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Traite' de la mainmorte, p

l'abbé de Vélard, clianoine de Bourges, à l'assemblée provinciale du Berry, et concluant à la suppression de toutes les communautés taisibles, et à de nombreuses restrictions pour les communautés constituées par convention expresse.

D'après le rapporteur, l'union véritable, l'esprit de désintéressement personnel, l'oubli de soi-même dans l'intérêt de tous, vertus bien hautes pour des associations d'ordre purement temporel, ne régnaient que fort imparfaitement dans ces petites sociétés, où chacun s'occupait de grossir secrètement son pécule et se souciait peu de l'accroissement du fonds commun. Les forts, les industrieux se fatiguaient vite de travailler pour les faibles et les fainéants : ceux-ci, au contraire, s'accoutumaient à se laisser nourrir par leurs compagnons. De là des divisions, le découragement, bientôt la ruine. Ajoutons que, au témoignage de Dunod, les gendres ou les brus que le mariage faisait entrer dans la communauté s'y plaisaient rarement, et y étaient souvent regardés de mauvais œil. Enfin, l'hygiène et la morale avaient fréquemment à souffrir de l'agglomération de plusieurs ménages sous un même toit, quelquefois dans une seule pièce. D'après l'abbé de Vélard, l'habitude de la vie commune favorise « celle des mariages prématurés, qui est une des principales causes de la faiblesse et de la paresse des femmes, et contribue beaucoup à la dégradation de l'espèce humaine en

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Berry (1). v Bien avant cette époque, l'intendant du Berrj signalait le désordre produit dans l'élection d'Issoudun par les communautés rurales : la même métairie renfermait quelquefois, dit-il, jusqu'à vingt ou trente familles, et les mœurs étaient gravement altérées par cette périlleuse proximité.

Il faut, cependant, qu'à côté de ces inconvénients trop réels, les communautés aient eu de sérieux avantages, car elles avaient jeté, en certaines provinces, d'assez profondes racines pour que, même après la Révolution, on en rencontre encore la trace, malgré l'abrogation des sociétés tacites prononcée par l'art. 1834 du Code civil. M. Dupin a visité un coin du Nivernais, une communauté rurale fonctionnant encore comme au temps où écrivait Coquille, et procurant aux membres de l'association le même bienêtre, les mêmes satisfactions matérielles et morales (2). Un arrêt de la cour de Bourges, du 6 mars 1832, trouva moyen d'écarter une demande en partage dont cette société était menacée, et de maintenir pour quelque temps encore ce vénérable débris de l'ancienne France (3). Il existe en Bre-

1. Cité par Léonce de Lavergïîe, Les Assemblées iJrovinciales en France sous le règne de Louis XVI, dans la Revue des Deux Mondes, 15 juiUet 1861, p. 409.

2. Dupin, Excursion dans la Nièvre ; visite à la communauté' des^ Jault, Paris, 1840, p. 5 et suiv.

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