‹ Equitation des damesChapitre 51 sur 68 · DU PASSAGE ET DU PIAFFER · texte numérisé non relu

DU PASSAGE ET DU PIAFFER

MADAME

Pouvez-vous ignorer cette allure si belle, Où, plus que jamais enchanteur, + Le cheval à nous se révèle, Et nous fait admirer l’œuvre du Créateur ?

Le piaffer, c'est l’élan d’une âme chaleureuse, C’est l'amour concentré, cherchant un noble essor, C’est le désir, l’ardeur ambitieuse, j D'un cœur qui se sent fort Et se contient à peine.

Oui, tel est ce piaffer que votre faible main, Par un effet de rêne, Augmente, ralentit et fait cesser soudain!

Le passage est un trot très-raccourci, très-cadencé où le cheval engage ses membres postérieurs sous lui, et exécute les mouvements, plus en élévation qu’en extension. Il embrasse donc peu de terrain à chaque pas, et le passage sera d'autant plus beau,

qu’il sera plus élevé et plus raccourei. Il faut, enfin, pour que cette allure soit régulière, que les membres antérieurs et postérieurs s'élèvent du sol à une égale hauteur, et que les deux battues où foulées qui constituent le trot soient bien marquées et bien distinctes.

Moyens D'EXÉCUTION. — S’1l est difficile, et quelquefois long, d'obtenir cette belle cadence chez un cheval qu'on dresse à la haute école, il est beaucoup plus simple, en revanche, de l’exiger d’un cheval dressé. Il vous suffira de le rassembler, de stimuler son énergie par un appel de langue, et de ramener, par : de légers soutiens de main, ses forces impulsives vers le centre, pour obtenir le passage. Il vous faudra cependant du tact et de la justesse pour conserver à l’avant-main une certaine liberté de progression, et ne pas laisser, toutefois, les épaules se surcharger d’un poids inutile.

Il faudra encore que votre jambe, votre cravache et quelques appels de langue stimulent parfois l’énergie vibrante qui ne tarderait pas à s’user; enfin, grâce à la fixité de votre main et à l’égale tension de vos rênes, votre cheval, maintenu parfaitement droit, ne cherchera point à se traverser, ni à se mettre de côté. En résumé, le rassembler parfait est la préparation du passage, qui, lui-même, est l’expres-

sion, le dernier mot de l'équilibre et de l'harmonie dans le mouvement.

Le praffer, c'est littéralement le trot sur place, l'élévation croissant toujours aux dépens de la progression.

Moyens D'EXÉCUTION. — Le piaffer s'obtient comme le passage, avec cette différence que la main paralyse toutes les forces qui tendraient à passer sur l’avantmain et à donner de l’extension au mouvement. C’est en rejetant constamment l'impulsion d'avant en arrière, que cette même impulsion tourne au profit du mouvement qui s'exécute de bas en haut, et par conséquent sur place. Vos aides ontf en un mot, pour but de produire un flux et reflux d'action d’arrière en avant et d'avant en arrière.

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