Il n’est pas sans intérêt de noter à ce propos la fréquence, à cette époque, de tels rachats de rente dans les registres du chapitre de Saint-Germain l’Auxerrois.

2. Sansac, Charente, arr. de Confolens, cant. de Saint-Claud-sur-le-Son, comm. de Beaulieu.

ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS

Cy gist * Antoinette Bouve f en son vivant femme dudit sieur k de Sansac, laquelle

TREPASSA LE ... JOUR DE ... MIL 1 ... — PRIÉS DlEU POUR EULX m.

Armes. Prévost de Sansac : d'argent à deux fasces de sable accompagnées de six merlettes du même, posées 3, 2 et 1.

Mss A2, p. 382; — B4, p. 350; — VP1, fol. 40; — VP2, p. 683; — Troche, fol. 256.

a) sire, VP2; — b) maitre. B4, VP2; Me, VP1, Tr.; — c) sr, VP1; — d ) dudit Sansac et om. VP1; — e) om. VP1; — /) nostre sire add. VP1; — g) en ses Comptes, VP1; — h ) 148., VP1; — t) noble femme add. VP1; — j) Bonne, VP1, Tr.; — k ) om. A2, VP1; — l) jour de... mil om. A2; — m) Priés... eulx om. VP1.

HENRIETTE SELINCART

Au premier pilier vis-à-vis la chapelle du Saint-Sacrement 1 est une table de marbre blanc veiné, au milieu de laquelle était incrusté un médaillon de marbre noir sur lequel Le Brun a peint la tête d’une femme mourante, dont l’épitaphe est au bas.

2 141. — Hic JACET II QUAE JACERE NUNQUAM DEBUERAT, SI MORS // JUVENTUTI a, PUL- CHRITUDINI, URBANITATI, Il PIETATI, VIRTUT1 CAETERISQUE // DOTIBUS PARCERET, HeNRICA SELINCART 2, Il AB OMNIBUS VIVENS AMATA, DEPLORATA MORTUA. // OBIIT PRIMA SEPTEMBRIS

1. Troche (fol. 131) situe différemment cette épitaphe : « au premier pillier devant la chapelle baptismale, sous la seconde arcade du collatéral nord... »

2. Fille de Pierre Selincart, marchand de Paris, et de Marguerite Janson, Henriette Selincart, alors âgée de dix-huit ans, a épousé à l’église Saint-Barthélémy, le 10 septembre 1662, Israël Silvestre, âgé de 41 ans (E. de Silvestre, renseignements sur quelques peintres et graveurs des XVIIe et XVIIIe siècles, Israël Silvestre et ses descendants, 2e éd. 1869, p. 10 et 141-142). — Alexandre Lenoir décrit ainsi le monument funéraire : « un monument en marbre blanc, exécuté sur les dessins de Le Brun, érigé en l’honneur d’Henriette Selincart, épouse d’Israël

Silvestre, ami de Le Brun, qui a représenté cette jeune femme, sa parente, au moment où elle expire. Ce morceau, peint sur marbre noir, est un chef-d’œuvre d’expression » ( Inventaire général des richesses d’art de la France, Archives du Musée des Monuments français, 2 e partie, Paris, 1886, in-4°, p. 191). Mlle Fl. Ingersoll- Smouse (La sculpture funéraire en France au XVIIIe siècle, Paris, 1912, in-8°, p. 33-34) ajoute : « sa tête est renversée et ses cheveux épars sont couverts d’un voile. On n’y voit aucune trace de la laideur de la mort... [Ce] tombeau... montre chez Le Brun une recherche du pittoresque dans la sculpture et une prédilection pour ce thème de la mort ». La peinture de Le Brun est reproduite dans les études de Jouin, Henriette Sélincart, femme d’Israël Silvestre. Son portrait sur

1680, Il AETATIS SUAE 36. // NOBILIS ISRAËL SYLVESTRE R // REGIS ET SERENISSIMI DeLPHINI // DELINEATOR, TAM PRAECLARAE CONJUGIS // CONJUX INFELIX, HOC AMORIS DOLORISQUE // SUI MONUMENTUM MOERENS POSUIT.

Sur la tombe qui est auprès est écrit :

AbSINT INANI b FUNERE NENIAE;// PARTE SUI MELIORE c VIVIT.

Mss VP2, p. 708; — Troche, foi. 131. — Le Maire, op. cit., t. I, p. 553; — Piganiol de la Force, op. cit., t. II, p. 223; — Henry Jouin, Henriette Sélincart, femme d’Israël Silvestre. Son portrait sur marbre par Charles Le Brun, dans L’Artiste, 60e année, t. II, 1890, p. 13; — E. de Silvestre, Renseignements sur quelques peintres et graveurs des XVIIe et XVIIIe siècles, Israël Silvestre et ses descendants, 2e éd., 1869, in-8°, p. 19; — Abbé Malbois, Le tombeau d’Henriette Sélincart, dans Le Centre de Paris, Bull, de la Soc. hist. et archéol. des 1er, 2e et 10e arrondissements, t. IV, 1939, p. 61.

a) juventi, Tr. ; — b) in axi, Tr. ; — c) mense, Tr.

Au côté gauche, derrière le chœur des chanoines, tombe de pierre rectangulaire, avec encadrement de marbre noir; l’inscription est gravée dans un cercle de marbre noir rattaché à l’encadrement par deux petits cercles de même matière ; la partie supérieure, au-dessus de l’inscription, est occupée par un ange aux ailes largement éployées et la tête coiffée d’un voile; sous le cadre rond, deux cierges

marbre par Charles Le Brun, dans L’Artiste, 60e année, t. II, 1890, p. 11-22, et de Malbois, Le tombeau d’Henriette Sélincart, dans Le Centre de Paris, Bull, de la Soc., hist. et archéol. des 1er, 2e et 10e an., t. IV, 1939, p. 60. Le Brun était un des amis les plus intimes d’Israël Silvestre; il a fait au pastel des portraits des deux époux (portraits conservés dans leur descendance); il fut parrain de leur fille Charlotte- Marguerite (E. de Silvestre, op. cit., p. 11); sa femme, Suzanne Butay, avait été marraine d’Henriette-Suzanne, leur premier enfant (Malbois, op. cit., p. 62). Le texte de l’épitaphe a été composé par François d’Orbay, architecte du collège des Quatre-Nations et auteur du plan du banc-d’œuvre de Saint-Germain l’Auxerrois dessiné par Le Brun.

Le monument d’Henriette Sélincart, retrouvé dans les réserves de l’École des Beaux-Arts après la suppression du Musée des Monuments

français, fut restitué en 1815 par le Ministre de l’Intérieur Montalivet au baron de Silvestre; il est aujourd’hui conservé par ses descendants. Ajoutons qu’Israël Silvestre a fondé le 30 novembre 1680 un obit solennel pour le repos de l’àme de sa femme (Malbois, op. cit., p. 62, n. 2).

1. Israël Silvestre, dessinateur et graveur, né à Nancy en 1621, logea d’abord, à Paris, rue de l’Arbre-Sec, aux Quatre Fils Aymond, chez son oncle Israël Henriet, marchand d’estampes. Il succéda en 1661 à cet oncle, qui lui légua la maison. En 1666, il acheta, rue du Mail, une autre maison, qu’il habita. En 1668, il fut installé aux galeries du Louvre; c’est là que mourut sa femme; il y demeurait encore lorsqu’il s’éteignit à son tour, le 11 octobre 1691; il fut inhumé le 12 octobre à côté de sa femme (E. de Silvestre, op. cit., p. 11-21; Jacques Boulenger, op. cit., p. 158; H. Herluison, op. cit., p. 409).

ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS

fumant, en sautoir, avec des palmes, et, au centre, un cercle de marbre noir sur lequel se détache, en blanc, le monogramme HS.

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