Arch. nat., LL 404, fol. 270 et
4. Les mss A2, p. 387, B4, p. 378 et VP2, p. 691, mentionnent simplement cette sépulture en la décrivant brièvement sans donner le texte des inscriptions.
exécutées en pierre de Tonnerre par le sculpteur troyen Jacques Bachot et à lui payées 80 livres tournois le 9 avril 1507; entre les statues étaient gravées sur deux cartouches les deux inscriptions publiées ci-dessous (n° 2 160). Sur le soubassement, une table de marbre noir supportait les deux effigies gisantes de Louis de Poncher et de sa femme, œuvres, en marbre blanc, des sculpteurs tourangeaux Guillaume Régnault et Guillaume Chaleveau, dont le contrat de collaboration, en date du 4 novembre 1523, a été mentionné cidessus, p. 106. Contre le mur, entre les armoiries des Poncher et celles des Legendre, était gravé sur une plaque de marbre noir le texte de la fondation (ci-dessous, n° 2161).
Telle est la description qui ressort des documents déjà cités et d’un procèsverbal de visite de février-mars 1681. Mais de dessins de Percier exécutés en 1786 et de mentions inscrites dans les archives du Musée des Monuments français il ressort qu’à la fin du xvme siècle, la dernière inscription était flanquée de deux statuettes, la Force et la Prudence , et les gisants surmontés d’une voûte en berceau reposant par derrière sur le mur du fond et par devant sur un bandeau orné de rinceaux et soutenu par des colonnes à arabesques. A défaut de documents faisant connaître la date et l’auteur de ces additions, Auguste Rey, à qui nous empruntons les éléments de cet exposé, est porté à les attribuer à une intervention de la famille Brochant, qui les aurait fait exécuter vers 1722, à un moment où elle négociait avec la fabrique divers arrangements relatifs à la jouissance de la chapelle 1.
Après un séjour au Musée des Monuments français 2, des parties de ce tombeau, notamment les statues gisantes, furent transportées au Musée de Versailles; puis elles entrèrent au Louvre, où elles furent rejointes en 1895 par la statuette de la Foi, demeurée jusque-là à l’École des Beaux-Arts. Ces membra disjecta, comprenant les gisants des deux défunts, leurs armes, les épitaphes et les statuettes de la Foi et de V Espérance, sont aujourd’hui catalogués sous les nos 457 à 462 du département de la sculpture française du Musée du Louvre 3.
1. Auguste Rey, op. cit., passim. — Cet érudit donne (p. 232, n° 1) une liste des nombreux travaux consacrés avant lui au tombeau des Poncher. Il convient d’y ajouter : François de Guilhermy, Musée de sculpture au Louvre, dans les Annales archéologiques de Didron, t. XII, 1852, p. 95-96; Léon Palustre, La Renaissance en France, t. II, 1881, p. 152; Émile Mâle, op. cit., p. 326 et fig. 176; Marcel Aubert et Michèle Beaulieu, Musée national du Louvre. Description raisonnée des sculptures du Moyen Age..., I, Paris, 1950, p. 290-293.
2. Le Journal de Lenoir mentionne l’arrivée au Musée des Monuments français, les 14 et 21 pluviôse an II (2 et 9 février 1794), de diverses parties du tombeau (Louis Courajod, Alexandre Lenoir, son journal et le Musée des Monuments
français, t. I, 1878, p. 31-32). Le 23 nivôse an V (14 janvier 1797), Lenoir livrait au marbrier Laplanche plusieurs morceaux de marbre de couleur pour la restauration de ce tombeau (ID., ibid., p. 114), le monument étant complété avec des éléments provenant du château de Gaillon (Alexandre Lenoir, Musée des Monumens français, t. III, 1802, p. 49-50).
3. Paul Vitry et Marcel Aubert, Musée... du Louvre, Catalogue des sculptures..., éd. de 1922, t. I, p. 54. — Dimensions du soubassement: H. 0,60. L. 2,22; — des statuettes : H. 0,49. — Le buste de la statue de Roberte Le Gendre est reproduit par Émile Mâle, op. cit., p. 437, fig. 234. — Marcel Aubert et Michèle Beaulieu, loc. cit.
ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS
15. — Le tombeau de Louis de Poncher et Roberte Le Gendre remonté au Musée du Louvre L
2 160. — NoBILI VIRO LODOVICO DE PoNCHIER1 2, REGIO II consiliario Francie, questori EQUITI AURATO, // ITEMQUE NOBILI MATRONE ROBBERTE Le // GENDRE3, EJUS UXORI, AMICI ET CONSANGUINEI / / MERITO DICARUNT, QUORUM ILLE FATO FUNCTUS//EST AC VITA ANNO M. D. XXI., PRIDIE II NONAS OCTOBRIS, HEC VERO ANNO // M.D.XX., XYIII. CALENDAS MAIAS.
M.AXIMA QUOS OLIM JUNXIT CONCORDIA QUOSQUE II CONTINUERE SACRI FEDERA CONJUGII // NUNC QUOQUE NON DIRUUNT CONSORTES FATA SEPULTOS, // NAM GEMINI LAPIS HIC CONJUGIS OSSA TEGIT. Il HeRET ADHUC, LoDOVICE, TIBI RoBBERTA, MARITO II Robberta, insignis gemma pu- DICITIE. Il PHAS CERTE EST CELO TAM MUTUA CORDA QUIETO // VIVERE. VlRTUTIS PREMIA SUMMA QUIES.
1. Aux deux extrémités du soubassement sont gravées les armoiries des défunts. Au mur sont suspendues deux niches, aujourd’hui vides, provenant du même soubassement. — Cliché Jean-Albert.
2. Fils de Martin Poncher, échevin de Tours et receveur des Aides au pays du Maine (Moréri, op. cit., t. VIII, p. 456), Louis de Poncher fut reçu maître des Comptes le 13 août 1498 et le demeura au moins jusqu’au 22 septembre 1520, tout en étant Général des finances à Naples en 1502 et l’un des quatre Trésoriers de France (Coustant d’Yanville, op. cit., p. 486; Alfred Spont, Liste des officiers supérieurs des finances, dans Gilbert Jacqueton, Documents relatifs à V administration financière..., Paris, 1891, in-8°, p. 279; Borrelli de Serres, Recherches..., t. III, p. 143; Henri Jassemin, op. cit., p. 345). La généalogie de la famille Poncher, embrouillée à dessein ou de
bonne foi par plusieurs de ceux qui s’en sont occupés, notamment par le P. Anselme ( Hist . généalogique..., 3e éd., t. VI, 1730, p. 449-451), a été rétablie de façon beaucoup plus complète et
exacte par Auguste Rey, Boileau et Silvie..., dans les Mém. de la Soc. hist... du Vexin, t. XXXI, 1912, p. 39-45. Cet érudit fait remarquer que, dans leur signature, la plupart des membres de cette famille écrivent leur nom sous la forme « Ponchier ».
3. Roberte Le Gendre, fille de Jean Le Gendre, seigneur de Villeroy, conseiller du Roi, Trésorier de France, et de Françoise de Dampont, dame de Frimain ville, était la sœur de Pierre Le Gendre, chevalier, seigneur de Villeroy et d’Alaincourt, Trésorier de France, qui épousa en secondes noces Jeanne Poncher, sœur de Louis, et qui, n’ayant pas eu d’enfant de ses trois mariages, testa le 15 novembre 1524 en faveur de son neveu Nicolas II de Neuville, sous la condition que le fils aîné de celui-ci porterait le nom et les armes des Le Gendre (Alfred Potiquet, Les seigneurs de la ville de Magnyen-Vexin, Magny, 1877, in-8°, p. 19; Camille Sarazin, Hallincourt au commencement du XVIe siècle, dans Mém. de la Soc. hist... du Vexin, t. III, 1881, p. 33-35). Voir aussi ci-dessous, p. 134, Chapelle de la Trinité.
Armes 1. Poncher : d'or au chevron de gueules, chargé en chef d'une tête de maure de sable tortillée d'argent, accompagné de trois coquilles de sable, 2 en chef et 1 en pointe.
Le Gendre : d'azur à la fasce d'or accompagnée de trois têtes de jeune fille de carnation, chevelées d’or, posées de front 2 et 1.
Marcel Aubert et Michèle Beaulieu, op. cit., t. I, p. 290-291. — F. de Guilhermy, Inscriptions..., t. I, p. 153.