‹ Epitres, satires, chansons, épigrames, et autres pièces de vers [microforme]Chapitre 9 sur 52 · CONTRE L'IGNORANCE · texte numérisé non relu

CONTRE L'IGNORANCE

Mox étoile, en naissant, ne m’a point fait poëte ; Et je crains que du ciel l'influence secrète (a) Ne vienne point exprès d’un beau feu m'’animer : Mais comment résister à l’amour de rimer, Quand cet amour provient d’une honorable cause, Quand rimer et guérir sont une même chose ?

L'autre jour, arrivant au troisième feuillet Contre l’Ambilion, je recois ce billet :

« Croyez-moi, cher ami, laissez-Ià la satire : « Renoncez pour toujours au métier de médire : « Ainsi que vous, je vois des tort- et des travers ; « Mais jamais je n’en fis le sujet de mes vers, « Et jamais je n’aurai cet étrange caprice.

« Je conviens qu’il est beau de combattre le vice ; « Moi-même, je tiendrais la lutte à grand honneur, « Si j'osais espérer de m’en tirer vainqueur. « Mais, peut-on l’espérer ? Dans le siècle où nous sommes, « Est-ce bien par des vers qu’on corrige les hommes !

« Non, se l’imaginer serait un grand travers ;

« L’homme méchant se rit de Ja prose et des vers :

(x) Hémistiche de Boileau.

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