‹ Esope a la cour, comedie heroique, en cinq actes, en versChapitre 15 sur 118 · II ÉSOPE A LA CQUR · texte numérisé non relu

II ÉSOPE A LA CQUR

Mais ce n’cst pas là ce qu’il cherche i N’ayant pas si matin l’appetit bien ouvert »

Et ne voyant Truite , ni Perche ,

Il ne fit pas semblant d’avoir rien d«lcouvert.

Sept heures sonnent, huit, et son appétit s’ouvre: Alors dans la rivicre il fait divers plongeons»

Et pour tout bien il ne découvre Qu’une Écrivisse et deux Goujons.

Pour un oiseau si vain , une si mince proie ,

Loin de le contenter , redoubla son dédain.

Cependant le tems passe et durant qu’il tournoie L’exercice augmente sa faim.

Qui le croiroit? le Héron difficile ,

Qui méprisa tant de si beau Poisson,

Sur le midi , fatigué , las , débile ,

Fut bien heureux d’avoir un Limaçon.

Du Héron dédaigneux la peinture naïve Ne nous expose rien qui tous les jours n’arrive. ï)es amans les mieux faits et les plus vcit'icux Une fille à seize ans souffre à peine les veeux ;

Son orgueil en rebute autant qu’il s’en présente , Et tout luiparoît bon quand clic en a quarante. Sans faire des amans un si long examen ,

11 faut aller au but, et le but est l’Hymen.

L’âge que vous avez est le tems ou l’on charme : Pensez-y.

Franchement , votre Héron m’alarme t Et mon coeur inquiet, depuis cette leçon ,

COMÉDIE Héroïque. %i

A ptur d’être réduit au sort du Limaçon.

Plus j’entens vos raisons , plus je les trouve bonnes.

Il est beau de donner des appuis aux Couronnes.

Je suivrai vos avis.

Le plutôt vaut le mieux :

Une plante stérile est maudite des Pieux.

Qu’est-ce qu’une Princesse et vertueuse et belle Peut faire de meilleur qu’une fille comme elle.

Qui suive son exemple et qui puisse , à son tour , Pour un futur Monarque, en mettre une autre au jour . On ne peut du beau tems faire un trop bon usage.

A R s IK o

Je ne l’écoute pas *, elle est folle.

Esope.

Elle est sage ,

Et raisonne si bien sur ce que nous disons Que j’entre avec plaisir dans toutes.ses raisons. Quand pour faire des Rois le Ciel veut que l’on vive. C’est offenser les Dieux de demeurer oisive ;

Et chacun dans l’automne a des remords cuisans D’avoir en bagatelle employé le printems.

Pardon i j’ai le malheur d’être un peu trop sincère.

Est-il une vertu qui soit plus nécessaire ?

Plût au Ciel qu’à la Cour chacun vous ressemblât,

Et que ce fût ainsi que le monde y parlât 1 Je vous trouve si juste en tout ce que vous faites ( Vertu sublime et rare en la place où vous êtes)

Que pour vous faire voir quelle foi j’ai pour vous

Je vous laisse le soin de choisir mon époux.

A ce que vous ferez je suis prête à souscrire.

Apres cette assurance , adieu ; je me retire.

Songez à votre l'abie en faisant un tel choix.l

Ésope.

Oui f Madame ; et de plus à ce que je vous dois.

L ▲ ï s > à Esope.

Comme il s'en faut beaucoup que je ne sois si belle , Aussi ne suis-je pas si difficile qu’elle.

£n lui cherchant son fait si vous trouviez le mien »

Vous n’obligeriez pas un ingrate.

Fort bien.

( Arsinoé et Laïs^ sortent. )

S,,, r T— :r ■ jrirrs a

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