Epitres, satires, chansons, épigrames, et autres pièces de vers [microforme]
NE voulant narguer La plume maligne Prête à me morguer ; Non plus que briguer La faveur indigne D'un assentateur ; Défiant auteur,
D'une main craintive, Je livre au lecteur Mon œuvre chétive, Fruit V’'un lourd cerveau, Qu'a coups de marteau Il faut que j'active.
Pourtant, dans ce cas, (Et d'autres, sans doute,) C'est le premier pas
Que plus on redoute ; Car, quand on est loin, Sans peine ni soïn,
On poursuit la route.
Incertain d'abord, J'hésite d'écrire ;.
Mais, bientôt, plus fort, Plus hardi, g'aspire A me faire lire.
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Prenant mon essor,
Je dis : “ Ma besogne
4 Llant à ce pornt,
Ce serait vergogne
“ Qu'on ne la vit point :” Car, plat ou sublime, Tout auteur qui rime Altend des lecteurs, Comme un pantomime Veut des spectateurs.
Si sans fèu, sans verve, J'ai maloré Minerve Travaillé mes vers,
Des lecteurs divers J’implore indulgence :
Si la bienveillance Arrive au soutien,
J'ai ma récompense ; Mes esprits de rien Qui puisse déplaire
Ne sont plus troublés ; AJ’obtiens mon salaire, Mes vœux sont combles.
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EPITRE ENFANTINE, (+) À Mn. H. H...r, SUR LA CHASSE.
Aczoxs! tout est-il prêt, as-tu ce qu’il convient ? Je suis si bien muni qu’il ne me manque rien. C’est trop dire, pourtant, car ma vue-est si courte, Qu’à peine de dix pas je puis voir une tourte, (b) Mais je sais à cela quel remède apporter ; C’est une longue .ue; et je vais l’acheter.
L’un sur l’autre, pour lors, n’ayant nul avantage, On verra qui des deux en fera davantage. Ù Le gibier dans nos bois commence à se montrer ; Vite, point de lenteur, il le faut rencontrer : La paresse jamais ne valut rien qui vaille.
Je me fais fort d’abattre et la grive et la caille. Tu peux prendre sur toi de tuer l’étourneau : Je t’abandonne encor le merle et le perdreau. Le milan, le vautour, et tout oiseau vorace, N'ont garde d’espérer que nous leur fassions grace :
(a) Cette épitre, d’un écolier à un autre écolier plus jeune que lui, mérite-t-elle d’être mise sous les yeux du public? Ce n’est pas à moi qu’il appartient d’en décider; mais si j'y parle à un enfant comme on doit lui parler, pour en être écouté et gouté,
j'ai atteint le seul but que je m'étais proposé.
(b) Le Dictionnaire de l’Académie Française dit fourtre; mais je trouve dans RichEeLeT, fourle, oiseau, turiur, rimant avec courte, écourte, tourte, pâtisserie, et cette autorité doit être sufli-
sante pour un rineur,
Ce sont des malfaiteurs, des ennemis cruels, Des êtres abhorrés du reste des mortels :
Le meurtre, le carnage est leur plus grande joie ; Tout être, s’il est faible, est sûr d’être leur proic, D'en être dévoré. Le gentil écureuil, Dans mon sac, en tombant, trouvera son cercueil. Eh! pourquoi ? dira-t-on ; il n’est point hommicide, Et vouloir le tuer, c’est être bien perfide.
Non, mais il est voleur, il viole les lois ; Pour se remplir le ventre, il dérobe nos noix : Comme tel, il mérite, à mon gré, la torture; Nous le ferons passer par une mort moins dure : Il aurait expiré sur un honteux gibet ; Nous l’en délivrerons d’un seul coup de mousquet. I pourrait bien se faire, Ô tendre bécassine, Que malsré soi l’on vint enrichir la cuisine.
Mais ce sera bien pis, dans la chaude saison, Quand nous verrons venir les tourtes à foison, En tourbillons épais passer par la campagne, Et, lasses de voler, gagner notre montagne; Dans les maräis bourbeux de la Pointe à Ménard, Comme en un pays sûr séjourner le canard; La bécasse roûer autour de nos fontaines, Le lièvre aux pieds légers gäambader dans nos plaines ; Les timides perdrix errer sur nos côteaux, Les pluviers abonder auprès de nos ruisseaux ; L’allouette, en un mot, la sarcelle étrangère, Fous attendre à la file au bord de la rivière,
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Quant aux petits oiseav- ‘’en fais bien peu de eas ; Les tuer sans raison, la chost ne va pas:
Ayant, de tous côtés, des ennemis à craindre, Déjà, par leur faiblesse, ils sont assez à plaindre : Je les trouve d’ailleurs et gentils et mignons ;
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Pour tout dire, en un mot, nous les épargnerons. Mais si la grue à tort voulait entrer en guerre, Son cou long de deux pieds ne lui servirait guère : Ses ailes, son grand bec ne la sauveraient pas ; Un seul coup suffirait pour la jetter à bas; Elle verrait alors qu’elle était mal armée ; Qu'il ne s’agissait pas de combattre un pigmée. De même le hibou, pour sa grande laideur, Et parce qu’il n’est ban qu’à donner de la peur, Recevrait, à coup sûr, au milieu de sa fale, Ou bien sur sa caboche, une funeste balle:
Le butor, pour son cri propre à nous efirayer, De la belle façon se verrait foudroyer :.
La triste poule-d’eau, qui prédit à la terre L’orage, écraserait sous un coup de tonnerre ; Et ce lugubre oiseau, qu'on n’entend que de nuit, Si je l’appercevais, serait bientôt détruit.
Enfin, tout oiseau sale et de mauvais augure Se verrait, sur-le-champ, déchirer la figure.
En voilà bien assez, il est temps de finir; Ce discours, à la fin, pourrait bien t’endormir. J'oubliais cependant un être détestable, Qu’avec grande raison l’on nomrie enfant du diable ;..
Re ES nc. =
AhŸ si ton mauvais sort, malheureux animal, 'e mettait devant moi, que tu finirais matt Oui, je te le proteste, une balle sifflante Te percerait le front, bête sale et puante. Tu n'auras pas de peine à te rendre, je croi ; Ta chéris pour le moins la chasse autant que moi, Et d’en être privé ce te serait supplice.
I n’est point, en cffet, de plus noble exercice : Les plus fameux guerriers, en temps d’inaction, En firent presque tous leur occupation:
Cette occupaticn est partout rencontrée; Et, sans chercher, courir de conirée en contrée, Ismaël et Nemrod, ces änciens conquérans, Furent de grands chasseurs dès leurs très jeunes ans. Les payeus ont jugé que la chasse était telle, Qu'il n’était pour un dieu de passion plus belle : Diane, dans les bois, courait après les cerfs; (c} Apollon poursuivait les oiseaux dans les airs. é
(c) On prononce comme s’il y avait cers,