La CoRUNA. — SOPORTALES
(arcades) de i.A Marina.
(Cliché de Cauleur.)
ARCHITECTURE CA TALANE
SOUS le nom de niii adores avertissent le voyageur qu'il a franchi les Pyrénées. Dans le Nord de l'Espagne, ces miraJores ont pris une telle extension qu'ils constituent de véritables écrans devant les façades (fig. 607).
De propos délibéré, j ai mis à part Barcelone, Vich et les villes voisines.
Le désir des Catalans de ne rien emprunter au reste de artiste au tempérament personne
Fig. CtoH. — Rodrîgukz Avrso.
(l'UT^a lie Tiiriis. MiTdrUi.)
iCliclw I.acnsic
Espagne s'est incarné dans un étrange, rêveur, Antonio Gaudi.
On doit a cet artiste une étude patiente de formules architectoniques raisonnées, sous leur apparente déraison, dont l'application a été parfois couronnée de véritables succès. Son œuvre maitresse est l'église de la Sagrada Familia, en construction dans un faubourg de Barcelone.
Le projet initial est d'inspiration gothique. Dans les parties terminées, — elles sont rares, — le détail est étudié avec une conscience scrupuleuse et une rare habileté. Quant a la porte du Nord destinée à symboliser la création, elle est également construite sur un trace gothique. Mais 1 auteur, pour rendre le chaos biblique, a suspendu des stalactites aux arêtes constructives et imité jusqu'aux suintements solidifies par le froid. Des statues, des motifs exquis de décoration, des envolées d'oiseaux, des bétes étranges se mêlent aux glaçons. Antonio Gaudi a la foi. 11 1 a communiquée à ses collaborateurs, sculpteurs, ornemanistes, appareilleurs, et tous l'ont seconde avec une ardeur méritoire et un réel talent. Une oeuvre devant laquelle les Catalans s'inclinent, parce qu'ils ne discutent plus le talent de Gaudi, est le parc Guell.
Fig. 609. — Palais de Justii DE Barcelone.
(C.liclic Toidra I
FiG. ôio — Plug y Cadafalch.
Maison Paseo de San Juan.
Barcelone, Patio.
(Cliché A. Toldra, Via-^i,.)
ESPAGNE
Les revêtements extérieurs des murailles exécutes en mosaïque de faïence faite avec de gros fragments de carreaux brisés sont encadrés dans une architecture imprécise, qui déroute plus qu'elle ne charme.
Nombreux sont les élevés ou les Imitateurs du maître. José Puig y Cadafalch, Luis Domenech y Montaner, Enrique Sagnier y Villavechia, Artigas, Pedro Falquéz y Urpi essayent de se frayer une route vers la sincérité et la distinction architectoniques(flg.610, 61 1 ). Les uns affectionnent le platéresque de Salamanque, les autres retournent au gothique ; ceux-ci font revivre le vieux style catalan, notamment dans les maisons de campagne ; ceux-là empruntent quelques ornements aux styles français du XI ll"^ s. A Barcelone, le Palais de Justice (fig. 609) et la décoration intérieure du Musée des Beaux-Arts ; à Vich, la chapelle des Pères et, dans toute la province, des maisons aux harmonies inédites, sont précieux par leurs détails et offrent parfois des ensembles d'une simplicité charmante (fig. 612). Certes l'œuvre ne repond pas toujours à l'effort ; le maître et ses disciples se montrent excessifs dans leurs audaces. Mais appeler la critique, n est-ce pas un honneur que méritent seuls les véritables artistes ? La statuaire espagnole, surtout au début et au milieu du XIX' s., est académique. Il faut atteindre à la fin du règne d'Isabelle II pour sentir renaître le souffle du Siècle d'Or.
A la première époque, appartiennent : José Granjea, statue de Juan
Fig. 6ii. — Puig y Cadafalch.
Maison Pasko de Gracia,
Barcelone.
(Cliché A. Toldra. Via^o.)