PRÉFACE
volume les modestes fondations de notre édifice d'apologétique.
La meilleure démonstration sera toujours le fait vrai, simple, présenté en pleine lumière aux hommes qui cherchent de bonne foi la vérité, cette vérité contre laquelle, depuis plus de trois siècles, il y a toute une vaste conspiration de mensonge organisée ! . . .
Ce n'est pas au hasard que nous avons commencé cette série de recherches et d'exhumations par les études que l'on va lire : nous avons cru devoir nous attaquer d'abord aux erreurs et aux mensonges historiques les plus malheureusement populaires dans toutes les classes de lecteurs, et qui de tous temps ont eu le triste pouvoir de passionner; car le poëte l'a dit, et il n'eut jamais plus raison :
L'homme est de glace aux vérités.
Il est de feu pour le mensonge.
et nous avons cherché nos preuves dans les auteurs où d'ordinaire on songeait le moins à les trouver : les protestants, les philosophes et même les athées !
Voilà donc quels vengeurs s'arment pour ta défense,
sainte et auguste vérité!...
Ainsi, le mensonge de la papesse Jeanne était ruiné depuis longtemps par des hommes tels que Bayle, Jurieu, Basnage, alors que les catholiques
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y croyaient encore, — jouets d'une illusion que rien n'explique et n'excuse !
Et Ylnquisition, ce fantôme sanglant, tombe devant l'argumentation des ennemis de l'Église eux-mêmes.
Que dire de Galilée, martyr de l'Inquisition? Galilée qui lui-même, dans une longue et intime correspondance, se loue de la sagesse, de la bonté de ses juges, qu'on nous représente comme si terribles !
Dans ces recherches nous ne pouvions oublier notre histoire nationale; voilà pourquoi les rois dits fainéants se sont d'abord offerts à nous, et les mensonges accumulés à plaisir sur le compte de ces monarques méconnus se sont dissipés au souffle puissant de la vraie critique.
Et cette usurpation de Hugues Capet, si amèrement reprochée au roi martyr et jetée à toute heure à son oreille comme une sanglante injure, il ne nous a pas été difficile d'en faire justice, comme on s'en convaincra facilement.
Qui n'eût hésité à inscrire dans ces pages le terrible souvenir de la S aiîit- Barthélémy! Peut-on espérer convaincre le public de la grossièreté d'un tel mensonge, oui un mensonge; car, l'on a osé dire et l'on répète que les protestants ont été frappés par l'Église, — l'Église, qui non-seulement