FERNANDO C.U.I.I-COS
Vu;. 384. Vergôs. San Antonk
Abaiî Exorcista. {l-raffment du
retable brillé avec l'église de San
Antunio en tijoij, Harcelone.)
(Cliché l'Iuimas.)
d'un cote le donateur agenouille aux pieds de la Vierge et, vis-avis, la marquise de Santillana accompagnée d'une demoiselle d'honneur. Douze anges volent audessus de ces deux portraits. Chacun d eux porte sur un cartel une strophe d un poème composé par Lopez de Mendoza, qui, au cours des batailles ou il combattit contre les Mores, montra que « la science n énwusse pas la lance, ni ne fait plier lépée dans la main du vrai chevalier ». Les velours, les brocarts, le paysage que l'on aperçoit a travers les baies ont toutes les qualités des belles peintures flamandes. Quant aux portraits fermes et vigoureux, ils font songer aux œuvres de Roger van der Weyden.
Fernando Gallegos naquit à Salamanque, dans le second quart
du XV s. Par son style, il se
rapproche beaucoup aussi de
Roger van der Weyden et de
Thierry Bouts. Comme il aime
à reproduire les costumes somptueux, les bottes tailladées, les
capes voyantes, les harnais de
guerre, il a été surnommé le
Maître Aes Armures. Le Portement de la Croix (fig. 394) et
le retable de la cathédrale de
Zamora, terminé en 1470, sont
de glorieuses peintures. L'œuvre
capitale de Gallegos semble
avoir été le triptyque de la
cathédrale de Ciudad Rodrigo,
qui a été vendu par fragments.
Juan Flamenco et Juan de
Borgofia étaient sans doute origi-
l'Ki. 385. — École de Valence.
iRclable de rAscension. Fragment.)
iMusée de Valence.)
(Cliché Lacoste.)
FiG. 386. — École DES Vergôs. — Saint MicH Kl
- ESPAGNE
naires du Nord. La Chartreuse de Miraflores possédait du premier une suite de tableaux relatifs a la vie et a la mort de saint Jean. Le second peignit à fresque, pour la cathédrale de Tolède, la Vie de la Vierge, la Prise d'Oran, des portraits d'archevêques, et collabora grandement à la polychromie du retable (jnf., p. 203). Les œuvres de Flamenco et de Juan de Borgoiïa remontent aux dernières années du XV s. et aux premières années du XVI' s. Vers la fin de sa carrière, Juan de Borgoiïa s'éprit du style italien.
Antonio del Rincon est le premier peintre castillan qui rompit avec les écoles du Nord. Né à Guadalajara, en 1446, il partit jeune pour l'Italie, étudia son art dans l'atelier de Domenico
Ghirlandajo et, à son retour, fut
nommé peintre de la cour. On lui
attribue les portraits de Ferdinand
et d'Isabelle (fig. 395). En tout cas,
les Rois Catholiques en prière devant la Vierge (vers 1491), un des
joyaux du Prado, sont d'une facture
trop parfaite pour être mis sous son
nom (fig. 396). La seule œuvre
authentique de Rincon est la Vie
de la Vierge, a la représentation de
laquelle est consacré le retable de
Robledo. Le dessin est naïf, timide,
mais déjà souple et vrai.
Rincôn eut pour successeur dans
sa charge Francisco Chacon, qui fut
avant tout un censeur royal. Il devait
veiller à ce qu'aucun musulman ou juif ne fût assez audacieux pour
peindre la figure du Sauveur, ni de sa glorieuse Mère, ni d'aucun
autre saint de notre religion (Lettre d'Isabelle, 20 Décembre 1480).
Fig. 387. — Saint Martin i-T sainte Thècle.
(Palais archicpiscnpal, Sarai::-nsse.) (Clichc Ilauser .r Menel.)
ri: r Mil. I s 1)1. DAROCA
A côté des peintures dont l'attribution est certaine, il en est d'autres que l'on regrette de ne pouvoir classer. Au premier rang, se place un précieux retable de Daroca (fig. 397). Les figures de femme d'une grâce étrange, le modelé sommaire, le trait délié
et le tracé des yeux rappellent le style des faïences et des manuscrits persans d'influence chinoise. Non moins digne de fixer l'attention, mais d'un caractère bien différent, est un Saint Dominique (fig. 398) provenant aussi de Daroca. Il dénote un tempérament puissant, et si, comme tout semble l'indiquer, il appartient a une école aragonaise-castillane, il en est le joyau. D'autre part, l'on rapprochera des œuvres catalanes quelques tableaux peints en Castille a la fin de la période gothique (fig., 387).
Ecole navarraise. — La Navarre, SI accueillante aux artistes français, offrit même l'hospitalité aux tisseurs de haute lisse qui exécutèrent les magnifiques tapisseries des châteaux d'Olete et de Tafala d'après les modèles de décorateurs parisiens : Colin Bataille et Jean Dourdin.
Ecole andalouse. — A Séville, les plus anciennes peintures sont de style français. La Virgen^ de la Antigua (Cathé.), la Virgen de Rocamadour (égl. San Lorenzo), la Virgen del Carrai (égl. San Ildefonso) rentrent dans cette catégorie. Au même style, mais influencées déjà par l'art italien, appartiennent les peintures sur
Fie. 388. — ËCOI.E CASTILLANE.
Don Enrique II et do.na
JUANA AU.K PIEDS DE LA ViERGE.
((j)ll. Humait \'icente, Saraffosse.) iClichc )■:. Herlaux.)
Fig. 38q. — Reliqi-aire de Piedra.
lAcaciêmic d'Histoire de Madrid.)
iCiiche Lacoste.!
if)5
ESPAGNE
FiG. 3q<i. — Rki-kuaihk dk Piedra.
[Intérieur d un vulet.)
iClichc Laciiste.)
signé le retable de Santa Lucia.
pective, supplée par des légendes à l'expression des figures et connaît l'anatoniie d'une manière insuffisante, mais on le sent doué. Pour apprécier ce que fût devenu un artiste de sa valeur si ses qualités se fussent développées dans un milieu favorable a leur épanouissement, il faut le comparer à Alfonso de Baena (fig. 399) et a Bartolome Bermejo (fig. 400), deux de ses compatriotes et contemporains qui s'instruisirent a l'école de Dalmau.
Les tableaux signés soit Bartolome Bermejo, soit Bartolomeus Rubeus (traduction
enduit du cloître de San Isidore del Campo (près de Seville). Il s'agit de figures de sainteté et d ornements. Ceux-ci, de style mudéjar, se détachent sur des fonds ocre rouge, ocre jaune et indigo clair. Les armes du donateur ont permis de fixer à 1445 la date de ces fresques.
Vingt ans plus tard, l'art andalous a pour représentant Pedro de Cordoba et Juan Sanchez de Castro, le véritable fondateur de l'école. Le premier est l'auteur d'une Incarnacion signée et datée de 1475, et le second a également Sanchez de Castro ignore la pers-
3yi. — Rki KHAiRK i)i; Fikdra.
{Extérieur d'un volet.) (Cliché Lacoste.)
FiG 3q-'. — La \"isit.\tii)n.
iM du l'rado. ii" i':-'i-l> )
(l'Aichè Lacoste.)
des maîtres catalans, mais qu'ils domptèrent heureusement jamais.
Quelles conclusions comporte cette étude des primitifs espagnols ? D'une manière générale, leurs œuvres se reconnaissent à des formes grêles, à des contours accentués, à un abus de l'or, à une étude minutieuse des types et du costume, à un exposé dramatique de la légende, à une façon originale de représenter les épisodes de la vie, à un sentiment très religieux en même temps que très naturaliste. En outre, les écoles de chaque province offrent des caractères particuliers, apparents au début, mais dont l'intensité s'atténue aux approches et, surtout, au commencement du X\'l s. (fig. 387).
Les Catalans affectionnent les tons transparents et harmonieux dans leur richesse, fût-elle excessive. Malgré leur
BLHMLJO —
latine du nom espagnol), sont-ils d un seul et même maître, et ces deux noms se confondent-ils avec celui du peintre qui, en 1 490, signa et data la Piéla de la cathédrale de Barcelone Opt/.s Barlholomei Vermeio CorJubensis ? Le tableau de Barcelone, le Saint Michel de la collection Warnher de Londres, qui se trouvait en 1900 dans une église de Tous, humble bourgade de la vallée du Yucar, la Sainte hace du musée episcopal de Vich (lig. 400) et celle de la collection de D. Pablo Bosch y Barrau de Madrid portent ces diverses signatures et ont des analogies indéniables. La couleur en est chaude, puissante, et tous dénotent un tempérament énergique, que purent assouplir le travail personnel et les conseils ne
FiG. 3y3. — La Circoncision.
(Musccdii l'rado. >i« l-iS:--!).) iClicItê Lacosle.)
ESPAGNE
FiG. 394. — Gallegos.
Le Portement de la Croix.
(Volet central, cathédrale de Zamara.)
tempérament artistique, les Castillans et les Andalous restent tristes, en raison des couleurs terreuses dont ils mésusent. Les Valenciens sont francs et énergiques ; ces qualités, jointes à une technique un peu sommaire, communiquent malheureusement quelque dureté a la peinture. Si 1 on s en tient à la composition, les Catalans et les Valenciens sont plus distingués ; les Castillans et les Andalous, plus réalistes.
Le Moyen Age est représenté en Espagne par une riche collection de manuscrits à figures.
Le Libro de los feudos des archives de la couronne d'Aragon (xill s.), une Bible datée de 1240 (B. N. de Madrid), le Breviario de Amor (B. de l'Escorial, XllI s.) sont a noter. Mais la perle des manuscrits espagnols du Moyen Age est le Codice de los cantates 1; loores de la Virgen Santa Maria, connu sous le titre de las Cdntigas del rey Sabio. La bibliothèque de l'Escorial en possède deux exemplaires. L'un fut exécute par Juan Gonzalez ; l'autre, le plus beau, dut être écrit et enluminé a Seville, entre 1 275 et 1 284 (fig.
401 a 403). En l'état actuel, il comporte 1 226 miniatures. Elles ont la légèreté d'une aquarelle aux tons gais et harmonieux et s'enlèvent sur un fond très peu teinté.
L'Espagne chrétienne et musulmane du XIII' s. finissant revit dans ce manuscrit. C'est ainsi que
l""i(;. 3y5. — Antonio dki, Kincon
i.Attr.). — Isabelle la Catholique.
(Musée de la Marine de Madrid.)
(Cliché Lacoste.)
MANUSCRITS A IIGURES
Fi(i. 3q(3. — Les Rois catholiqiks
ET I.EIR lAMII.I.i:.
fyinsée du t'radii.) H'Aiché Lacoste.)
l'archaectureen est mudéjare, que l'ogive et le gable s'y allient à l'arc de cercle outrepasse et que, dans l'illustration des cantiques LVl, XC,