‹ Épitres, satires, contes, épigrammes de Voltaire, suivis de fragments de la PucelleChapitre 27 sur 273 · Médecin empirique · texte numérisé non relu

Médecin empirique

Aurait prononcé hardiment Une longue oraison funèbre, Qu'il n'eût pas faite assurément.

Puis, en vertueux capitaine, On vous aurait proprement mis Dans l'église de Saint-Denys, Entre Duguesclin et Turenne.

Mais si quelque jour, moi chétif, J'allais passer le noir esquif, Je n'aurais qu'une vile bière; Deux prêtres s'en iraient gaiement Porter ma figure légère, Et la loger mesquinement Dans un recoin du cimetière.

Mes nièces, au lieu de prière, Et mon janséniste de frère 1 , Riraient à mon enterrement; Et j'aurais l'honneur seulement Que quelque muse médisante M'affublerait, pour monument, D'une épitaphe impertinente.

Vous voyez donc très-clairement Qu'il est bon que je me conserve, Pour être encor témoin longtemps De tous les exploits éclatants Que le Seigneur Dieu vous réserve.

L L'auteur avait un frère, trésorier de la chambre des comptes, qui était en effet un janséniste outre* et qui se brouillait toujours arec son frère toutes les fois que celui-ci disait du bien des jésuites.

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