DU DOUBLER
MADAME
Je n'ai pas voulu parler plus tôt du doubler sur deux pistes, car je devais définir d'abord la théorie oénérale du travail sur deux pistes. Maintenant il me suffit de quelques mots pour vous faire comprendre cette figure désormais fort simple.
Le doubler sur deux pistes, ou traverser, s'exécute généralement dans la largeur et au milieu du manég'e. Le cheval décrit deux pistes perpendiculaires à la muraille, et sans prendre de terrain en avant; il traverse d'un mur à l’autre, parallèlement au plus orand côté du manége, comme dans le changement de main. — Ce doubler simple est, en général, le mouvement par lequel on doit débuter dans lécole élémentaire; mais, dans la haute école, il présente une véritable difficulté, puisqu'en arrivant à la muraille
opposée à celle que l’on vient de quitter, il faut supposer un coin et le passer, comme si l’on exécutait
le travail de la tête au mur.
Le doubler sur deux pistes n’est donc, en effet, que la continuation d’une tête au mur dans un manég'e que l’on restreint en le coupant en deux, la main se chargeant alors de préparer une barrière aux épaules du cheval qui parcourt la perpendiculaire abaissée d’un côté à l’autre du manége.
En basse école, doubler n’est donc autre chose que tourner à droite ou à gauche, pour couper le manég'e en deux parties, dans sa longueur ou dans sa larseur. La seule difficulté que présente cette figure, est, dans ce cas, de parcourir une ligne bien droite, du point où l’on quitte une muraille jusqu'à celui où on rejoint l’autre, et de tourner, dans les deux angles
ou coins que l’on se crée, aussi court que possible.
Comme vous le voyez, le doubler vous conserve toujours à la même main, et, à moins d’une contreindication, il n’a jamais la signification d’un chansement de main. Ainsi, si l’on vous dit : Doublez à droite, et qu'au bout de la ligne on vous fasse tourner à gauche, ce sera ce qu'on appelle un contre-doubler, que vous pourrez, du reste, exécuter sur deux pistes, plus facilement que le doubler lui-même,