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SEPTIÈME LECON

MADAME

Votre cheval part facilement au galop aux deux mains, et vous devez pouvoir le mettre du galop au pas et l'arrêter, sans la moindre difficulté.

Vous aurez, ainsi que je vous l’ai prescrit dans la cmquième leçon, terminé votre travail par quelques temps de rassembler, et votre cheval vous aura, je gage, donné les éléments du praffer, c’est-à-dire une cadence basse et répétée qui se régularisera plus tard, mais qui, quant à présent, n’a d'autre but que de rap-

procher les extrémités sous le centre, et de rendre le galop plus assis et plus ant.

Soumettre, dominer, diriger le cheval :

Passer, à votre gré, de l'une à l’autre allure, C’est le début de l’art, ce n’est point l'idéal. Cet art que vous aimez, veut plus de la nature: Il veut de l'animal assouplir les ressorts ; Il veut qu'habilement sa force répartie, Transmette à tout son corps Une heureuse harmonie, Et qu’enfin, en retour des soins intelligents Qu'à chacun de ses pas votre main lui prodigue. Liant et moelleux dans tous ses mouvements,

Il vous offre sans peine un plaisir sans fatigue.

Le travail sur le cercle est un des moyens les plus efficaces pour donner au cheval de selle la souplesse, la régularité et la grâce dans le galop. Le mouvement circulaire force l’animal à s’équilibrer, à envager ses hanches sous la masse. Il grandit l'avant main et donne à tout son ensemble quelque chose de rond et d’harmonieux, qui se traduisent au cavalier par un bien-être général, lequel ne tardera pas luimême à vous révéler les avantages de cette gymnastique.

Vous allez donc travailler votre cheval sur des cercles d'abord un peu larges (aux deux mains), mais dont vous vous garderez d’abuser. Vous l’exercerez au pas, au trot et au galop, en alternant les trois

allures, pour éviter la fatigue et faire passer l'animal d'une attitude à l’autre. Vous pratiquerez au pas sur le cercle les redressements d’encolure et les descentes de main.

Dans les moments de repos, vous ne perdrez point de vue les arrêts et le reculer méthodique, c’est-àdire très-lent, pas à pas, et pouvant être à chaque instant suspendu et suivi d’une impulsion franche, activée s'il le faut à l’aide graduée des cravaches.

Si le cheval accepte le mouvement circulaire au pas, au trot etau galop raccourci, 1l faudra lui laisser prendre sur la ligne droite une marche un peu plus dligente, sans chercher à l’asseoir ni à le raccourcir. Tout exercice qui contraint l'animal et lui impose une fatigue momentanée, doit être suivi d’un travail plus simple, où il se livre sans efforts à ses allures instinctives.

Jusqu'à présent, je vous ai laissé conduire votre cheval en rênes séparées, pour vous permettre de donner à vos effets de rênes plus de valéur et de précision, et, par conséquent, pour faire plus promptement connaître à votre élève les actions par lesquelles il devra se laisser diriger, lorsque vous aurez bientôt vos rênes dans une main, secondée, au besoin,

par le concours de vos rênes de filet.

Votre tenue de rênes sera celle dite à l’allemande, que je vous ai précédemment indiquée, et qui est la plus favorable au dressage; mais patientez encore quelques jours, et vous récolterez les fruits de votre persévérance méthodique.

A la fin de cette septième leçon, vous devrez essayer de mettre votre cheval au galop à droite et à gauche, non plus en marchant à main droite ou gauche, selon le départ que vous cherchez, mais à faux, c’est-à-dire que vous galoperez à gauche en marchant à droite, et à droite en marchant à gauche (1). Vous éprouverez sans doute un peu de difficulté; mais étant obligée d'imprimer la position d’une manière plus précise, vous ne tarderez pas à obtenir de votre cheval une soumission plus complète à vos aides, et ce sera d’ailleurs une excellente préparation au travail du dehors.

Lorsque enfin vous aurez obtenu des départs bien sûrs aux deux mains, et que les arrêts seront faciles, vous multiplierez ces mêmes départs, vous bornant à demander quelques foulées sur chaque pied, et ne laissant entre chaque arrêt et chaque départ, qu'un intervalle de plus en plus court, le temps rigoureusement nécessaire pour changer la position et donner l'indication contraire.

4) Dans le manége, comme il va sans dire,

Je vous indique succimctement la progression que vous aurez à Suivre; mais Je ne puis vous préciser le temps qu'il vous faudra pour arriver au résultat, qui dépendra des aptitudes de votre cheval, du degré de soumission qu'il aura atteint, de sa souplesse naturelle ou acquise. Il va sans dire que la crainte d’un insuccès, le tact et la prudence vous dicteront ce que vous devez entreprendre et ce que vous devez différer.

En résumé, et Je ne saurais trop vous le recommander, Madame, péchez plutôt par trop peu d’exigences, sachez attendre, et lorsque le cheval vous aura donné une fois ou deux ce que vous lui demandez, passez outre, et demeurez satisfaite. Revenez souvent au point de départ : soumission aux aides impulsives; mobilisation facile de la croupe et de l'avantmain; demi-voltes sur les hanches, épaule en dehors et en dedans, reculer et enfin rassembler en marchant à un pas très-court, sur la piste à main droite. Descentes de main fréquentes.

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