‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 29 sur 134 · XLI. A MADKMOISKLI.E DE LUBERT · texte numérisé non relu

XLI. A MADKMOISKLI.E DE LUBERT

v^HARMANTE Iris , qoi , sans chercher à plaire,

Savez si bien le secret de charmer ;

Vous dont le cœur généreux et sincère

Pour son repos sut trop bien l'art d'aimer;

Vous dont l'esprit formé par la lecture

Ne parle pas toujours mode et coiffure ;

Souffrez , Iris , que ma mut»e aujourd'hui

Cherche à tromper un moment votre ennui.

Auprès de vous on voit toujours les Grâces;

Pourquoi bannir les Plaisirs et les Jeux?

L'amour les vent rassembler sur vos traces.

Pourquoi chercher à vous éloigner d'eux ?

Du noir chagrin volontaire victime,

Vous seule, Iris, faites votre tourment,

Et votre cœur croirait commettre un crime

S'il se prêtait à la joie un moment.

De vos malheurs je sais toute l'histoire ;

L'Amour, l'Hymen, ont trahi vos désirs:

Oubliez-les ;ce n'est que des plaisirs

Dont nous devons conserver la mémoire.

Les maux passés ne sont plus de vrais maux ;

Le présent seul est de notre apanage ,

Et l'avenir peut consoler le sage ,

Mais ne saurait altérer son repos. .

Du cher objet que votre cœur adore

Ne craignez rien ; comptez sur vos attraits : ^

Il vous aima ; son cœur vous aime encore.

Et son amour ne finira jamais.

Pour son bonheur bien moins que pour le vôtre

De la Fortune il brigue les faveurs:

Elle vous doit , après tant de rigueurs ,

Ponrsonlionnéur rendre henreuxl'un et l'autre.

D'un tendre ami qui jamais ne rendit

A la fortune un criminel hommage

Ce sont les vœux. Goûtez, sur son présage.

Dès ce moment le sort qu'il vous prédit.

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