‹ Épitres, satires, contes, épigrammes de Voltaire, suivis de fragments de la PucelleChapitre 59 sur 273 · XLIX. — A M 11 » DE LUBERT · texte numérisé non relu

XLIX. — A M 11 » DE LUBERT

Charmante Iris, qui, sans chercher à plaire, Savez si bien le secret de charmer ; Vous dont le cœur, généreux et sincère, Pour son repos sut trop bien l'art d'aimer; Vous dont l'esprit, formé par la lecture, Ne parle pas toujours mode et coiffure ; Souffrez, Iris, que ma muse aujourd'hui Cherche à tromper un moment votre ennui.

Auprès de vous on voit toujours les Grâces :

Pourquoi bannir les Plaisirs et les Jeux ?

L'Amour les veut rassembler sur vos traces :

Pourquoi chercher à vous éloigner d'eux ?

Du noir chagrin volontaire victime, Vous seule, Iris, faites votre tourment, Et votre cœur croirait commettre un crime S'il se prêtait à la joie un moment.

De vos malheurs je sais toute l'histoire; L'Amour, l'Hymen, ont trahi vos désirs Oubliez-les : ce n'est que des plaisirs Dont nous devons conserver la mémoire Les maux passés ne sont plus de vrais maux; Le présent seul est de notre apanage, Et l'avenir peut consoler ie sage,

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Mais ne saurait altérer son repos

Du cher objet que votre cœur adore

Ne craignez rien ; comptez sur vos attraits :

Il vous aima : son cœur vous aime encore,

Et son amour ne finira jamais.

Pour son bonheur bien moins que pour le vôtre,

De la Fortune il brigue les faveurs;

Elle vous doit, après tant de rigueurs,

Pour son honneur rendre heureux l'un et l'autre.

D'un tendre ami, qui jamais ne rendit

A la Fortune un criminel hommage,

Ce sont les vœux. Goûtez, sur son présage,

Dès ce moment le sort qu'il vous prédit.

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