‹ Épitaphier du vieux ParisChapitre 80 sur 323 · N. DE PLUVINEL · texte numérisé non relu

N. DE PLUVINEL

Épitaphe de pierre à un pilier de la nef, qui est devant l’autel de la Vierge; écusson au-dessus des mots : « A la postérité ».

2 081. — I.H.S. M.A. A la postérité a.

Passant, j’ay trop peu demeuré icy bas pour t’arrester longtemps; toustefois, je

SERAY BIEN AISE DE TE DIRE QUELLE A ESTÉ MA CONDITION, AFIN DE RENDRE LA TIENNE MEILLEURE ET DE TE DESTOURNER, SI JE PUIS, DE LA VANITÉ DU MONDE QUE J’AY LAISSÉ À DEUX ANS. Je SUIS

sortie b D’Antoine de Pluvinet 1 et de Marie de c Mansel 2, et sçay bien que chacun

ME DONNERA PLUS DE GLOIRE ET D’AVANTAGE DE CESTE EXTRACTION QUE JE N’EN SÇAUROIS

1. Antoine de Pluvinet, né en 1552, est qualifié, au baptême de sa fille Marie, le

10 juin 1603, chevalier de l’Ordre du Roi, gentilhomme de la Chambre, gouverneur du duc de Vendôme (A. Jal, Dict. critique de biographie et d'histoire, 2e éd., 1872, in-4°, p. 978-979). En 1609-1610, il est sous-gouverneur du dauphin, aux gages de 1 800 L, partageant cette fonction, par semestre, avec le sieur de Préaux (Gri selle, op. cit., n° 2 066). Dans des quittances comprises entre le 17 novembre 1608 et le 20 juillet 1619, il est dit écuyer de la Grande Écurie du Roi; en 1612-1614, sous-gouverneur du Roi et le 20 juillet 1619 « cy devant sous gouverneur du Roi » (Jal, loc. cit.; Bibl. nat.. Pièces orig., vol. 2 306, doss. 52 120, p. 3-10). Moréri lui donne comme autres titres, sans en préciser les dates, ceux de premier écuyer du roi Henri III, de chambellan d’Henri IV et de gouverneur du duc de Vendôme. Pluvinel est l’auteur d’un célèbre manuel d’équitation, le Maneige royal, publié seulement en 1623.

11 mourut le 22 ou le 23 août 1620, et fut inhumé le 24 aux Jacobins Saint-Honoré, ses entrailles déposées à Saint-Roch (Jal, loc. cit.). Le manège ou académie qu’il dirigeait était situé dans l’hôtel

de la Corne de Cerf, presque en face de l’éghse Saint-Roch, près du clos des Quinze-Vingts, emplacement absorbé en 1854 par les travaux d’agrandissement du Louvre et le prolongement de la rue de Rivoli. Sur Pluvinel, voir notamment N. Chorier, Le nobiliaire de la province de Dauphiné, Grenoble, in-12, t. III, 1697, p. 439-443; A. Rochas, Biographie du Dauphiné, Paris, in-8°, t. II, 1860, p. 255-257; Moréri, op. cit., t. VIII, p. 413; Rivoire de la Bâtie, op. cit., p. 531; Didot-Hoefer, Nouvelle biographie générale..., t. XI, col. 521; Humbert de Terrebasse, Antoine de Pluvinel, Dauphinois..., Lyon, 1911, in-8°; Lucien Hoche, Paris occidental..., t. III, 1912, appendice 23 : Pluvinel et les académies, p. 871-929.

2. Marie de Mansel était la fille de Jacques de Mansel, seigneur de Saint-Léger en Artois, chevaüer de Saint-Michel, chambellan du duc d’Anjou, capitaine de cinquante hommes d’armes, gouverneur de l’Ile-de-France, et de Marie de Lannoy (Bibl. nat.. Pièces orig., vol. 1 830, doss. 42 309, p. 33; Dossiers bleus, vol. 424, doss. 11 313, p. 3; Cabinet d’Hozier, vol. 224, doss. 5 832, p. 3 et 4).

PRENDRE MOI-MESME EN TE CONTANT LEURS VERTUS. Je NACQUIS d LE 23 FEVRIER 1606, AYANT EU CEST HONNEUR D’ESTRE TENUE e SUR LES FONDS PAR MARIE DE MeDICIS, ROYNE DE FRANCE,

et par César, duc de Vandosme; personne qui se voudroit prévaloir des honneurs

DE LA TERRE, IL N’Y EN A POINT QUI ESGALE CETTUY LA f ; MAIS PUISQUE CELA NE SERT DE RIEN AUX AMES CHRESTIENNES, JE TE DIRAY F SEULEMENT QU’IL SEMBLE QUE DlEU M’A FAICT NAISTRE POUR ESTRE CAPABLE DE RECEVOIR SA GRACE ET QU’IL M’AYT h FAICT MOURIR AUSSYTOST POUR ESTRE EXEMPTE i DES CALAMITEZ DE LA VIE HUMAINE. ADIEU. SONGE À TON SALUT, CAR TOUT LE RESTE N’EST RIEN. Le 11 DE FEVRIER 1608.

Armes. D'or au cavalier armé à cheval tenant une épée haute nue d'or, écartelé d'azur au flambeau d'argent posé en bande, la flamme en bas, aussi d'or.

Mss A2 *, p. 385; — B4, p. 369-370; — VP2, p. 689; — Troche, fol. 201. — Migne, t. II, col. 134.

à) om. Tr; — b) sorti, VP2, Tr., Migne; — c) du, Tr. ; — d ) j’ay nacquit. B4; — e) tenu, VP2, Tr., Migne; — /) celuy la, VP2; cetui ci, Tr. ; — g) de te dire. B4, VP2; je me contenterai de te dire, Tr. ; — h) m’a, VP2; — i) exempté, VP2.

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