‹ Esclaves, serfs et mainmortablesChapitre 13 sur 111 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Avant de dire ce qu'était l'esclavage dans le monde romain, nous voulons jeter un dernier regard sur l'Orient. Quand Hérodote nous montre le travail partout méprisé, le travailleur partout rejeté dans la classe la plus infime de la population, il se trompe : il y avait une exception, et cette exception, il ne l'a pas aperçue. Un peuple privilégié avait été choisi d'en haut pour conserver, dans le monde envahi par l'idolâtrie, l'idée de Tunité divine et l'espérance d'un Messie réparateur : mais, ce qu'on n'a pas assez remarqué, le peuple juif semble avoir reçu une autre mission encore, celle de maintenir intacts,

en face du préjugé antique, les droits du travail libre.

Loin de mépriser le travail, le peuple juif le tenait en grand honneur. Il lisait dans le plus ancien de ses livres saints l'origine même de la loi du travail, et il la voyait sans cesse rappelée dans les Écritures inspirées de Dieu. Il chantait avec le Psalmiste : « Parce que tu auras mangé le fruit du travail de tes mains, tu seras heureux, et tu prospéreras (1). n II trouvait dans sa loi même le précepte d'être juste et bon pour le mercenaire : « Tu lui paieras tous les jours le prix de son travail avant le coucher du soleil, car il est pauvre, et n'a que cela pour soutenir sa vie : sinon, il criera contre toi vers le Seigneur, et sa détresse te sera imputée à péché (2). »

L'esclavage existait chez ce peuple, comme chez les patriarches, ses ancêtres, mais adouci, tempéré, et fort différent de ce qu'il était dans les autres nations antiques. Un Juif ne pouvait être l'esclave d'un autre Juif que pendant sept ans, et même alors il était défendu « de le tenir en servitude comme un esclave ; on devait le considérer comme un mercenaire et un colon (3). jj Les sept ans écou-

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