‹ Erreur n'est pas compte, ou Les inconvénients d'une ressemblance; vaudeville en deux actesChapitre 8 sur 18 · GEORGES, ELMIRE · texte numérisé non relu

GEORGES, ELMIRE

GEORGES, —(à part) Tiens, ce n'est pas lui !

ELMIRE

Ah, vous voilà, enfin !

GEORGES, (à part.) Il parait que nous sommes en pays de connaissance. (Haut) Mais oui, Mademoiselle, me voici.

ELMIRE

Vous ne pouviez arriver plus à propos.

GEORGES

Vraiment ! (à part.) Où donc m'a-t-eîle connu, celle-là ?

ELMIRE

J 'ai eu fort à faire, allez.

GEORGES

J'en suis désolé, veuillez m'en croire.

ELMIRE

Oh, mais les choses ont bien tourné à la fin.

GEORGES

Alors j'en suis des plus charmés, (à part.) A quoi veut-elle en venir, définitivement ?

Tout s'est arrangé au gré de nos désirs.

GEORGES

C'est fort heureux ! (à part) Je veux qu'on me pende si je comprends quelque chose à tout ceci

ELMIRE

D'abord, il ne voulait pas entendre parler de notre union.

GEORGES

De notre union, dites-vous

ELMIRE

Oui. et sa première pensée a été de vous interdire la maison.

GEORGES, (à part)

Ah ça ! que me chante-t-elle donc celle-là

serais-je devenu le fiancé d'une inconnue et sans le savoir !

ELMIRE

Mais toute notre difficulté roulait sur un malentendu ; nous étions, l'un et l'autre, sous la plus étrange des méprises.

GEORGES, (à part.)

Je pense que la méprise se continue.

ELMIRE

Il vous prenait pour un autre.

GEORGES, (à part.) Ma foi, je ne sais pas s'il n'avait pas raison ; je commence, moi-même, à douter de mon identité.

ELMIRE

Ali! si vous aviez vu sa colère quand je lui ai dit que je n'en épouserais jamais un autre que vous.

GEORGES

Vous lui avez dit cela? (à part.) Au fait, elle commence à m' intéresser, cette enfant-là.

ELMIRE

Vous étiez, disait-il, un étourdi, un fainéant dont la seule préoccupation, dans le moment, était de mettre la main sur son argent

Georges, (à^part)

Ai ! Ai ! Il parait que le bon-homme a reçu de mes nouvelles !

ELMIRE, (riant)

Et, tout ce temps -là, figurez-vous que j'avais oublié de lui dire votre nom.

GEORGES, (à part) A la bonne heure ; cela me rassure un peu.

ELMIRE

Et quand je vous ai nommé.

GEORGES

Vous m'avez nommé !

Sans doute ; que vouliez-vous que je fisse ?

GEORGES

Mais comment avez -vous fait pour me nommer ?

ELMIRE

Il m'en a bien coûté, je vous assure ; mais, une fois la glace rompue, j'ai compris qu'il ne fallait plus reculer, et j'ai tout avoué.

GEORGES

Vous avez tout avoué !

ELMIRE

Oui, et lorsqu'il a appris qu'il s'agissait de vous, on ! alors sa colère a fait place à une joie immense... C'était précisément vous qu'il avait rêvé pour son gendre.

Georges (à part) Décidément, c'est elle qui rêve !

ELMIRE

Alors, comme vous le pensez bien, toutes les difficultés se sont aplanies et son consentement ne s'est pas fait attendre.

GEORGES

Mais comprenons-nous un peu s'il vous plait, mademoiselle. Etes vous bien sure que c'était de moi qu'il s'agissait?

En voila une question, par exemple; je crois vraiment, mon cher ami, que le bonheur vous fait déraisonner.

GEORGES, (à part)

Il y en a certainement un de nous deux qui déraisonne.

ELMIRE

Au reste, c'est tout naturel Quant à moi, je

suis presque folle de joie.

GEORGES, (à part)

Pourvu qu'elle n'ait que cette folie-là.

ELMIRE

- Maintenant que j'ai donné le premier assaut, vous ne devez plus hésiter à poursuivre J'attaque : mon père est sur le point de rentrer et je vo\is laisse à l'attendre Allons, bonne chance ! (elle sort.)

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