SASSANIDE EN OR, DÉCORÉE
d'ÉMAI;X CLOISONNÉS.
iTrésitr de Saint-Maurice.)
ESPAGNE
FiG. 5o. — Étoffe sassanide
DE Sainte-Ursule, a Colomne.
(Kimstgewerbemuscum.)
enduits en plâtre de Chirvàn et de Dérrè-è Char, sur la coupe de Khosroès (fig. 48) — en particulier les cercles tangents — et sur les chapiteaux de Tag-è Bostàn (fig. 35). A l'époque des Parthes et des Sassanides, il y eut des échanges incessants entre la Perse, rinde et l'Extrême-Orient. J'ai pu déterminer l'apport de la Perse et de l'Inde en Chine {Acad. des Ins.
séan. des 15 juillet 1910 et 23 juin 1911 ; comp. fig. 57 et 64 aux fig. 56 et 63), mais j'hésite à préciser l'influence de la Chine sur l'art antique de l'Asie occidentale.
Peut-être, avec les étoffes de soie, la Perse en reçut-elle vctù la fin du Vl" s., l'harmonie colorée qui, portée hors de son territoire, aboutit a la gamme violente où le vermillon, le bleu, le blanc et parfois le noir se mêlent à l'or substitué au jaune. Les Parthes avaient oppose aux Romains une cavalerie couverte de fer. Les Sassanides héritèrent des armes défensives de leurs prédécesseurs et enveloppèrent la figure, le cou et les épaules dans un voile de maille suspendu au timbre du casque. Les épées
représentées sur les basreliefs de Nakhe-é Redjeb et de Chapour sont droites, larges et très longues ; les poignées, volumineuses ; les gardes, formées par des quillons.
Il se pourrait que le pommeau et les quillons de l'épée dite de Charlemagne aient appartenu à une épée sassanide ^~ (fig. 65). Leur forme et, Fio 6o - R, Bii DK Khosroks j^i^y^ encore, leur deco-
(Kiinstf^cii'crbanuseum.) YàhOU ^Osti et JefOUer
.Ml '•'!•,,•'.:, 'i .•;•:••.■;■ I ' , ir.(
FiG. 6i. — Étoffe sassanide
DE SAINT-K.INIBEKT, A (k)I.OGNE.
(Kunsti,'ci/'t'rbcmiiscum.)
ORIGL\L OKILNTALE DES VOUTES ROMAINES
entrelacés {sup., p. 17) — sont caractéristiques. Quant aux lances, aux masses d'armes et aux arcs, ils ne semblent pas présenter de particularités.
Tels sont les traits saillants des arts sassanides, dont l'importance, longtemps méconnue, fut jjourtant considérable. C'est en effet a l'heure où les successeurs des Sassan et des Chapour atteignaient au faite de la civilisation, où ils exer(;aient l'hégémonie sur l'Asie occidentale comme sur l'Egypte et ou ils entraient en relation suivie avec les Indes et la Chine (fig. 57, 64), que le monde ancien, submergé sous les flots des barbares, allait reconstituer une nouvelle civilisation aux dépens de 1 Orient et des vestiges restés sur le sol de l'Europe. Trompés par 1 apparence, quelques auteurs ont cru trouver en Occident l'origine de la plupart des voûtes et des plans perses. L'erreur est manifeste. Rome n'éleva des édifices voûtés qu'après de longs contacts avec les Parthes. Vitruve n'y fait encore aucune allusion et mentionne à peine la matière de leur ossature, la brique cuite, coactus later, qui, elle aussi, fut apportée d'Orient à une date relativement récente (Vitruve, éd. Choisy, t. I, p. 7,35,365,366).
Les toitures voûtées sont d'un emploi si peu usuel que, dans la construction des thermes, il les remplace par un sj'stème compliqué de plafonds en tuiles suspendus aux solives de la charpente (V, 10, 13 a 20). lien résulte que les plans tels que le plan crucial y-, le
Fig. 62
-Étoffe sassanide (coinp. fig. 56 et 60). CMiisce \lctnria aiiJ Albert.) IK it iisl/fejrerhem useu m .)
FiG. 6'i. — Étoffk sassanide
DE l'église de Sackinuen.
Manteau dit de Saint Fridolin.
lKiuist,i,''cii'erbcvutscu!n.l
ESPAGNE
plan tréflé y- , les plans annulaires H , leurs variétés et leurs combinaisons, qui comportent tous des annexes groupées autour d'une pièce centrale pour s opposer aux poussées de la voûte jetée sur cette pièce, ne peuvent être non plus d'invention occidentale.
En revanche, par la constitution physique et le climat, quelques régions de l'Asie occidentale se rapprochent de la Perse. Les bois de charpente y sont très rares ; d'autre part, elles possèdent des carrières d'où l'on peut extraire de belles dalles. Aussi bien empruntèrent-elles a la Perse le principe de la voûte nervée, de la coupole sur plan carré ou polygonal et des constructions
étudiées en vue de résister aux poussées des voûtes. Ainsi le Kasr
Kharaneh (p. 9, fig. 1 . 26)
ne se signale pas seulement
par le fenétrage aveugle de
la façade de Firouz-Abâd
(fig. 1 7) et, dans l'ensemble,
par la voûte nervée du
Tag-e Ivan (fig. 30), les
colonnes maçonnées, les
chapiteaux-tailloirs, les voussures ovoïdes, les bandeaux
en dents de scie de îous les
palais du Fars, mais encore
par les demi-coupoles sur
trompes qui longent les galeries C du palais de Sar-
vistan et terminent la gale-
rie C (fig. 3, 24) et par les ^'° ^^4- - Étendard de l'empereur
. . . japonais Chô.mou (724-7481.
arceaux en matériaux poses ,^^„,,^, c.noise dune étoffe sassanide.
à plat et tournés sans cintre iCnmp. W'j.. 44, 5i, 52, 5q. 63.) iMn.-ice de Tokio.)
ARClirn.CTUliE VOUTEE SYRIENNE
Fui. 65. — Épée dite
DE CHARLE.MAGNE. Po.MMEAU ORNÉ
DU férouer i-:r m: mdhruu
SASSA.NIDF.S.
{Musée du Louvre.) (Cticlic Ihiclullc.)
Signalés en décrivant le Tag-è
Kesra (fig. 29, 34, 36). L'imitation est flagrante. En effet,
fautede briques, les constructeurs,
pour les remplacer, s'astreignirent
à tailler des pierres en dalles
minces. Au palais de Firouz-
Abàd (fig. 18), ils avaient dëja
recouru a ce même expédient.
Quant au château d'el Okhaï-
dher (sup., p. 10), qui relevé lui
aussi de l'architecture perse, il
présente une variété intéressante
de la voûte nervée du Tag-è
Ivan, en ce sens que les voûtains
transversaux (fig. 26, 30) sont
remplacés au milieu des travées
par de petites coupoles sur trompes (fig. 66). Cette solution, restée
classique dans l'architecture persane, sera plus tard adoptée à
Notre-Dame du Puy (fig. 217).
Enfin, dans la Syrie centrale, où abondent les belles dalles de
pierre, le constructeur, au lieu de tourner des voûtains au-dessus
des arcs doubleaux, les reunit par des dalles transversales, posées
en terrasse au-dessus des tympans ou en berceau sur les extrados.
II en est de même des coupoles élevées sur plan octogonal telle
la coupole de Saint- Georges d'Ezra, terminée en 5 1 5 de notre ère (fig. 7, 79) — qui portent sur des goussets plafonnants au lieu de reposer sur les trompes de Firouz-Abad et de Sarvistan(fig. 18, 22, 28).
D'autre part, les maîtres syriens ne recoururent ni à la construction voûtée
intégrale, ni a la coupole
Fig. 66. — Chatkau d'kl Okhaïdiier.
,. , , ,- ,. ^ sur trompes, ni aux con-
^OUTE INTERIEIIU-: NERXTE (COllip, tlg. 2t), OO). ^ .
tciichc A/,j,ss/,i,M/r,».) trerorts extérieurs, m aux
ESPAGNE
voussures outrepassées, ni a d'autres motifs moins importants de l'architecture perse. Mais, comme leurs édifices sont des œuvres d'une exécution parfaite et comme le prœlorium de Phaena (act. Mousmieh), notamment, élevé entre les années 160 et 169 de notre ère (restauration ou remaniement partiels de la couverture avant le VI siècle), présente le type définitif et si important des constructions cruciales sur colonnes avec saillie de la voûte d'arête formant coupole sur les bras de la croix et des bras de la croix sur les angles (vari. y-'y., fig. 6, 78; comp. fig. 15, 87, 11 et 131, 13 et 162), il y a lieu d'associer la Syrie centrale à la Perse et de lui attribuer une part dans l'élaboration de quelques thèmes voûtes.
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(Cliclic de l'autctcr.)