‹ Esclaves, serfs et mainmortablesChapitre 37 sur 111 · LA SOCIETE CHRETIENNE · texte numérisé non relu

LA SOCIETE CHRETIENNE

L'Eglise commença par donner l'exemple, en montrant que si, dans la société civile, les inégalités créées par l'esclavage existaient encore, on ne les comptait pour rien dans la société religieuse. Elle appela les esclaves aux sacrements, au sacerdoce, à la sépulture chrétienne, en même temps et au même titre que leurs maîtres.

« Nous avons tous été baptisés en un seul Esprit, dit saint Paul, et formés en un seul corps, Juifs et Gentils, esclaves et libres (1). >? L'Eglise se réjouissait de voir les hommes libres et les esclaves descendre confondus dans la piscine baptismale, et en sortir ensemble revêtus de la robe blanche des enfants de Dieu. Considérant le maître chrétien comme ayant charge d'âme, elle lui avait demandé d'abord si son serviteur était digTie du baptême : cet acte de prudence accompli, elle n'avait plus mis aucune différence entre eux. La parole sainte leur était également adressée : quand on parcourt les premiers monuments de la prédication chrétienne, on j découvre toujours quelque mot simple et tendre spécialement destiné aux esclaves. Les catéchistes et les docteurs s'efforcent, dit Origène, « de leur montrer comment ils peuvent, par la religion, prendi^e une âme d'hommes libres. „ Lisez saint Cyrille de Jérusalem, saint Grégoire de Nazianze, saint Jean Chrysostome, vous

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