‹ Esclaves, serfs et mainmortables (volume 2)Chapitre 13 sur 87 · Levit., XXV · texte numérisé non relu

Levit., XXV

34 ESCLAVES, SEEES, MAINMOE T AB LES.

lés, il devait être rendu à la liberté, à moins que, en la refusant, il se condamnât volontairement à une servitude perpétuelle. L’esclave étranger pouvait être conservé même au delà de ce terme, mais une loi protectrice veillait sur sa personne. Le maître qui l’eût tué aurait été puni de mort : une blessure, même légère, reçue de son maître, le rendait libre. Il pouvait se marier, fonder une famille et personne n’avait le droit de la détruire en séparant le mari de sa femme, le père et la mère de leurs enfants. Si une jeune fille esclave venait à toucher le cœur du maître, ce n’était pas comme concubine, mais avec le titre d’épouse qu’elle devait entrer dans sa couche. Le septième jour de chaque semaine, l’esclave se reposait. Les jours de fête, il devait, en vertu d’une prescription de la loi, s’asseoir au banquet à côté de son maître (1).

Ken du à la liberté, l’esclave ne devait pas sortir de la servitude les mains vides ; la loi ordonnait à son maître de lui donner des bestiaux, du blé, des fruits : Souviens-toi, disait la loi, que tu as été

toi-même esclave en Égypte, et que le Seigneur ton Dieu t’a délivré. ^ Trois fois la loi rappelle au maître cette antique servitude d’Egypte, dont le souvenir doit attendrir son cœur et rincliner vers ses propres

1. Exode, XX, 16 ; XXI, 3, 4, 20, 27 ; Deutér., XII, 18 ; XVI, 14 ; XXI 11-13.

l’esclavage cpiez les juifs.

esclaves (1) : il semble que Dieu ait voulu faire passer d’abord son peuple par l’état d’esclave, afin de lui donner, sur cette question de l’esclavage, des pensées et des sentiments différents de ceux des autres nations.

Quelle délicatesse dans cette prescription du Deutéronome j dont on ne trouverait l’équivalent dans aucune loi des pays antiques ou modernes où a régné l’esclavage : Vous ne livrerez pas à son maître

l’esclave qui s’est réfugié près de vous, mais il habitera avec vous dans le lieu qui lui aura plu, il se reposera dans une de vos villes : ne l’affligez pas (2) ! 5) Sans doute, à côté de ces miséricordieuses paroles, il serait facile de montrer encore dans la loi quelques restes de la rigueur antique : plusieurs choses y sont écrites, dit l’Évangile, à causo de la dureté de cœur de ceux à qui s’adressait le législateur, ad duritiam cor dis vestri scripsit prœceptum istud (3). C’est ainsi qu’après avoir dit que le maître qui aura fait périr son esclave est coupable d’un crime. Moïse ajoute : “ Si cependant l’esclave a survécu un jour ou deux aux mauvais traitements, le maître ne sera pas puni, parce qu’il est sa pro-

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