‹ Épitres, satires, contes, épigrammes de Voltaire, suivis de fragments de la PucelleChapitre 143 sur 273 · CXVIII. — A UN HOMME · texte numérisé non relu

CXVIII. — A UN HOMME

Philosophe indulgent, ministre citoyen, Qui ne cherchas le vrai que pour faire le bien; Qui d'un peuple léger, et trop ingrat peut-être, Préparais le bonheur et celui de son maître, Ce qu'on nomme disgrâce a payé tes bienfaits. Le vrai prix du travail n'est que de vivre en paix. Ainsi que Lamoignon *, délivré des orages, A toi-même rendu, tu n'instruis que les sages; Tu n'as plus à répondre aux discours de Paris.

Je crois voir à la fois Athène et Sybaris Transportés dans les murs embellis par la Seine : Un peuple aimable et vain, que son plaisir entraîne, Impétueux, léger, et surtout inconstant, Qui vole au moindre bruit, et qui tourne à tout vent, Y juge les guerriers, les ministres, les princes, Rit des calamités dont pleurent les provinces, Gabaude le matin contre un édit du roi, Le soir s'en va siffler quelque moderne, ou moi, Et regrette à souper, dans ses turlupinades, Les divertissements du jour des barricades.

Voilà donc ce Paris I voilà ces connaisseurs

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