IV. 11^ en est de meme de la substitution de G" à H
De ces faits cfue le volume moléculain* d(^ ClH est 22,
(1> II. Ko])|i (voir Cîorlii'irdl. Trnili' di’ rhiwii' I. IV. p. Sofi).
('I l[U6 G l*61Upl{lL‘t‘ 1 1", StlllS ltlll‘(3 Vtirii^r Iw VolllI116 iiioltieulaire, M. Kopp a conclu que le volume aLonii(|ue du carbone est ^ = 11, et le volume atomiiiue de
Du volume moléculaire de l’eau bouillante 18,8 en retranchant 11 pour H", on a 7,8 pour le volume atomique de l’oxyg*ène.
Si l’on déduit le volume atomique de l’oxyg*ène, du volume moléculaire de l’aldéhyde, on trouve que dans l’aldéhyde, l’oxyg’èneaun volume atomique ég’al à 12,2.
Les espaces occupés par les atomes dans les corps composés varient donc suivant qu’on les considère, dans des composés différents.
D’après M. Naquet, il n’y a rien d’étonnant dans ce fait. Le volume atomique comprend, outre le volume de l’atome lui-même, le vide qui entoure cet atome, et on comprend que, dans des composés différents, les atomes d’oxyg*ène soient plus ou moins éloig*nés des atomes d’espèces différentes.
M. Kopp, d’après les volumes atomiques des corps simples, donne la formule g*énérale suivante pour avoir le volume moléculaire d’un composé re-
présente l’oxyg*ène de substitution, 0^ l’oxyg-ène d’addition. *
Ma + 5,56 -j- 12,2c -f- 7,8c/.
Le volume moléculaire et le poids moléculaire connus nous permettraient de calculer la densité des corps, CarVr=.i, d’oùD = ^.
La formule de M. Kopp ne |)eut avoir qu’une utilité très-restreinte, puisqu’un meme élément y entre pour deux valeurs différentes.
;1) A. Na({ucl, l-’rincipes de chimie, p. (il I .
DEVELOPPEMENT HISTORIQUE DES NOTIONS d’ÉQUIVALENT,
d’atome, de molécule.
Équivalents: Wenzel, Richter. — Loi des proportions multiples; des atomes. — Loi des voluues. — Poids atomiques de Berzelius. — Abandon de la théorie atomique. — Poids atomiques deGerhardt. — Nouveaux poids atomiques.
Equivalents : Weiizel, Richter.
Tout ce que nous savons de la constitution chimique des corps a pour point de départ nécessaire une vérité importante, qui se fit jour tardivement dans la science : « Tous les corps se combinent en proportions définies. »
Ce n’est qu’au siècle dernier que cette vérité nous fut acquise ; elle est due aux travaux mémorables de Wenzel et de lUcliter.
En 1699, Homberg’, il est vrai, avait tenté de déterminer les quantités d’acides différents qui saturent une meme ({uantité de carbonate de potasse; mais il n’arriva qu’à des résultats inexacts, peu comparables entre eux, et ses recbercbes n’eurent aucune intluence sur celles de même ordre ([u’on exécuta près d’un siècle après. 11 faut reconnaître néanmoins (jue c’est la première tentative, qui ait été faite pour déterminer ce que l’on appela plus tard les équivalents des acides.
Wenzel (1777) s’occupa d’un phénomène qui avait frappé tous les chimistes : « Deux sels neutres conservent leur neutralité après s’être mutuellement décomposés. »
Il prouva par des analyses d’une reiiiarqualile exacLilude que les rapports relatifs entre les bases f[ui saturent un niêine acide, sont les mêmes pour tous les acides. Ainsi, 123 parties de chaux et 222 parties de potasse neutralisent 246 parties d’acide azotique. Elles sont par conséquent équivalentes entre elles, dans leurs combinaisons avec l’acide azotique; de même pour saturer 181 parties d’acide sulfurique, il faut 123 parties de chaux et 222 parties de potasse. Les rapports de la chaux et de la potasse dans leurs combinaisons avec les acides sont donc identiques.
Réciproquement, les quantités d’acide azotique et d’acide sulfurique, qui satureront un même poids de potasse seront dans le même rapport, que les quantités de ces acides nécessaires à la saturation d’une autre base.
La neutralité des sels neutres après leur décomposition s’explique donc facilement. Quand l’azotate de chaux et le sulfate de potasse réagissent, l’acide sulfurique s’empare de la chaux, et met en liber té une quantité de potasse juste nécessaire pour saturer l’acide azotique, qui existait dans l’azotate de chaux.
Puisque ces quantités de potasse et de chaux se remplacent dans des sels en conservant la neutralité de ceux-ci, on les a reg’ardées comme équivalentes; on voit que la notion (V équivalence a été introduite en chimie par les travaux de Wenzel.
Berginann paraît avoir entrevu les proportions chimiques dans ses recherches sur la précipitation réciproque des métaux; préoccupé des théories du phlog-istique, il publia une dissertation sous ce titre : De di~ versa phloffisti quantüate in metallis (Upsal^ 1782). — Et, de ses travaux, il tira la conclusion suivante : « Phlo-
Iliüi inutiiUfi (luanlUatva inmpilaiiiiH H in-æà lùliuuii iu,ndenhus em> htvcrsw proporlionales.
•I.-U. Hicliloi*, chimisle do Berlin, repi-il ving-l ans après Wenzol (do 1792 à 1802) l’oludo (le la propoidionnalilo des bases cl des acides, dans la formation des sels
neutres. 11 observa, coinnie Wenzel^ la permanence do la neutralité apres les décompositions réeipro({ues des sels neutres, et l’expliqua de la meme manière. Pin outre il s’occupa de la précipitation des métaux les uns par les autres, remar([ua que dans ces précipitations la liqueur reste neutre; il sut donner de ce fait une explication fort juste, en montrant qu’il y a un rapport constant entre la quantité d’un acide saturant des poids de diverses bases, et la quantité d’oxyg’ène contenue dans la base.
On doit à Richter les premières tables d’équivalents : il détermina les poids de bases nécessaires pour saturer 1^000 parties d’acide azotique, 1,000 parties d’acide sulfurique, etc. 11 établit les séries représentant les quantités d’acides nécessaires pour saturer 1,000 parties de potasse, 1,000 parties de chaux, etc., mais il était inutile de tant multiplier les séries, puisqu’on pouvait obtenir la proportionnalité de toutes ces quantités. En effet si l’on dresse, d’une part, une colonne renfermant les quantités de différentes bases qui saturent un même poids d’acide, on reconnaîtra, d’autre part, que le poids d’un acide quelconque, qui saturera l’une de ces bases, saturera ég’alement toutes les autres.
Ces quantités sont donc proportionnelles entre elles; et les corps se combinent en proportions définies. Outre cette loi indispensable, il fut introduit l’idée d’équivalence appli(|uée seulement alors aux acides et aux bases.
Dans les éej’its de Lavoisier, un ne trouve rien sur les proportions ^chimiques. Il est protiablë cependant qu’il les soupçonnait, car, en parlant des combinaisons •dn soufre avec l’oxyg^ène, il s’exprime ainsi :
« Ces deux acides ont cbacun leur deg’ré de satura- « tion ; le premier constitue l’acide sulfureux, le dernier « constitue l’acide vitriolique, sans qu’il n’y ait aucun in- « termédiaire entre le soufre et l’acide sulfureux, entre « l’acide sulfureux et l’acide vitriolique; et pour conver- « tir l’un dans l’autre, il suffît d’ajouter du principe « oxyg’ine à l’acide sulfureux et d’en retrancher à l’acide K vitriolique. » {Mémoires de l’Académie^ 1782, p. 533.)
Quoi qu’il en soit « Wenzel doit conserver la g*loire en- « tière et pure d’avoir établi que dans les réactions des «sels, rien ne se perd, rien ne se crée, soit comme ma- « tière, soit comme force chimique » (Dumas) Et cependant, le livre de Wenzel resta dans l’oubli le plus complet. Il venait malheureusement à une époque où tous les esprits étaient occupés des idées nouvelles, qui venaient battre en brèche la théorie du phlogdstique.
Wenzel passa inaperçu, car il n’apportait aucune pièce au débat qui passionnait le monde savant.
Quant à Richter, ses conclusions ne pouvaient être acceptées sans contrôle; il mêla, en effet, de nombreuses erreurs aux faits positifs qu’il apportait, et il fut loin d’avoir cette exactitude d’analyses, qui distingue Wenzel.
Berthollet repoussa la loi des proportions définies; et en s’appuyant sur un gTand nombre d’analyses qu’il croyait exactes, il admit que les éléments peuvent se combiner en toutes proportions. Il trouva dans Proust un adversaire éloquent et convaincu, et il dut recon-
luülre eiiliii lu loi (U'.'a proj uni ions dé /inics i\w\ allait Ijieiilot SC (îüiuplülei* par la loi d(;s proportions inultij)les.
Ijù des proportions multiples ; atomes.
Kn 1789, un savant irlandais, nommé lli'^^ins, publia un üuvrag’e sur la comparaison de la théorie pldo- ^’istique et delà théorie antiphlog’istique ; il établit que les coi‘ps sont composés de particules ou atomes et, suivant lui, un nouvel atome d’oxyg’ène ajouté à un oxyde, c’est-à-dire à un corps composé d’un atome de radical et d’un atome d’oxyg'ène, produit un nouveau deg’ré d’oxydation. Il se contenta de poser cette hypothèse.
Dalton reproduisit la notion des atomes, mais il la soutint d’une nouvelle loi^ et donna la première table des nombres proportionnels des corps simples. (Les poids donnés aux- atomes par Dalton ne représentaient, en effet, que des rapports pondéraux.)
Lorsque deux corps simples ou composés forment ensemble plusieurs combinaisons., le poids de l\m étant constant; les poids de II autre varient suivant des rapports trèssimples.
Telle est la loi des proportions multiples. Ainsi, dans les cinq combinaisons de l’azote et de roxyg*ène, on voit que pour un meme poids d’dzote, les poids de l’oxyg’ènc sont dans les rapports simples 1, 2, 3, 4, 5.
Le [)rotoxycle d’azote renferme
: Azote
Oxygène 8
Le bioxyde —
Azote
Oxygène Id
L’acide azoteux —
Azote
Oxygène ^4
L’acide hypoazotiqiie -
Azote
Oxygène 3“2
L’acide azotique —
Azote
Oxygène 4!)
Dalton supposa, comme llig'gdns, que la matière est composée de particules Indivisibles ou d’atomes, et que
la formation (les composés chimif] nés résulte de la juxtaposition de ces atomes.
Il admit ([iie les atomes élémentaires se combinent de préférence un à un ; (juand deux substances ne donnent qu’une combinaison, celle-ci est formée d’un atome de chacun des corps constituants.
Il expliquait ainsi le fait des proportions définies et des proportions multiples. Gomme les poids de ces atomes représentent les rapports pondéraux d’après lesquels se combinent les éléments, il choisit l’hydrog’ène pour unité de poids; il calcula les poids de ces atomes^ en se basant sur la convention admise plus' haut, que lorsque deux éléments ne donnent c|u’une combinaison, elle est formée d’un atome de chaeun.
Comme Dalton ne considérait pas autre chose que des rapports pondéraux, les poids atomiques n’étaient que des nombres proportionnels, et c’est lui qui en dressa la première table.
Dalton a donc donné à la chimie la notion de l’atome, et la loi si importante des proportions multiples : c’est en 1804 qu’il les fît connaître.
Loi des volumes.
En 1805, Humboldt et Gay-Lussac reconnurent que l’eau est formée de deux volumes d’hydrog*ène et d’un volume d’oxyg’ène. Gay-Lussac poursuivant l’étude des combinaisons des g'az, établit la loi des volumes, dont nous rappellerons l’énoncé.
« Il y a un rapport simple entré les volumes de deux g*az ([ui se combinent.
Il y a un rapport simple entre les volumes desg*az qui
se eoinhmcMl. et I(î volume de la eoml)iMais(jii (oniiée, l>ris(î à l’éUiL ^‘azeux. »
« Si I on sid)sülue le nom d’atome à celui de volume, on « trouve dans la découverte de Gay-Lussac une preuve « des plus directes en laveur de riiyj^othèse de Dal- » ton » (1).
Gay-Lussae reg’arda les g’az comme Ibrrnés d’atojnes fpii se combinent en proportions simples et constantes; d venait ainsi appuyer les idées de Üalton, et pourtant celui-ci tenta vainement de prouver que la théorie de Gay-Lussac était erronée.
Ces lois découvertes par Wenzel, Hichter, Dalton vX Gay-Lussac furent mises à contribution par Berzelius, (jui édifia un système complet de notation et de poids atomiques.
Poids atomiques de Berzelius.
Berzelius adopta l’hypothèse de Dalton : «Si, n’ayant pas l’esprit préoccupé des doctrines d’une école philosophique quelconque, dit-il, nous tâchons de nous faire une idée de là cause des proportions chimiques, celle qui se présente à nous comme la plus vraisemblable et la plus conforme à notre expérience g’énérale, c’est que les corps sont composés de particules, qui, pour être toujours d’une même g*randeur et d’nn même poids, doivent être mécaniquement indivisibles, et qui s’unissent de telle manière qu’une particule d’un élément se combine avec une, deux, trois particules d’un autre. Celte idée si simple et si aisée à. concevoir expli(jue tous les phénomènes des proporlions
(1) iicricWus, Essai sur la (hèorie des proportions chimifjaes, 1819. p. li.
..caiimi([Lies, «^piix pai*liciilit>remcnl appollc las
<( proportions multiples» (1).
Et plus loin (pag’e 23) : « Les coi’ps étant formés d’élé- «ments indécomposables, doivent l’etre de partieules «dont la g’randeiir ne se laisse plus ultérieurement di- « viser, et qu’on peut appeler atomes^ molécules^
^^écpiivalenU ihimiques. Je choisirai de préférence la dé- « nomination d’atome.»
Rerzelius prend le mot d'atome dans le sens philosophique du mot, matière indivisible; mais pour les corps simples il ne fait pas de distinction entre 1 atome > et la molécule. Les atomes de deux éléments se juxtaposant pour donner les corps composés, ceux-ci constituent pour lui des atomes composés du premier ordre ; mais ces atomes composés du premier ordre se juxtaposent eux-mêmes, et donnent des atomes composés du second ordre.
Berzelius détermina les poids atomicjues, d’après les analogies chimiques et d’après la loi des volumes de Gay-Lussac. Confondant les molécules et les atomes dans les g’az simples, il admettait aussi que les g’az renferment à volumes ég^aux le même nombre d’atomes, et que par conséquent, les poids atomic[ues sont proportionnels aux densités. Nous avons 'vu plus haut que I cette relation n’est pas g’énérale, mais qu’elle est vraie I pour la plupart des corps simples, parce qu’ils ren- I ferment presque tous, deux atomes par molécule. Beri zelius calcula donc un certain nombre de poids ato- 1 miques d’après les densités g’azeuses; pour les autres,
I il se borna aux analog-ies chimiques. Il remarqua que
(1) Lnc. rit., p. 21.
I('S proiniops dog-pos (roxydntion do quelques métaux, lois (jiie le zinc, le i)loiul), le bismulli, le cuivpe et le mcpcupc, ou uo s’uuisseut point aux aeides, ou sont déeoiuposés pap eux; il adiiiiL rpie cos ))peiuieps degrés d’oxydatiou étaient 2K-f-0, cap il est plus eouldprne aux ppohahiliLés que 2H4-0 sépape un R, et fpie l’alliiiité la plus forte soit R + 0. H eousidéi-a aloi*s les bases fortes comme étant composées d’un atome de radical et d’un atome d’oxyg’ène.
Bientôt les lois physiques nouvelles vinrent fournir de nouveaux procédés pour la détermination des poids atomiques : la loi des chaleurs spécifiques (1819), et surtout la loi de l’isomorphisme.
L’ensemhle des poids atomiques donnés par Berzelius et les considérations sur lesquelles était fondée leur détermination, constituèrent Ja théorie atomique. Ber zelins avait d’ahord donné le nom de «théorie corpusculaire» à la théorie des atomes, et il en avait distingrié la théorie des volumes. Ainsi, disait-il, dans l’eau il v a 1 atome fl’bydrog’ène et 1 atome d’oxygrne, mais l’atome d’hydrog’ène représente 2 volumes, tandis que celui de l’oxyg^ène . représente 1 volume; l’atome de l’hydrog'ène est un atome double.
Berzelius admettait que toutes les combinaisons se font par juxtaposition. Comme dans l’eau 2 volumes (J’bydrog’ène se combinent à 1 volume d’oxyg’ène, l’atome d’oxyg’ône est double ; et consécpient avec ce ])riucipé, Berzelius disait : dans l’acide chlorhydihpie 1 atome double d’bydrog’ène se combine avec 1 atome double de chlore. Cet atome était double, j)arce cpi’il repi'éscnlait 2 volumes, mais aux yeux d(‘ Rerzfdiu.s, il était indivisible.
Rerzelius avait donc une notation qui correspondait aux lois des volumes et aux équivalents. Le poids atomique de l’oxyg’ène étant 100, celui de l’hydrog'ène était 0,25, le rapport de 100 à 6,25 étant celui de 16 à 1, c’est-àdire ég’al au rapport de la densité du premier g^az à celle du second, on voit (pie le poids atomique de l’hydro-^ g'ène était calculé d’après la densité g’azeuse. C’est par là que Berzelius distingaiait les poids atomiques des simples rapports pondéraux, calculés par Dalton, vérifiés et corrig'és par vVollaston qui leur donna le premier le nom d’équivalents. Décrivait l’iiydrog’ène H, en considérant son poids atomique 6,25; mais dans les combinaisons où d’après lui l’hÿdrog’ène entrait pour une valeur double, il l’écrivait H et HO devenait le sym-
bole de l’eau. Alors le symbole H avait une valeur ég’ale à 12,50 : c’était un équivalent. ’
L’erreur de Berzélius dans l’adoption de ses atomes dou- IjIqs venait, ainsi que nous l’avons dit, de ce qu’il comprenait la formation des corps composés, par la simple juxtaposition des éléments. Aussi ne rapportait-il pas les corps au meme >volume de vapeur, et tandis qu’il écrivait l’eau H^O ég’ale à 2 volumes, l’acide cblorbvdrique était H'GB et était représenté par 4 volumes de vapeur.
Nous n’avons pas à rappeler les tbéoriesélectro-cbimiques que Berzelius introduisit dans la science; nous voulions faire connaître seulement le sens (pi'il attri-
buait au mot atomes, et la théorie atomi(pie qu’il coruyit.
Avant de quitter le gTand ebimiste suédois, il ne faut pas oublier qu’il créa les symboles et les fornudes ebinmpies : nous lui sommes redevables de ce inoven com-
mode fd abr(';g’é
(le
tigaii’C)'
les réactions .des cor])s.
A liaïulon de la th.fiorte atomdiin-^
■ La Ihéoi'io aloini([ii(*- rég’nait depuis plus de vingd ans dans la science, mais l’adoption fausse d’atomes doubles eng*ag’ea un g’rand noml)re de eliimistes à la rejeter.
( imelin (vers 1840) le premier fit ce raisonnement : puis- (pi’il y a des atomes doubles dont les atomes simples ne sont pas connus, il faut rejeter les poids atomiques de ees atomes simples; et comme le poids de ces atomes doubles est celui des équivalents, revenons à la notation en équivalents.
Il y avait là une objection sérieuse, mais elle tombe devant cette considération que les poids atomiques de Berzelius sont appuyés sur la théorie des volumes. En reprenant les équivalents, c’est-à-dire les simples rapports pondéraux, on masquait les relations de volumes, on ne tenait nul compte des lois de Gay-Lussae. , Les objections de'Gmelin rallièrent un g-rand nombre de chimistes, et bientôt la notation en équivalents remplaça partout la notation atomique. Aujourd’hui encore elle réunit de nombreux adeptes, et cependant peu d’années après les critiques de Gmelin, il s’était levé un nouveau champion qui devait remettre en honneur la théorie atomif|ue.
Poids atomiques de Gerhardt.
La première critique que fit Gerhardt de la notation en éf(uivalents, ])orta sur la formule de l’eau et celle do l’acide carboni(pie. 11 n’exisle pas une récaction en chimie^ org’anic[ue où d s’élimine 110 ou CO"; d s éliminé toujours 2110 ou 2CO-; puisque la plus pelil(> (pinnlilé
— dOI
d’eau cfui s’élimine est 2HO cette quantité représente la molécule de l’eau, de même que 2C0‘^ représente la molécule de l’acide carbonique. — y ^ donc une erreur dans la fixation des nombres proportionnels du carbone et de l’oxyg’ène, et l’eau doit être bPO l’acide carbonique dans lesquels, a une valeurég*ale à 12^ Ô une valeur ég*ale à 16, H étant 1. Il revenait ainsi aux poids atomiques de Berzelius, en doublant les équivalents de l’oxyg^ène, du carbone, du soufre, du sélénium, pour en faire des poids atomiques.
Ces nouveaux poids atomiques étaient en rapport avec la loi des volumes de Gay-Lussac. Mais pour les métaux, Gerhardt adopta un autre point de vue.
Dans la notation en équivalents, le nombre proportionnel d’un métal était la quantité de ce métal qui se combine à 8 d’oxyg’ène pour donner un protoxyde^ le symbole O représentant 8, on calculait l’équivalent du métal de la formule MO.
Berzelius les rapportait à un poids 16 d’oxyg*ène (1) et calculait le poids atomique de la formule MG, G étant le symbole de l’oxyg'ène ég*al à 16.
Gerhardt, développant une vue de Laurent, compara tous les oxydes à l’eau, et déduisit leurs poids de la formule M^G. Le rapport étant le même que celui de MO, les poids atomiques des métaux donnés par Gerhardt se confondent avec les nombres proportionnels de la théorie des équivalents, et sont la moitié de ceiix qu’avait adoptés Berzelius.
(i) Noüs transformons ici, pour siiiiplirier, les rapports de BerzetillL Celui-ci prenait l’oxygène égal à 10!), et l’hydrogène égal à G,2S ; nous conservons le même rapport en prenant l'oxygène égal à 10 et l’hydrogène égal à 1. ■
1860. — Grimaux. 7
lll-i —
Ou il vil ])liis liaiil^ ])f)iir;jiioi Harzolius roprésentait certains eoi-ps par doux volimics de vapeur, et d’autres par (|uatre; il pensait (|iio les combinaisons se font jiar addition moléculaire. Gerhardtau contraire dit : «toutes les comliinaisous se fout par double décomposition ; » et alors il compara tous les corps sous le meme volume gvazeux ; il les rapporta à deux volumes de vapeur. 11 introduisit ainsi la notion de la molécule. 11 est inutile de répéter les arg’iiments doilnés précédemment, pour établir que la combinaison des corps simples se fait par double décomposition et non par juxtaposition. Ampère et Dumas avaient déjà run et l’autre énoncé cette vue; mais c’est Gerliardt qui l’a développée et qui l’a fait triompher.
Cependant Gerliardt allait trop loin en disant que toutes les réactions sont des doubles décompositions. 11 y a réellement des combinaisons par additions moléculaires.
En résumé, Gerliardt remit en honneur la loi des volumes : 1“ en doublant les équivalents du carbone, de l’oxyg’ène, du soufre, du sélénium, du tellure; 2® en rapportant les formules des composés volatils à un même volume; enfin il définit la molécule et la distingaia nettement de l’atome.
Cette notation régulière le conduisit, ainsi que Laurent, à la découverte de relations remarquables dans la composition des substances org^aniques :
Dans toute substance organique représentée par deux volumes de vapeur, la somme des coefficients des nombres proportionnels de ï hydrogène, de ï azote, du phosphore, de ï arsenic et des corps halogènes, est représentée qmr un nombre pair. C’est la loi des nombres pairs, à l’apinii de la-
: quelle Laurent et Gerliardt apportaient plus de deux cents combinaisons org’aiiiques dont la densité à l’état I de vapeur avait été déterminée avec précision. — Cette loi précieuse leur permit de corrig’er une foule de formules, car si la formule d’une substance carbonée ne présente pas les relations indiquées, entre la somme des coefficients d’iiydrog’ène, d’azote et de corps balog’ènes, etc., cette formule doit être soupçonnée d’inexactitude.
C’est de même à Gerbardt qu’on doit la distinction établie au premier chapitre entre les nombres proportionnels et les équivalents proprement dits.
L’adoption des idées de Gerbardt a remis en bonneur la théorie atomique.
Mais Gerbardt, entraîné par l’idée que tous les oxydes sont comparables à l’eau^ dédoublait tous les poids atomiques des métaux donnés par Bei’zélius. Il nég’lig’eait les ressources que donne la loi de Dulong’ et Petit.
Noimeaux poids atomicpuès.
C’est M. Reg’nault qui, par ses remarquables travaux sur les chaleurs spécifiques, proposa des poids atomiques, en rapport avec la loi de Dulong’ et Petit, et avec la loi qu’il découvrait lui-mêmç. Mais, ne se préoccupant nullement des théories atomiques, il les appela nombres proportionnels thermiques. En parlant des chaleurs spécifiques, nous avons déjà montré que les nombres proportionnels thermiques sont dans les mêmes rapports que les nouveaux poids atomiques. Il est donc inutile de revenir sur ce point.
M. Reg’nault ne réussit pas à faire adopter les nom-
l)res |>r()])(*rLioniicls llH;nniqu(*s, ei liii-inAine employa les anciens é(inivalents dans son Traité (k Chimie.
J.e système de poids atomiques aiijourd’liui adopté dilTèi-e de celui de (lei'liardt en ce (jne les poids de tous les métaux, autres (pie le sodium, 1(; potassium, l’aro'onl, sont doublés ; ils correspondent et aux poids de CCS métaux (|Li’avait adoptés Berzélius, et à ceux rpj’oii déduit de la loi de Du long* et Petit.
M. Cannizzaro, en 1857, proposa le premier de doubler les poids atomi([ues donnés aux métaux par Gerbardt : on a toujours, dit-il, Hg*- ou Zn- dans les formules de chimie org’anique, si l’on adopte les nombres proportionnels de Gerhardt. Puisque Hg’^ est la plus petite quantité de mercure qui puisse exister dans les molécules, le poids atomique du mercure doit être 200, et représenté par Hg. Déduit de la densité de vapeur du chlorure merciirique, le poids atomique du mercure doit être encore 200. Si Ton veut être fidèle à la théorie d’Ampère, la molécule du chlorure mercurique est Hg’-Cr- (Hg’ = 100). La plus petite quantité de mercure qui existe dans cette molécule est donc 2 fois 100.
La connaissance de nouveaux composés org’ano- métalliques volatils permit d’étahlir des poids moléculaires certains', et on en déduisit, en suivant la voie ouverte par M. Cannizzaro, les nouveaux poids atomiques des métaux qui, nous le savons, s’accordent avec la loi des chaleurs spécifiipies.
Mais de ces nouveaux poids alomif{ues, nacpiit la notion de ratomicité. Grâce aux travaux de ÎMM. Cannizzaro, Wurtz, Odling’, Kckulé, Williamson, furenteréées ces tbéoi'ies nouvelles de l’alomicité des éléments et de i’alomicilé des radicaux. Xous n’avons ('U à parler de
lOo —
l’aLomicilé (|ue coimnc consé({ucncc des nouveaux poids atomiques; nous n’avons donc pas à en faire T historique détaillé. Mais ce sont ces déductions orig’inales et inattendues qui donnent de' l’importance aux nouveaux poids atomiques adoptés aujourd’hui.
Puisque les équivalents de Wollaston, et les poids atomiques de Berzelius et de Gerhard t ont été combattus tour à tour, puisqu’ils n’ont pu se fixer définitivement dans la science, les nouveaux poids atomiques ont-ils plus de chance de durée?
N’est-il pas permis de prévoir qu’ils seront eux-mêmes bientôt remplacés? Alors, disent les partisans des équivalents, contentons-nous de simples rapports pondéraux, afin d’éviter ces mutations incessantes, ({ui embarrassent l’esprit .
Mais la science n’a pas pour but d’édifier un système artificiel où se classent les laits. Elle ne veut pas d’explications par à peu près^ des phénomènes. .
Elle va, cherchant la vérité, elle fait un pas en avant chaque fois qu’elle découvre une analogde nouvelle, une fonction encore inconnue, et la chimie tout entière doit porter l’empreinte de ces vérités péniblement con- (juises.
Les poids atomiques , actuels qui indiquent plus de rapports, qui rappellent plus d’analog*ies que les équivalents, leur sont donc préférables.
Après tout, ils ne sont pas aussi nouveaux i[u’on paraît le croire; ils datent de Berzelius, et ne sont que ceux proposés par ce diijniste, et modifiés en partie, pour les metti*e d’accord avec les lois découvertes dans la suite. Supprimez, en effet, du sv^stème de Berzelius
ridée (les alomes doul)les, pi*enez hi luoiLié du poids ([ii’il aUribuaii au potassium, au sodium, au litliiuin, au l)oi*e, et à l’arg’enl, et vous aurez les poids atomifjues aetuels (1).
Go fut doue à tort (|u’on s’éleva eontre les poids atomifpies deBerzelius; quel([ues années plus tard les travaux de M. Reg’iiault sur les ebaleurs spéeiliques, en meme temps (|ue les prog’rès de la ehimie org’aniqiie eussent eorrig’é ee ([u’ils avaient de défeetueux, et rendu eompte de ee qui paraissait obseur alors.
Pour qu’un autre système de poids atomiques remplaee eelui que nous adoptons, il faut que de nouvelles lois^ de nouveaux rapports soient découverts ; de plus, cet autre système ne devra masquer aucune des analog*ies qui ressortent des poids atomiques actuels. Jusque-là, ceux-ci doivent être g’énéralemen t employés, car ils sont l’expression des plus récentes conquêtes de la chimie.
(1) Excepté pour le silicium et le zirconium dont Berzelius n’avait pu déterminer exactement les rapports pondéraux.