‹ Esope a la cour, comedie heroique, en cinq actes, en versChapitre 44 sur 118 · LA COLOMBE ET LA FOÜRML · texte numérisé non relu

LA COLOMBE ET LA FOÜRML

La Colombe qui s’éfayoit ,

Au bord d’une fontaine , où l’onde étoit fort bcUti'

Vit se démener auprès d’elle Une Fourmi qui se noyoit.

Sensible à son malheur , mais encor plus active A lui prêter secours par quelque prompt moyen »

Elle cueille un brin d'herbe , et l’ajuste si bien Que la Fourmi l’attrape ce regagne la rive.

Quand elle fat hors de danger «

Sur le mur le plus près la Colombe s’envole.

Un Manant à pieds nuds , qui la voit s’y ranger »

Fait d’abord vau de la mangez ,

Et ne croit pas son vau frivole.

Assuré de l’arc qu’il portoit *

De sa flèche la plus fidelle II alloitlui donner une atteinte mortelle ;

Mais la Fourmi , qui le giveuott • .i;'

tt ÉSOPE A LA COUR,

Voyant sa bienfaitrice en cet état réduite ,

Le mord si rudement au pié ,

Que SC croyant estropié ,

Il fait un si grand bruit <juc l’oiseau prend la fuite»

Var la foiblc Fourmi ce service rendu A la Colombe bienfaisante

Est une preuve suffisante

Qu’un bienfait n’est jamais perdu.

Il est vrai qu’un bienfait n’est jamais sans salaire , N’eût-on que le plaisir que l’on goûte à le faire. ^ Épouse de Crésus que mon sort sera doux , Pouvant faire du bien, de commencer par vous . Je viens exprès ici vous le dire moi-meme.

Demain, associée à son pouvoir suprême.

Comme de votre bien uscxdc mon crédit.

( Elle sort. )

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