‹ Épitre a Sa Majesté l'empereur de RussieChapitre 4 sur 46 · PHILOSOPHIQUES · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIQUES

Après avoir présenté , dans la précédente réforme des sciences , et spécialement dans la solution accomplie de tous leurs grands problèmes, la garantie incontestable des nouvelles vérités philosophiques dont les principes absolus ont servi , et pouvaient seuls servir à concevoir et à opérer celle grande réforme des sciences, nous pouvons maintenant, avec sécurité, aborder l'exposition de ces vérités absolues. — Or, en vue de ces hautes vérités nouvelles qu'il s'agit ici de produire , nous ne saurions, avec plus de clarté et de précision, fixer leur Programme qu'en reproduisant les grands problèmes auxquels, dans le degré actuel de son développement progressif, l'humanité est arrivée aujourd'hui. Ces problèmes, que nous avons déjà posés et résolus dans notre Réforme du Savoir humain, se réduisent, dans leur application pratique, aux sept problèmes décisifs que voici.

1°. ) Il faut, en prenant pour base le principe absolu du monde, fonder péremptoirement la VÉRITÉ sur la terre, en déduisant, de ce principe premier, le Vrai absolu et le Bieii absolu; et il faut ainsi, et seulement ainsi, établir enfin la vraie philosophie , la philosophie absolue.

2".) Il faut, suivant l'Écriture-Sainte, accomplir la religion, en opérant la transition de la religion révélée à la religion absolue, de la foi à la certitude, nommément, du christianisme au paraclétisme , promis par le Christ.

3". ) Il faut, suivant des principes à priori, réformer et établir définitivement les SCIENCES, en découvrant la loi de création, et en introduisant ce procédé génétique dans toutes les branches du savoir humain.

A°.) Il faut, conformément aux lois augustes de la liberté de l'homme, expliquer I'histoire, dans le passé, dans le présent, et même dans l'avenir, en découvrant la vraie loi du progrès, et en subordonnant, à ce deuxième procédé génétique, tout le développement de l'humanité.

5°.) Il faut, pour faire cesser l'actuelle tourmente sociale des nations, découvrir le but suprême des États, et accomplir ainsi la politique, afin de pouvoir diriger, d'après celte règle infaillible , les hautes prétentions morales et les justes prétentions physiques des peuples.

G°.) Il faut, par la spontanéité propre de la raison de l'homme, pour satisfaire à la virtualité créatrice de cette faculté suprême , fixer les bits ov fins .^bsolies de l'humanité, en deçà et au delà de la tombe, pour dévoiler les destinées finales de l'être raisonnable.

7°. ) Enfin, il faut, en vue de ces destinées finales de l'homme, déterminer les

DESTINÉES SPÉCULES dcs différentes nations, nommément, les destinées respectives

des principales nations de l'Europe, des nations romaines, germaniques, et slaves,

pour les faire concourir à l'accomplissement final de la création et de l'existence des êtres raisonnables.

^o/Q. — La manifestation du doute sur la solution de ces grands problèmes de l'humanité , ne saurait , à son tour, être admise raisonnablement qu'autant qu'on pourrait produire, ^n même temps, et d'une manière rigoureusement didactique, la solution accomplie de ces décisifs problèmes desquels dépend actuellement le salut du monde civilisé. Toutefois, pour réduire cette exclusion du doute à son principe fondamental, nous l'admettrons de la part de ceux qui pourront au moins résoudre les problèmes accessoires ou partiels qui , dans leur ensemble , forment le premier des sept grands problèmes de l'humanité, dont il s'agit. — Or, ces problèmes accessoires, qui composent le premier grand problème présent, forment les sept problèmes secondaires que voici :

I. La vraie philosophie , nommément , la philosophie absolue , doit , avant tout , fonder et établir une certitude inconditionnelle chez l'homme ; certitude qui n'existe pas encore et sans laquelle il ne saurait y avoir, pour l'être raisonnable, aucune vérité absolue.

II. — Elle, la vraie philosophie, doit, en conséquence, découvrir le principe absolu de l'univers; principe duquel seul découle toute réalité, et par conséquent la certitude dans le savoir humain (Problème I).

III. — Elle, la vraie philosophie, doit de plus dévoiler la création de l'univers, dans son origine, dans ses progrès, et dans ses fins, en la déduisant tout entière du susdit principe absolu de toute réalité (Problème II).

IV. — Elle doit même, en se fondant toujours sur cet absolu et premier principe de toute réalité, démontrer positivement, d'une manière didactique et rigoureuse, la création propre, non-seulement de I'Être suprême, nommé Dieu, mais de plus de ce principe absolu lui-même, qui, sous le nom sacré de Verbe, et sous le nom profane d'ABsoLU, est en Dieu la source de sa réalité inconditionnelle.

V. — Elle doit ainsi, dans l'essence de l'acte de la création, découvrir la loi que suit cette haute production spontanée de l'univers; et elle doit par là dévoiler la loi de création , celte loi auguste qui donne naissance à toute réalité quelconque, même à celle de Dieu.

VI. — Elle doit, par là même, c'est-à-dire, en connaissant la loi de création de toute réalité (Problème V), se trouver non-seulement au-dessus de Terreur, dont elle doit signaler les sources et les abîmes, mais de plus au-dessus de la VÉRITÉ , qu'elle seule peut ainsi produire et établir définitivement dans le monde.

VII. — Elle, la vraie philosophie, la philosophie absolue, doit donc montrer que, hors de cette direction absolue de la loi de création, tout est ténèbres, ERREUR ou PERVERSION. Et elle doit conséquemment indiquer tous les précipices qui bordent ce chemin escarpé de la vérité. Elle doit surtout signaler ici l'abîme de

notre héréditaire dépravation morale, c'est-à-dire j la fatale présence en nous de TiDÉE ABSOLUE DU MAL; idée dans laquelle se complaisent j sous les conditions présentes de l'homme, des êtres qui, plus intimement liés aux auteurs infernaux de cette destructive idée ou de cette chute morale de l'humanité, demeurent étrangers à l'actuelle espèce humaine , et se constituent même ennemis du genre humain, en cherchant ainsi, dans cette confusion des deux mondes, formant le MYSTICISME, à attaquer, avec leur sentiment flétri par l'ancien péché du monde primitif, la pureté de la raison de l'homme nouveau dans le monde présent de salut.

Nous pensons que tout homme raisonnable , qui aura examiné et approfondi ces derniers sept problèmes, desquels dépend l'établissement de la vérité sur la terre, c'est-à-dire, la solution du premier des précédents sept grands problèmes de l'humanité, comprendra qu'avant cette solution définitive, par la préalable solution des sept derniers problèmes, par laquelle la vérité sera enfin fondée et établie sur la terre, toutes opinions et surtout les assertions positives, concernant les précédents sept grands problèmes de l'humanité, ne sont, le plus souvent, que de purs bavardages, et tout au plus, dans ce qui dépend des conditions morales de l'homme, des pressentiments providentiels de la vérité, que le Créateur a accordés à l'homme pour le guider dans sa haute et décisive recherche de la vérité absolue, recherche qui est le but de son existence sur la terre. — Nous ne pourrions donc pas raisonnablement admettre la manifestation de quelque doute ou de quelque critique concernant ces grands problèmes de l'humanité, si l'on ne prouve pas préalablement qu'on a résolu les sept derniers problèmes accessoires , qui seuls peuvent faire concevoir la vérité et peuvent ainsi donner le droit, sinon de prononcer, du moins démettre une opinion raisonnable sur ces grandes questions. Hors de là, nous le répétons, tout est ténèbres, erreur ou perversion; et les hommes auront maintenant, dans ces conditions absolues de la vérité f Problèmes I à VII), au moins le moyen de pouvoir, avec droit, repousser tous ces différents bavardages, opinions, erreurs et perversions qui forment l'actuelle confusion universelle des idées, ce caractère distinctif de notre époque.

Par une heureuse circonstance , nous pouvons joindre , à la présente Epitre à l'Empereur de Rtusie , un nouvel aperçu des travaux scientifiques de l'auteur , par lequel Sa Majesté pourra concevoir, sinon l'utilité, qui est manifeste, du moins la possibilité des moyens pour l'exécution des résultats scientifiques que l'auteur prend la liberté d'offrir humblement dans cette Epitre. — Cet aperçu porte le titre : Accomplissement de la Réforme de la Mécamoue céleste. — Et comme tel, cet .accomplissement produit déjà la réalisation de la première des trois offres que, dans la présente Epitre, l'auteur prend la liberté de faire humblement à S. M. l'Empereur de Russie, de cette première offre qui sert d'introduction à la nouvelle théorie lunaire, destinée à la marine impériale russe. Aussi, dans celte haute destination.

devons-nous espérer que l'Empereur pardonnera à l'auteur la liberté qu'il prend de dédier celle production au Corps illustre de la marine impériale de Russie, en se proposant d'y joindre séparément, dans un manuscrit secret, pour compléter la deuxième offre, ce qui concerne la nouvelle théorie des marées.

Ce qui rendra peut-être cette production digne de l'auguste attention de l'Empereur, c'est que, en outre de l'accomplissement scientifique des lois qui président à notre système solaire, on y dévoile, au-delà de ce système, qui seul est connu, tous les systèmes ultérieurs du monde, en commençant par celui de notre Voielactée; systèmes ultérieurs dont les hommes, pas même les savants, n'ont çncore aucune idée. — Sans doute, dira-t-on, cette immense découverte fera enfin triompher les hautes vérités nouvelles, scientifiques, politiques, religieuses et philosophiques, produites par la doctrine absolue qui, pour les compléter, déchire aujourd'hui le voile sous lequel, depuis si longtemps, est cachée la miraculeuse construction générale de l'univers. — On se trompera , cette découverte comme toutes les autres , comme celle de la résolution générale des équations, que les savants n'attendaient même plus dans les siècles à venir, demeurera inconnue au public et peut-être même à la postérité, parce que les ouvrages de l'auteur seront insensiblement détruits, les uns après les autres, comme on a déjà commencé à le faire avec ses ouvrages mathématiques.

Mais, qui donc, demandera-t-on, peut exercer ces fonctions infernales sur la terre? — C'est là le grand mystère qui , comme l'a dit Schiller, nous entoure tous, et que personne n'aperçoit.

Nous en avons soulevé le voile, dans nos ouvrages, d'abord par l'hypothèse d'une Bande mystérieuse qui, dérivant du monde primitif de péché, vivrait au milieu de nous, dans le monde actuel de salut, et aurait pour objet le triomphe du Mal, en un mot, la destruction de la création. — On en a ri; et Napoléon qui, malgré des rapports bien positifs , ne voulait pas non plus y croire , a péri par la même influence mystérieuse. — Toutefois , dans plusieurs de nos ouvrages, nous en avons dit assez pour que , avec un j)eu d'intelligence , on ait pu comprendre que cette prétendue hypothèse était , pour nous, une réalité aussi positive que terrible, et que, si cela avait été nécessaire, nous aurions pu signaler et indiquer même cette Bande infernale.

Peut-être est-il temps, sinon de l'indiquer, du moins de la signaler. — Eh bien, le critérium pour la reconnaître, est très-simple. Le voici. — Partout où l'on vous parle au nom de la Vérité, toujours au nom de la Vérité, profane ou sacrée, et partout où, par une autorité quelconque, on vous assujélit à une Yérité déterminée, en repoussant, ouvertement ou tacitement, tout autre Vérité, et en vous interdisant formellement de manifester aucune autre Vérité , enfin partout ou l'on vous empêche de concourir au triomphe de la Vérité absolue, de ce but unique de l'existence de l'homme, qui, par la faculté suprême de la raison, peut et doit créer la Vérité; et partout, disons-nous, où cela arrive, vous reconnaîtrez la présence de V Anti- Christ , en personne ou du moins par délégation, directe ou indirecte.

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