‹ Epitres, satires, chansons, épigrames, et autres pièces de vers [microforme]Chapitre 27 sur 52 · AAA VAR RAP · texte numérisé non relu

AAA VAR RAP

(b( Empereur du Méxique, détrôné et mis à mort par l’Espa-

| gnol Fernand CorrTez.

(c) Fille de PonarTan, grand sachem des sauvages de la Virginie, En 1607, n’étant encore âgée que de douze ans, elle ga

Je tairai la grandeur, les vertus magnañitnés, Le cœur compatissant, la générosité :

D'un renom mérité Chez le Canadien seul je remplirai mes rimes.

Qui mérita, par l’amitié Qu'il porte aux enfans de la France, Mainte fois, leur reconnaissance :

Ce fut GaRAKONTHIÉ :

Amateur de la paix, quoiqu’habile à la guerre, Entre les siens et nous grand négociateur, "Et pacificateur, Que de fois il nous fut utile et nécesssaire !

Salut, Ô mortel distingué Par la droiture et la franchise :

Dont la candeur fut la devise ; Honneur d’Onnontagué :

Ce que j'estim. en toi, c’est bien moins l’éloquence, L’art de négocier, que la sincérité, Que la véracité, Et des mœurs, chez les tiens, l’admirable décence,

Qui mérite d’être admiré

Par un cœur tendre, une âme pure ;

Par tous les dons de la nature ?

C’est OURÉHOUHARÉ ;

jetta entre les exécuteurs et le capitaine SmirH, fait prisonnier et condamné à mort par son père. Deux ans après, elle sauva ‘éncoré de la mort, ct au péril de sa propre vie, le même capitaine “Smith et tous sés compagnons, établis à Jarnestown, DE

nnier sauva itaine

44 dite —

Qui, se donnant aux siens comme exemple et modèle, Oubliant Dénonvicze (d) et le fatal tillac,

Devient de FRoNTENaAC, L'admirateur, l’ami, le compagnon fidèle.

Avec les Canadiens, parfois, Avec les enfans de la France, S'il porta l’épée ou la lance, Contre les Iroquois, Ne le croyons point lâche et traître à sa patrie : Non, Ouréhouharé chérit sa nation, Même avec passion ; Mais il la voudrait voir hors de sa barbarie.

C’est lui, qui devenu chrétien, Et près de son heure de nière, Attentif, entendant un père, (e) Qui, pieux, l’entretient De Jésus par les Juifs meurtri sur le Calvaire, Dans un dévot transport, hautement s’écria :

« Eh! que n’étais-je là ? « Ah! je les eusse bien empêchés de le faire.»

Qui connaît si bien les moyens,

Le jeu de la diplomatie ?

Qui, si prudemment négocie ?

C’est T'ÉGANISSORENS ;

(d) Ouréhouharé fut un des chefs HUE attirés à Catarocouy par le marquis de Dénonville, et perfidement arrêtés et'embarqués pour France, x

(e) Un Jésuite, G5

Qui, trois fois, des Cantons ambassadeur illustre,

Dans l’art de rétablir ou préserver la paix, L’émule du Français,

À, trois fois, des Cantons fait accroître le lustre.

Le prenant sur un plus haut ton, D'une humeur plus fière et plus brusque, L'homme qui jamais ne s’embusque, C’est GANIHÉGATON :

Dans son discours jamais il ne feint ni le flatte ; C'est lui qui ne craint pas de dire, à Montréal, A notre général, « Je préfère à Québec et Boston et Manhatte.

Entre ces guerriers, quel est donc Ce chef à la mâle figure, A la haute et noble stature ?

Ah! c’est Konpraronx ; Ce guerrier valeureux, ce rusé politique, Ou, pour dire le mot, ce grand homme d'état, Cet illustre Yendat, Presque digne du chant de la muse héroïque.

De quel esprit, est-il doué,

Quand, deux fois, par sa politique,

Et par son adroite rubrique L’Iroquois. est joué ?

{ f) Écrivains dont les ouvrages sont remplis de saillies d'os grit et de pointes, les unes bonnes, les autres mauvaises,

d'es.

Quand, pour le mot plaisant, la fine repartie,

Laissani loin en arrière et Vorrure et Bazzac, (7) Le seul De Frontenac

Peut avec lui lutter à pareille partie ?

Qui prit Michillimakinac, Fit tomber Corlar (g) dans le piège, Mit devant le Détroit le siège ?

C’est le grand PonrTuiac ; Ce chef parmi les chefs, ce nouvel 4 léxendre, Qui, des mains d’un rival recevant sa boisson, Dédaignant le soupçon, Contre l'avis des siens, aussitôt l’ose prendre. (h)

Mais Ponthiac, homme d'état, Autant que guerrier magnanime, Dans le grand dessein qui l’anime, Veut être potentat.

1] le fût devenu, si sagement faciles, Yendats, Miamis, Outaouais, Cristineaux, Sous les mêmes drapeaux, Eussent pu se montrer à ses ordres dociles.

nsc e

(g) C’est le nom donné par les sauvages aux Anglais, ou pii« tôt aux habitans des ci-devant colonies anglaises de l'Amérique.

(h) ALÉxANDRE buvant la potion du médecin PurLiPre, dit un auteur moderne, fait l’admiration du monde ; voici un Aléxandre sauvage. Le guerrier Ponthiac était brouillé avec les Anglais en 1762: le major Roserrs, chargé de le regagner, lui envoya de l’eau-de-vie. Quelques guerriers qui entourtaient leur chef, frémirent à la vue de cette liqueur ; :ls voulsient qu’on rejettât un présent si suspect, ne doutant pas que l’eau-de-vie ne fût empoisonnée. « Non,» leur dit Ponihiac, « l’homme qui est sûr de mon estime, et à qui j'ai rendu de si grands services, ne peut

Par nul orateut étlipsé, ; Égal au plus grand dans la guérre, Du plus transcendant caractère, Se montre Técousé:

€ Lui! non, le soleil seul se peut dire mon père,» Dit-il, en rejettant le fauteuil d’'HarrisoNn ; Et sur le vert gazon, | Il s’assied, se disant sur le sein de sa mère. (1)

Si sa main cueille le laurier ; Au camp, sur le champ de bataille, Son œil, du bravache, sans faille, Distingue le guerrier :

H connaît l’à-propos de l’ordre et de la marche, L'art du commandement ; c’est lui qui dit encor, Par reproche à Proctor :

«Quand Brocx disait: Marchons, tu dis rudement: Marche.»

Donnant à son courroux l'essor,

« Pour éviter une défaite,

« Il faut, dis-tu, faire retraite,»

Répond-il à Proctor :

songer à m'ôter le jour.» Et il avala la boisson d’un air aussi assuré qu’aurait pu Île faire le plus intrépide héros de l'antiquité.

(i) Au conseil tenu à Vincennes, en 1811, Técumsé ayant fini sa ‘araague, regarda autour de lui, et voyant que chacun était assis, et qu'il ne restait pas de siège, un dépit soudain se mani- ‘festa dans toute sa contenance. Aussitôt, le général Harrison “ordonna qu’on lui donnât une chaise : quelqu'un lui en apporta une, et Jai dit, en s’inclinant : « Guerrier, votre père, le général Harrison, vous présente un siège.» « Mon père!» s'écria le chef, avec indignation : « le soleil est mon père, et la terre est « ina mère : elle me nourrit, et je repose sur son sein :» et aussitô!, il s’assit à terre, les jambescroisées.

Page 1