‹ Épitres, satires, contes, épigrammes de Voltaire, suivis de fragments de la PucelleChapitre 92 sur 273 · LXXIX. — A M. DESMAHIS · texte numérisé non relu

LXXIX. — A M. DESMAHIS

Vos jeunes mains cueillent des fleurs Dont je n'ai plus que les épines ; Vous dormez dessous les courtines Et des Grâces et des neuf Sœurs :

Je leur fais en cor quelques mines, Mais vous possédez leurs faveurs.

Tout s'éteint, tout s'use, tout passe :

Je m'affaiblis, et vous croissez; Mais je descendrai du Parnasse Content, si vous m'y remplacez.

Je jouis peu, mais j'aime encore ; Je verrai du moins vos amours :

Le crépuscule de mes jours S'embellira de votre aurore.

Je dirai : « Je fus comme vous : »

C'est beaucoup me vanter peut-être; Mais je ne serai point jaloux :

Le plaisir permet-il de l'être?

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