LA COLOMBE ET LA FOÜRML
La Colombe qui s’éfayoit ,
Au bord d’une fontaine , où l’onde étoit fort bcUti'
Vit se démener auprès d’elle Une Fourmi qui se noyoit.
Sensible à son malheur , mais encor plus active A lui prêter secours par quelque prompt moyen »
Elle cueille un brin d'herbe , et l’ajuste si bien Que la Fourmi l’attrape ce regagne la rive.
Quand elle fat hors de danger «
Sur le mur le plus près la Colombe s’envole.
Un Manant à pieds nuds , qui la voit s’y ranger »
Fait d’abord vau de la mangez ,
Et ne croit pas son vau frivole.
Assuré de l’arc qu’il portoit *
De sa flèche la plus fidelle II alloitlui donner une atteinte mortelle ;
Mais la Fourmi , qui le giveuott • .i;'
tt ÉSOPE A LA COUR,
Voyant sa bienfaitrice en cet état réduite ,
Le mord si rudement au pié ,
Que SC croyant estropié ,
Il fait un si grand bruit <juc l’oiseau prend la fuite»
Var la foiblc Fourmi ce service rendu A la Colombe bienfaisante
Est une preuve suffisante
Qu’un bienfait n’est jamais perdu.
Il est vrai qu’un bienfait n’est jamais sans salaire , N’eût-on que le plaisir que l’on goûte à le faire. ^ Épouse de Crésus que mon sort sera doux , Pouvant faire du bien, de commencer par vous . Je viens exprès ici vous le dire moi-meme.
Demain, associée à son pouvoir suprême.
Comme de votre bien uscxdc mon crédit.
( Elle sort. )