Lettre XIII, p
de Constantine. En effet, dans la première, les quelques dépôts crétacés signalés par M. Ville n'ont fourni que seize espèces déterminables1, appartenant toutes à l'étage crétacé inférieur ou néocomien. Ainsi encore, dans la province d'Alger, notamment dans le massif de Milianah, le terrain crétacé, presque exclusivement représenté par l'étage supérieur, parait ne contenir que peu de fossiles, et môme ce dernier étage offre, selon M. Pomel* , un fait assez digne d'être noté : c'est la rareté extrême des Hippurites et autres Rudistes dont la région naturelle est, comme on sait, le bassin méditerranéen. EnBn, dans le terrain crétacé de la Kabylie, MM. Hanoteau et Letourneux3 n'ont pu distinguer paléonlologiquement que l'étage néocomien contenant YOrbUçlina lenticulala, et la craie blanche caractérisée par Y Ostrea proboscidea. 11 en est tout autrement de la province de Constantine, où, dit M. Coquand4, «l'histoire du terrain crétacé est aussi complète que dans aucune autre contrée classique et présente même, sous le rapport paléontologique, des richesses qui rendront à jamais fameuses dans les fastes de la science géologique les localités de Tebessa et de Batna. »
Au reste, cette richesse paléontologique signalée par M. Coquand dans la province de Constantine, vient d'être confirmée également sur d'autres points de l'Algérie, où l'étage cénomanien a fourni à MM. Cotteau, Péron et Gaulthier jusqu'à quatre-vingt-six espèces d'Echinides, dont cinquante-huit nouvelles, comprenant un nouveau typegénérique que M. Péron et Gaulthier ont nommée Coptophyma* .
Selon M. Coquand6, les divers étages du terrain crétacé de la province de Constantine se succèdent régulièrement de bas en haut à mesure qu'on s'avance du nord au sud; ainsi entre le karavanseraï- de Ksour et Biskra, on monte graduellement des