‹ Esclavage et traite: (volume 2)Chapitre 3 sur 24 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

Il né faut pas qu'on dise d'elle : « Elle n*a engendre que des négations. La chambre des députés a refUsé les chemins de fer au gouvernement; la chambre des paird et le gouvernement ont refusé la conversion des rentes^ à la chambre des députés. Voilà le produit net de la session de i838. » Et pour l'empêcher , il y a encore un moyen , un moyen puissant. Un grand acte peut encore être , sinon accomplidanssesdétails, du moins préparé en principe par cette session. Elle peut léguer à celle qui la suivra une pensée sérieuse. Elle peut léguer au ministère un grave devoir à remplir dans l'intervalle. Il suffit pour cela, que la commission chargée d'examiner la question de l'affranchissement, porte à la tribune des conclusions positives; et qu'elle mette ainsi le cabinet en demeure de recueillir les documents néces^ires , et de se tenir prêt, ou à accepter , Tannée prochaine , un projet de loi sorti de l'initiative parlementaire , ou à lui en substituer un aùtre,au nom de la couronne.

Un second motif, d'un ordre plus élevé ,

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doit i^éanir aut}our de la proposition pour l'a* bolttion de l'esclavage, tes effort» empreMëgde toys les hommes qui aiment leur pays.

Ne nous le dissimulons pas. Nous assistons aijjourd'hui au spectacle le plus triste, le plus propre à porter le découragement dans les esprits honnêtes; au spectacle de la décomposition des partis. Après les nobles luttes de la restauration ; après les luttes non moins honorables, qui ont marqué rétablissement da lamcHsarchie de i83o, nous en sommes venus à ce moment , où tes raisons de oomhattre ont disparu pour tput le monde; où tout le monde a profité d'une expérience chè^ rement achetée; où , à l'exception d'un petit nombre d'hommes trop compropiis pour re* culer , tout le monde se rallie à petit bruit aux principes fondamentaux de notre gouverne*^ ment; où tout le monde professe les mêmes doctrines , et porterait au pouvoir les mêmes principes , sinon , la même sagesse et la même fermeté.

Ce n'est pas le fait de ce rapprochement que

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je déplore /sans doute ; c'est la manière dont il s'accomplit. Les partis qui n'existent plus, se fractionnent en coteries ; les questions de système se rapetissent à la taille de questions de portefeuilles; les débats sont remplacés par les intrigues ; la tribune est désertée pour les couloirs; tout s'amoindrit, tout s'abaisse; la foi aux hommes et la foi aux principes , s'effacent en même temps.

Je ne crains pas de le dire ; il aurait pu en être autrement. Plus de dignité et plus de franchise auraient pu présider à l'abandon des vieilles querelles; et des différences assez profondes divisent encore aujourd'hui les hommes politiques, pour qu'ils eussent pu garder leur position, et défendre leur nuance, comme ils défendaient autrefois leur couleur, avec leurs amis et sous leur drapeau.

Mais, en fait, la confusion est complète.

Qu'elle provienne de la faiblesse des hommes, ou de la force des événements; qu'elle soit durable ou momentanée; elle frappe tous les regards; et (chose remarquable), elle produit

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llnquiétadc, au lieu d'amener la sécurité.

Elle aigrit ceux qu'elle rapproche. Elle sépare les anciens amis, sans réuùir les an* ciens adversaires. C'est en multipliant les petites divisions, qu'elle fait taire les grandes. On sent que c'est là une fausse paix. On cache ses armes ; mais on se garderait bien de les poser. On se dit tout bas que jamais l'ordre social n'a été plus compromis, que depuis qu'aucun péril apparent ne le menace.

C'est qu'en effet , un mal grave mineaujourd'faui notre société, et fixe seul l'attention publique. Comment s'occuper de carlistes ou de républicains , quand on voit un parti, bien plus redoutable, celui des roués, marcher à la destruction de toutes les croyances, au renversement de toutes les barrières morales?

Comment ne pas oublier ses autres ennemis , en présence de celui-là ? Comment ne pas sentir , qu'au fond, on a plus d'affinité et de sympathie pour tel adversaire , que pour tel allié politique? Gomment ne pas comprendre, que lesroliés, qui ont amené la confusion déplo-'

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rable où nous vivons, en profitent pour s^or-* ganiser ; et qu'il est tempd que les gens de bien en profitent aussi» pour s'organiser à leur tour? Gomment ne pas ccnnprendre c^, de oe honteux désordre, il fie peut sortir qu'une unité sérieuse et utile, Tasâociatioii des Ikkdh nètes gens ?

Ainsi I les divisions deia partis vont âe trans^ former .Les luttes politiques Sont suspeddiies^ au profit d'une nouvelle lutte, plus acharnée^ et qui n*aura pas de trêves, la lutte entre les principes moraux et l'habileté érigée en principe. Le temps vient, où nous nous sentirons moins séparés parles questions de gouverne-* ment» que par les questions dé lilorale. Le temps vient ^ où, après avoir diioandé à un homme, s'il pense comme nous sur la liberté de la presse et la loi électorale } nous lui de-* manderons aussi, s'il pense avec nous» que, pour atteindre un but hôQotabto> un gôuver* nement ne peut employer ni de nkauvais moyens, ni de malhonnêtes^ getis; et ou sa se* conde réponse le classera plu» réellement ^ue la première*

,AVA>'TPBOl»OS. IV

Mais j pour opérer cette classification , il est nécessaire de sortir au plus vite du cercle étroit où se meuvent, depuis longtemps, les débats parlementaires. Dans les questions qui se discutent chaque jour, les vieilles distinctions de partis prévaudront longtemps encore ; il est diflBcile qu'elles ofirent un point de ral^ Jieinent aux Iiommes honnêtes de tous les bf^nçs* Il en serait de même de toutes les questions qui pourraient devenir des questions ministérielles.

Celle que M. Passy a posée est, au coq traire, admirablement propre à commencer l'organisation d'un parti nouveau, dont tous les membres ont besoin de se rencontrer plusieurs fois dans les mêmes votes , pour prendre l'habitude de se chercher, de s'entendre; et pour établir entre eux cette confraternité, qui, sans empêcher la franche manifestation de leurs dissidences politiques, les réunira toujours contre l'ennemi commun.

C'est uneraison bien puissante de provoquer sur-le-champ un débat, où les intérêts de la

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