QUI AVAIT ADRESSÉ DES VERS A L'ACTEUR SUR CES RIMES REDOUBLÉES
Juin 1745.
Lorsque deux rois s'entendent bien, Que chacun d'eux défend son bien, Et du bien d'autrui fait ripaille; Quand un des deux, roi très-chrétien, L'autre, qui Test vaille que vaille, Prennent des murs, gagnent bataille»
Et font sur le bord stygien Voler des pandours la canaille; Quand Berlin rit avec Versaille Aux dépens de l'Hanovrien, Que dit monsieur l'Autrichien ?
Tout honteux, il faut qu'il s'en aille Loin du monarque prussien, Qui le bat, le suit, et s'en raille.
Gela pourra gâter la taille De ce gros monsieur Bartenstein,
Et rabaisser ce ton hautain Qui toujours contre vous criaille.
C'est en vain que l'Anglais travaille A "combattre votre destin, Vous aurez l'huître, et lui récaille; Vous aurez le fruit et le grain, Et lui Técorce avec la paille.
Le Saxon voit que c'est en vain Qu'un petit moment il ferraille ; Contre un aussi mauvais voisin Que peut-il faire ? rien qui vaille.
Vous seriez empereur romain, Et du pape première ouaille Si vous en aviez le dessein; Mais votre pouvoir souverain Subsistera, pour le certain, Sans cette belle pretintaille.
Soyez l'arbitre du Germain, Soyez toujours vainqueur humain, Et laissez là la rime en aille.