Le système de Law
ÉPIÏRES. * 7
Qui, possédant pour tout trésor Des recettes d'énergumène, Prend du Troyen le rameau d'or, Et lui rend des feuilles de chêne.
Peut-être, les larmes aux yeux, Je vous apprendrai pour nouvelle Le trépas de ce vieux goutteux Qu'anima l'esprit de Chapelle :
L'éternel abbé de Chaulieu Paraîtra bientôt devant Dieu; Et si d'une muse féconde Les vers aimables et polis Sauvent une âme en l'autre monde, Il ira droit en paradis.
L'autre jour, à son agonie, Son curé vint de grand matin Lui donner en cérémonie, Avec son huile et son latin, Un passe-port pour l'autre vie.
Il vit tous ses péchés lavés D'un petit mot de pénitence, Et reçut ce que vous savez Avec beaucoup de bienséance.
Il fit même un très-beau sermon, Qui satisfit tout l'auditoire.
Tout haut il demanda pardon D'avoir eu trop de vaine gloire.
C'était là, dit-il, le péché Dont il fut le plus entiché; Car on sait qu'il était poëte, Et que sur ce point tout auteur, Ainsi que tout prédicateur, N'a jamais eu l'âme bien nette.
Il sera pourtant regretté,
Comme s'il eût été modeste.
Sa perte au Parnasse est funeste :
Presque seul il était resté
D'un siècle plein de politesse.
On dit qu'aujourd'hui la jeunesse
À fait à la délicatesse
Succéder la grossièreté,
La débauche à la volupté,
Et la vaine et lâche paresse
A cette sage oisiveté
Que l'étude occupait sans cessa,
Loin de l'envieux irrité.
Pour notre petit Genonville,
Si digne du siècle passé,
Et des faiseurs de vaudeville,
Il me parait très-empressé
D'abandonner pour nous la ville
Le système n'a point gâté
Son esprit aimable et facile;
Il a toujours le même style,
Et toujours la même gaieté.
Je sais que, par déloyauté,
Le fripon naguère a tâté
De la maîiresse tant jolie
Dont j'étais si fort entêté.
Il rit de cette perfidie,
Et j'aurais pu m'en courroucer :
Mais je sais qu'il faut se pas*^
Des bagatelles dans la vie.