LXII. — AU ROI DE PRUSSE
Lorsque, pour tenir la balance,
L'Anglais vide son coffre-fort; Lorsque l'Espagnol sans puissance Croit partout être le plus fort ; Quand le Français vif et volage Fait au plus vite un empereur; Quand Belle-Ile n'est pas sans peur Pour l'ouvrier et pour l'ouvrage ;
Quand le Batave un peu tardif,
Rempli d'égards et de scrupule,
Avance un pas et deux recule
Pour se joindre à l'Anglais actif;
Quand le bonhomme de saint-père
Du haut de sa sainte Sion
Donne sa bénédiction
A plus d'une armée étrangère,
Que fait mon héros à Berlin ?
Il réfléchit sur la folie
Des conducteurs du genre humain;
Il donne des lois au destin,
Et carrière à son grand génie ;
Il fait des vers gais et plaisants ;
Il rit en donnant des batailles;
On commence à craindre à Versailles
De le voir rire à nos dépens.