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nucléés. Cette polyglobulie paraît donc étre le résultat de l'entrée en circulation de macrocytes imparfaitement imprégnés d’hémoglobine.
L'apparition dans le sang de ces formes jeunes d’hématies, conduit donc à admettre comme mécanisme de Ja polyglobulie des altitudes une hyperactivité des tissus hématopoïétiques qui libèrent plus rapidement dans le torrent circulatoire des hématies non encore arrivées à maturité.
La moëlle osseuse des sujets vivant à haute altitude a été étudiée dès 1904 par FOA (27) et 1906 par ZUNTZ, LOEWY, MULLER, et GASPERI (82). Ces .travaux ont été souvent repris depuis, en particulier, en 1949, par C. F. MERINO et C. REYNAFARGE (59). On constate, du point de vue macroscopique, une hyperhémie., L'examen histologique montre une hyperplasie normoblastique, sans modification des myélocytes. Ceci manifeste une hyperactivité médullaire érythro-cytopoiétique. |
En outre, il est possible qu’il existe un retour à l’activité de foyers hématopoiétiques embryonnairess, comme le tissu splénique.
B. Mécanisme de la polyglobulie d'adaptätion
Par quel processus l’anoxie chronique est-elle capable de susciter lhyperactivité des organes hématopoïétiques ? La question est mal connue et par certains côtés reste encore du domaine de l'hypothèse.
Le premier point consiste à déterminer par quelle modification humorale sanguine agit le déficit en oxygène.
En 1933, W. HEIMANN ((38) admet une action secondaire par intermédiaire du déséquilibre acido-basique du sang.
Mais en 1945, G. OUJANSKY (65) réalise des expériences extrêmement intéressantes. Des rats normaux sont mis en parabiose avec des rats dont l'hématopoièse a été activée par un séjour prolongé en dépression baromètrique. Or, chez le partenaire normal, on constate une hypo-globulie marquée, due à une destruction intensifiée des hématies. De ces faits, l’auteur déduit que la plupart des facteurs stimulant l’érythropoïèse exercent leur action indirectement par activation de la destruction des hématies, et que ce sont vraisemblablement les produits mêmes de cette destruction qui constituent les principaux facteurs sümulant lérythropoïèse. Il est intéressant de rapprocher ces expériences de OUJANSKY de celles de J. MALMEJAC, S. CRUCK et G. NEVERRE (1947) (50). Comme nous l’avons vu, ces auteurs ont montré que, chez le chien, l'anoxie est capable de provoquer une destruction d’hématies entraîinant une hémolyse, et parfois même, une hémogiobinurie importante.
Quoiqu'il en soit, en ce qui concerne le mode de liaison entre les facteurs polyglobulisants sanguins et les organes hématopoïétiques, plusieurs mécanismes peuvent être envisagés.
Cn peut d’abord admettre une action directe de l’anoxémie sur ces organes. Cette hypothèse a toujours paru peu vraissemblable. Et d'ailleurs, en 1948, À. ROSIN et M. RACHMILEWITZ (70), étudiant l’action directe de l'oxygène sanguin sur des fragments exportés de moelle osseuse, ont constaté que lPanoxémie entraîne une diminution
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du rythme de maturation et de multiplication des cellules souches. |
Dans ces conditions, on doit penser à une action sur des centres nerveux de l’hématopoïëse, ou sur des glandes endocrines règlant cette foncetion. On tend de plus en plus à admettre aujourd'hui une régulation nerveuse et endocrinienne de l’hématopoïèse par des centres diencéphalo-hypo” physaires.
Divers arguments, cliniques et expérimentaux, plaident en faveur de Pexistence de ces’ processus.
1°. — Mécanismes endocriniens. — Durant ces dernières années divers travaux ont mis Faccent sur le rôle de lhypophyse dans la régulation de l'hématopoiïèse.
Du point de vue clinique, SCHNAPPER (1937) (75), QUERIDO et CVERBECK (1938) (67) avaient constaté l’existence d’anémies graves au cours de syndrômes d’hypofonctionnement hypophysaire. Inversement, chez des sujets atteints de syndrômes hyperérvthrémiques, GUILLAIN, LECHELLE et GARCIN (1931) (33), STOVE (1942) (81), HERZ (1926) (40) et GUNTHER {1929) (35, 36) ont mis en évidence la co-existence d’un hyperfonctionnement hypophysaire, se manifestant, parfois, simplement par un trouble des épreuves fonctionnelles comme celles de lhyper-glycémie provoquée (HAYNAL, GRAF et MATSCH, 1949) (37), parfois même, par des signes cliniques (acromévalie, gigantisme, maladie de Cushing).
Les résultats expérimentaux concordent avec ces données cliniques. ARVY, GABE et STUTINS- KY (1948) (4), chez le rat blanc, constatent, après
hypophysectomie, une anémie avec hypoplasie médullaire globale, atrophie splénique, et enfin augmentation de la sidérose. En revanche, BER- TELLI, FALTA et SCHWEEGER (1910): (12) ob:
tiennent chez le chien une polyglobulie par administration d'extraits hypophysaires.
Tous ces résultats convergent donc pour montrer que certains produits de sécrétion de la glande pituitaire sont capables d’exciter lhématopoièse. Or, on sait actuellement que le déficit en oxygène excite la sécrétion hypophysaire. En effet, au cours de l’anoxie, le lobe antérieur de l'hypophyse présente une diminution du nombre des éosinophiles et une augmentation de celui des chromophobes (H. SCHUBOTHE, (1940) (77), G.R. POMERAT et J.M. HORVATH (1942) (66). Chez le cobaye mort en anoxie, l'aspect général chromophobe, l'intensité des processus d’hémocrinie et de neurocrinie laissent penser que lPhypophyse est passée par une phase de sécrétion très active (R. GRAND-PIERRE et P. GROGNOT, (1945) (31).
Il est donc plausible d'admettre qu’une hypersécrétion hypophysaire entre en jeu parmi les mé- Canismes par Jesquels l’anoxie excite l’hématopoïèse.
On sait enfin que l'anoxie augmente l’activité sécrétoire de la médullo-surrénale. L’adrénaline ainsi hypersécrétée excite l’'ante-hypophyse, en ce qui concerne, en particulier, la production des cortico-stimulines (J. MALMEJAC et A. GROSS, 1950, (55).
2°. — Mécanismes nerveux. — GUNTHER (1929) (35, 36) émet l'hypothèse d’un centre cérébral régulateur de l’'hématopoïèse. NATHAN
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(1931) (64) pense qu’il existe plutôt dans le diencéphale, ROSENOW, HOFF et KEN RURE (69) localisent un centre hémorégulateur près du tuber cinéreum. L’excitation de cette région a permis à AGOSTINI (1) de provoquer une crise réticulocytaire sanguine, Pour BEER et BOHM (10) ces centres agiraient, d'ailleurs, par l’intermédiaire de facteurs humoraux. Ils sont susceptibles d’ête excités par l’anoxie (HEIMANN, 1933) (38). Enfin, l'existence probable de ces mécanismes neuro-endocriniens n'exclut pas celle possible d’autres processus, telle la diminution du rôle freinateur de la rate sur Fhématopoïèse,
I1°. — SEUIL D’APPARITION DE LA POLYGLCBULIE D’ADAPTATION MODALITES DE SA DISPARITON
La question a été posée de savoir à partir de quelle altitude la polyglobulie apparaît dans le sang. En réalité la fixation d’un tel seuil est difficile étant donné la multiplicité et la complexité des facteurs intervenant.
Dans le déterminisme de l'état d’anoxie, deux éléments doivent être pris en considération : le déficit de l'apport oxygéné, conditionné par l’altitude et la dépression barométrique ; la consommation d'oxygène par l’activité organique. Or, ce dernier élément est essentiellement variable. Il est chez chaque sujet deux groupes de facteurs : les uns sont inhérents à la constitution propre de chaque individu : activité métabolique de base placée
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sous la dépendance du système endocrinien, en particulier de la thyroïde; facilité d’ absorption et d'utilisation de l'oxygène; capacité respiratoire et faculté d’adaption de la ventilation pulmonaire et du système cardio-vasculaire. D’autres facteurs, dépendant des conditions de vie, sont toutes les causes capables d'accroître le métabolisme, telle l’activité physique ou intellectuelle, la digestion, le froid, etc. Nous avons vu (p. 26) une observation de MERCIER (1891) dans laquelle l’intensité d'une polyglobulie d'adaptation varie avec l’activité physique du sujet. On s'explique ainsi la dispârité des premiers travaux effectués sur cette question et les résultats si différents obtenus par les divers auteurs faisant pourtant leurs observations à des altitudes identiques.
Néanmoins, on peut en moyenne fixer ce seuil entre 2.000 m. et 3.066 m. C’est à cette même altitude que lon peut voir apparaître les signes d’anoxie tissulaire (polypnée, tachycardie, hypertension, désiquilibre acido-basique du sang). En outre, c'est à partir de 3.000 m. que, dans l'air: 41véolaire, la tension partielle de l’oxygène tombe au dessous de 60 mm.Hg et que, d’après la courbe de dissociation de l’oxyvhémoglobine de BAR- CROFT la saturation en oxygène de l’hémoglobine diminue rapidement.
La
H est également difficile de préciser le temps minimum de séjour en altitude nécessaire à Papparition de la polyglobulie.
Les numérations globulaires ne peuvent pas donner de résultats très nets, en raison de la chas-
se splénique qui se produit au début de l’anoxie et que nous étudierons au chapitre suivant.
Les examens de moelle osseuse pratiqués sur des animaux mettent en évidence, avec plus de précision, les premiers signes d’hyper-activité hématopoïètique. FOA (1904) (27) les a observés à partir du huitième jour, seulement.
On peut supposer, d’ailleurs, que les’ processus hyperglobulisants peuvent entrer en jeu dès le début de l'anoxie, mais qu'il faut un certain temps pour que laccroissement du nombre des hématies soit suffisamment important pour être accessible à nos moyens d'investigation.
La disparition de la polyglobulie d’adaptation, après le retour en basse altitude, a lieu en général spontanément. -
Les premiers auteurs l'avaient crue extrêmement rapide. FOA (1904 cite un temps de 36 heures. Mais il s'agissait là, sans doute, d’une simple polyglobulie par chasse splénique. En réalité, le retour à la normale est plus lent. Le nombre des hématies baisse rapidement pendant les premiers jours, puis le rythme de cette baisse diminue. Pendant assez longtemps, il subsiste dans le sang un nombre de globules rouges supérieur à la normale. (MCONGE, 1929) (61). La disparition de la polyglobulie est le fait d’une destrucion accélérée des hématies comme le montre les signes d’hémolyse sanguine (augmentation de la bilirubinémie indirecte par la réaction de HYMANS-VAN-DEN- BERH) (MONGE).
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Maïs la rate peut aussi intervenir en augmentant sa capacité de « stockage » des hématies. Ceci permettrait une réadaptation plus rapide à
une nouvelle anoxie, comme on a pu d’ailleurs le constater.