ARTS MINEURS SASSANIDES
■ KliOSROKS II A LA CHASSE.
Satidiuilcl (Clichc Ihichclte.)
s'inscrivent des quadrilatères curvilignes vert pâle. Au centre, le roi est représenté sur un trône que soutiennent des lions ailés.
Les dariques et les monnaies parthes avaient subi l'influence de la Grèce. Avec les Sassanides, les coins prennent, à leur tour, un caractère national. Sur la face, règne le portrait du roi compris dans une couronne de grènetis ; sur le revers, le pyree servi par des mages. Les monnaies sont d'un bon style depuis Chapour (240-27 1 ) jusqu'au début du VI s. (fig. 50, 51), déclinent ensuite et deviennent caricaturales sous le règne de Khosroès 11 (591-628). Pendant toute la période sassanide, elles restent très minces.
L'argenterie — vases, aiguières, coupes, plats (fig. 52 à 57) — est, elle aussi, décorée de sculptures où se mêlent les êtres animés et les ornements empruntés à la flore locale.
Il ne semble pas que les Sassanides aient employé d'une manière usuelle les revêtements de faïence. Pourtant nos fouilles de Suse ont fourni des poteries vernissées bleues, vertes, jaunes, blanches, grises et bleues — coupes, aiguières, écuelles, vases, amphores, modèles d'autel du feu — remontant aux premiers siècles de notre ère. L'usage du stuc, l'introduction de la peinture décorative, de la mosaïque de brique et, probablement aussi, de verre, l'emploi des tapisseries et des tentures brodées auraient-ils fait négliger la faïence ? Peut-être la trouvait-on trop coûteuse dans les installations modestes et trop vulgaire pour les palais royaux (/n/.. p. 85, 86).
Il existe de la période sassanide quelques objets de cristal qui témoignent d'une grande habileté. De ce nombre, sont la coupe de Khosroès (fig. 48), une coupe du même modèle découverte dans les ruines de Suse, quelques fioles a parfum en verre transparent, d'autres opaques, veinées, de gros vert, de jaune et de bleu foncé.
ESPAGNE
Fio.53. — Aiguière
I>'AK(iKNT (I-'ACE).
(Bitiliiillic.^uc Xalionalc I
iCliclw Haclielte.)
FlG.55. — AlGTIÈRE DE PaI'LOWKA.
( [)icieiuie colleclicn dit f; rand-diic Alexis Siiiirnciff, argenterie
(irienlale,Jig. xLix.)
Outre les diverses qualités de verre, les Perses savaient fabriquer l'email. On en a un témoignage magnifique dans une aiguière d'or, décorée d'émaux cloisonnés (fig. 58).
Longtemps les tissus sassanides n'ont été connus que par leur réputation légendaire de richesse et de beauté. Les patriciens de Rome et de Byzance faisaient des folies pour se les procurer, et, quand l'armée d'Héraclius eut défait Khosroes il (628) et, neuf ans plus tard, lorsque Ctésiphon tomba aux mains des Arabes, les ^Vainqueurs firent un butin immense de tapis et d'étoffes de soie tramées d'or, d'argent et enrichies de gemmes et de perles serties dans la décoration. La valeur vénale de ces chefsd'œuvre les condamnait à une perte certaine. Mais, depuis que l'attention a été appelée sur la Perse, les trésors d'église ont été étudiés, et l'on y a découvert des tissus sassanides à figures (fig. 59, 61 a 63) ou des copies de ces tissus (fig. 64, 212. 213) d'autant plus précieux que les peintures font défaut. Vers la même époque, l'on en
Fig. 54. — Aiguière
m'ahgent (profil).
lltiblidlhèqueXationjle.)
{Cliché Hachette.)
Fig. 56. — Aiguière DE Pallowka.
(\ncienne collection du ij:rand-ciuc Alexis Swirnoff, argenteiie
orientale, fig. xli.x.)
TISSUS SASSANIDES A l-tGURES
exhumait des sépultures coptes. Les uns comme les autres sont d'un goût raffiné. Il semble que la gamme fut d'abord très simple — le vert rompu, 1 ocre jaune, le gris (fig. 62). — Plus tard, le rouge-rubis, le jaune d'or, le bleu foncé brillent a côté du vert-olive, du noir de rouille et de gris très fins (fig. 59, 61, 63, 212. 213), tout en laissant à la coloration cette harmonie, ce calme exquis et rare dont les tisserands iraniens hériteront (in/., p. 22). Quant aux thèmes ornementaux, ils étaient connus par les bas-reliefs, les médailles, les sceaux, les pièces d'orfevrene et les motifs de décollation antérieurs ou contemporains.
Les étoffes coptes trouvées en Egypte sont souvent reparties entre quatre genres : hellénistique, perse, byzantin et local. Les tel le triomphe de Bacchus du musée Guimet, a Pans, — sont faciles a distinguer. L'on range ensuite dans la seconde classe
Fi(i. 57. — Aiguière d'IIoryoiji ivii" s.)
(loPIE CHINOISE
d'une pièce d'argenterie étoffes hellénistiques,