‹ Erreur n'est pas compte ou Les inconvénients d'une ressemblance [microforme]Chapitre 3 sur 15 · SCENE 2e · texte numérisé non relu

SCENE 2e

BoNvaL, ELMIRE, (qui arrive en fredonnant) ELMIRE.

Cher papa, j'espère que vos viliines affaires vont vous laisser le loisir de me conduire chez madame Ducharme, ce soir ; vous savez comme son invitation a été pressante et comme elle serait chagrine de notre absence.

e BONVAL.

Oui, certainement. (à part) Son mari, qui n’a pas soldé ses intérêts, n’est pas précisément du même avis.

ELMIRE

Merci, cher petit père ; mais, au fait, ma toilette exige quelques petits achats, et si vous vouliez.

BONVAL

Allons, bon ! Il me semblait que cela commencerait par une saignée À mon pauvre gousset.….…. Voyons, que te manque-t-il encore ?

ELMIRE, Oh ! pas grand chose, BONVAT.

C’est bien ainsi que je l’entends, et j'espère que le superbe costume de bal dont tu fis tout récemment l’acquisition n’est pas déjà passé de mode,

* ELMIRE, (dédaigneusement.) Quoi ! Cette robe de grenadine rose que j'ai ache-

tée la semaine dernière pour la soirée de madame Beaumanoir ?

BONVAL

Oui, elle t’aliait à merveille ; tu la portes encore ce soir ?

* ELNIRE.

Ha ! Ha! Ha! Fi donc, cher vieux père ; je ne vous croyais pas aussi arriéré ! . Quoi, porter la

même toilette deux fois de suite, à huit jours d'intervalle ? Ha ! Ha! Ha ! Mais, vous plaisantez,

papa | … BONVAL.

Au contraire, je ne vois rien de plaisant en tout ceci...

ELMIRE

Qu'est-ce qu’on dirait de moi, je vous le demande, si j'arrivais à cette brillante soirée avec une toilette passée ?.…

BONVAL

Hum ! Une antiquité de huit jours! c’est du nouveau.

ELMIRE

Je vois d'ici les petits airs de dédain et le triomphe des demoiselle Courval, par exemple, avec leurs

magnifiques robes en moire antique, toutes flambantes neuves...

BONVAL

Oui, oui. C’est bien superbe ! Tes demoiselles Courval ont beau jeu à déployer leurs étoffes nouvelles ; mais leur coquin de père ferait bien micux de payer ses vicilles dettes.

encore

; je ne ter la rs d'inisantez,

en tout

mande, toilet-

est du

à triomce leurs lamban-

1oiselles cs nout bien

ELMIRE, (d'un air boudeur)

Eh ! qu'est-ce que cela me fuit, à moi, que monsieur Courval néglige ses créanciers ? Tant pis pour eux, ma foi !

BON VAL

Précisément, Tant pis pour eux ct tant pis pour leurs filles, lorsqu'elles veulent rivaliser avec les siennes.

ELMIRE

Est-ce que vous auriez prêté de l'argent à mon-

sieur Courval, par hasard ?

BON VAL

Malheureusement, oui.

ELMIRE

Et vous croyez qu'une pauvre jeune fille dont le père a eu cette complaisance, mérite l'humiliation de se voir éclipsée par les demoiselles Courval parce que monsieur Courval est mauvais paveur ?

BONVAL

Mais non, ce n'est pas cela...

ELMIRE, (pleuruichant)

Mis oui, c'est cela Vos débiteurs peuvent acheter des toilettes à leurs filles, maintenant, sans s'inquiéter des échéances, puisque c’est moi qui payo leurs dettes.

BONVAL

Alloës ! Allons ! Voilà 1 ça tourne à l'orage comme d'habitude....ÆEh ! bien, soit, Tu l'auras

cette toilette, puis qu’il le faut absolument,

ELMIRE, (joyeuse. )

‘Merci, cher bon papa; je savais bien que tu plaisantais.

BONVAL

C'est évident. (à part) Mille tonnerres! il est temps que tout cela finisse !

ELMIRE

Maintenant, puisque vous êtes en si belle humeur...

BONVAL

Jene vois pas où tu prends que je sois en bonne humeur !...Au contraire, je suis...

ELMIRE

Alors, calmons-nous an peu et parlons raison... BONVAL.

Est-ce que je déraisonne, par hasard ?

ELMIRE,

Oh non ; c'est plutôt moi qui radotte… (ja me fait tant de plaisir, voyez-vous, d'aller à cette soirée. (D'un air calin). Et puis, cher vicux père, tu sais combien je t’aime !.…

BONVAL

Oui, surtout la veille d’une soirée, friponne | Mais, voyons, il y a encore quelque chose là-dessous... :

C’est mon chignon, papa.

is en

A.scooe

ja me te soire, tu

bonne !

là-des-

BONVAL

Ton chignon | | ELMIRE.

Oui. Madame Durosier, ma coiffeuse, prétend qu'il ne convient plus du tout à mon âge...

BONVAL

I] faut qu'elle ait un furieux toupet, cette coiffeuse, pour soutenir une pareille énormité..….. Mais, tu ne l’as que depuis un mois, tout au plus !.….

ELMIRE

Songez donc, papa, qu'une jeune fille qui grandit.

BONVAL

N'a jamais assez de chignon n'estce pas ?... Eh bien, passe encore pour le chignon. Mais j'espère que c est tout.

ELMIRE. | l

I] le faut bien, puisque vous êtes de si mauvaise humeur. it

BONVAL

Moi de mauvaise humeur ! mais point du tout.

Je suis très-gai, au contraire... (à part) Oui, horriblement gai, sacr-r-risti !

ELMIRE

Alors, si cela vous fait plaisir, j'ai core...

BONVAL, ! ‘ ! 1} Comment ! tu n'as pas fini !... Mas, as-tu entre. pris de me ruiner,... de me...

ELMIRE, (pleurnichant)

Vous voyez bien que vous êtes fâché contre moi. Il en est toujours ainsi quand je me hasarde à vous demander quelque chose... Pourtant ça ne m'arrive pas si souvent !.….

BONVAL, (à part)

Bon, encore des larmes ! Ah, elle me fera mourrir, cette enfant-là, positivement ! (haut) Allons, allons ! Elmire, ne pleure pas comme cela... Qu'estce que tu voulais me demander ?... Voyons...

ELMIRE, (essuyant ses larmes)

Et vous promettez que je l’aurai ?

BONVAL, Peut-être ; mais sachons d’abord de quoi il s'agit, ELMIRE Eh bien ! il s'agit de mon collier de perles... BONVAL.

Ton collier de perles ? Celui que je t'ai acheté pour le dernier anniversaire de ta naissance ? ELNIRE.

Oui ; vous vous en rappelez ?

BONVAL

Parbleu, si je m'en rappelle ! Il m'a bien coûté assez cher. L'aurais-tu perdu ?...

ELMIRE

Oh non ; mais figurez-vous que cette insupportable grimacière, Malvina Beauteint, en a un sembla-

ble,

tre moi.

e à vous m'arrive

a Mour- Allons, . Qu'’est-

il s'agit, CS, LL)

i acheté ù ?

ien coûté

supportan sembla-

# BONVAL

Qu'est-ce que ça fait, cela ?

ELMIRE, Ca fait que je ne porterai plus le micn.

BONVAL, Tu ne porteras plus le tien !

ELMIRE

Non.

BONVAL, Alors, que veux-tu en faire ?

ELMIRE

Je veux l'échanger.

BONVAL, L'échanger ! et contre quoi ?

ELMIRE

Contre un autre avec des perles beaucoup plus grosses...

Oh! voilà qui est trop fort, par exemple !.….

Mais, pauvre enfant, tu veux done me dévaliser,.., m'assassiner,.., me...

ELMIRE, (boudant) Quand je le disais que vous étiez en colère.

BONVAL, (sans l'entendre ) Tu me prends done pour un millionnaire !

ELMIRE, (pleurnichant)

C'est juste, Je n'ai plus un mot à dire, Vous pouvez faire encore des avances à votre cher mon-

sieur Courval ; il sait en faire un bon usage, au moins, lui ; ses jeunes filles ont tout ce qu'elles désirent, tandis que moi, pour compenser ses emprunts, je suis privée du stricte nécessaire... Eh bien ! puisque c’est à mon sort, je vais m'y conformer rigoureusement ; vous n'aurez plus, désormais, à déplorer mes extravagances ;.. ma décision est prise;...je me retire complètement du monde, pour m'enfermer toute seule dans ma chimbre, comme une pauvre prisonnière ; et je ne mangerai rien du tout... et je pleurerai des journées entières ; et je me laisserai mourir de chagrin, et... quand je serai morte,…, eh bien ! .…. vous n'aurez plus de dépenses à faire pour votre pauvre petite fille.

BONVAL, (s’attendrissant)

Mon Dieu ! Elmire, calme-toi donc, je t'en pris. On l’échangera, ce vilain collier de perles, puisque tu y tiens tant.

ELMIRE, (oubliant son chagrin) Vrai ! Vous l’échangerez ?...

Je te le promets ; mais à condition que tu n’aies plus rien à me demander.

ELMIRE

Sois tranquille, cher papa, je ne te demanderai plus rien de la journée.

BONVAL

C’est bien le moins ! (à part) Décidément, il faut que tout cela finisse ! (Il sort)

re, au es dérunts, | puisrigouéplorer ..je me ler toure pri- .et je aisserai e,.…, ch re pour

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