‹ Epitres, satires, chansons, épigrames, et autres pièces de vers [microforme]Chapitre 32 sur 52 · L'UNION · texte numérisé non relu

L'UNION

Êrasnnes pour Le ler. Janvier 1998.

Je ne sais trop comment faire, En ce premier jour de l’an ; En voulant, à l'ordinaire, Faire un petit compliment,

Je cours risque de déplaire.

Bi je parle d’union,

Le mot paraît équivoque; .

L’on peut croire que j’invoque Par là la dissention.

Comment donc, je le répète, Puis-je faire, en pareil cas ?

Voici, je crois, la recette Pour me tirer d’embarras :

S'il faut être unionnaire, Qu'on le soit avec raison:

On peut aimer l’union

Entre le fils et le père,

Entre la fille et la mère,

Le cousin et le cousin,

La cousine et la cousine,

La voisine et la voisine,

Le voisin et le voisin ;

Entre gens de même race,

De même religion,

Et de même région ;

Fatre la force et la grace

Entre l'épouse et l’époux ; Entre le peuple et le prince,

Et l’empire et la province ; Jusque-là le mot est doux,

Et la chose est salutaire.

Mais fi de cette Union,

Ou manie unionaire

De joindre sans liaison,

Maladie atrabilaire

De certaine faction,

Qui, sans honte et sans scrupule, Rend la majorité nulle,

Met la population

En butte à l’oppression,

Et par suite à la misère;

Fait une distinction

Entre le frère et le frère ;

Foule aux pieds l’opinion,

Et la constitution, Et d’une main téméraire, | Pour refaire à sa façon,

Projette de tout défaire 3 :

Menace de tout changer, Jusqu’à la langue et l'oreille,

Et le boire et le manger,

Et le dormir et la veille; ” Même jusqu’à la façon

Du verre et de la bouteille . LES

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