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L'Alcazar est un vaste quadrilatère avec, aux quatre angles, des tours carrées. La façade N. (sur la terrasse où aboutit la rampe d'accès) date du temps de Gliarles-Quint; celle du S., plus majestueuse et plus régulière, avec ses quatre corps d'ordre dorique, est de Juan Herrera; celle de l'O., avec un portail plateresque ajouté par Govarrubias, daterait des Rois Catholiques; celle de TE. remonterait à Alphonse le Sage. — Au centre de la belle cour, à 32 arcades, statue de Char les- Quint (copie de celle de Leoni à Madrid); au fond (S.), escalier remarquable à deux corps, par Villalpando et Herrera.
De l'Alcazar, on peut descendre au S. par des rues étroites et sinueuses, à Véglise du couvent de San Juan de la Penitencia (PI. 11 ; entrée au S.), mélange de styles mauresque, plateresque et gothique (beau tombeau de Tévêque Francisco Ruiz. f 1528, œuvre lombarde; tableaux de Francisco de Amberes; dans la nef, plafond mauresque).
m. — ■ Partie Ouest.
De la place de Zocodover, on gagnera, à l'extrémité 0. de la ville, r* église San Juan de los Reyes (PI. 10), qui faisait partie d'un couvent érigé en 1477 par les Rois Catholiques après la victoire de ïoro sur les Portugais et qui fut destinée d'abord à recevoir leurs sépultures (c'est à la chapelle royale de Grenade qu'elles se trouvent). L'architecte fut Jean Guas, un Flamand, l'un des architectes de la cathédrale. De la terrasse devant l'église on découvre une belle vue.
L'extérieur est très endommagé (il est en restauration). La partie la plus remarquable est le chevet, richement ornementé. La façade N.-O., commencée en 1553 par Govarrubias et terminée en 1610, ne présente qu'une mauvaise imitation du style gothique. Sur le mur N.-E. sont suspendues les chaînes des captifs chrétiens délivrés à Malaga et à Almeria et qui furent envoyées par le roi Ferdinand.
Intérieur {\e sacristain, qui est le môme que celui de Santo-Tomé, habite calle deî Angel, 17 ; pourb. 0 t'r. 50 à 1 p. pour les 2 églises). — Entièrement restauré de nos jours; nef unique, longue de 56 m. : piliers recouverts d'arabesques; curieuses nervures de la voûte; autour du vaisseau, large frise portant en lettres gothiques une inscription commémorative de la fondation du monument; à dr., et à g., aux deux derniers piliers de la nef, tribunes à balcons de pierre fouilles à jour et soutenues par de riches encorbellements, portant les chiffres entrelacés de Ferdinand et d'Isabelle. Dans le transept, chapiteaux d'une forme originale, six statues de saints sous des dais, frise do gigantesques écussons aux armes de Castille et d'Aragon, surmontés de têtes d'aigle et accompagnés 4es emblèmes royaux (le nœad gordien et le faisceau de flèches). IJne gracieuse porte gothique à dr., donnait accès au cloître. — Maître-autel : retable du xvi® s. — A dr., chaire (on y accède par un couloir pratiqué dans la muraille) portée par une colonne qui est une tige de palmier pétrifiée. — On remarquera les colonnettes et les nervures do la voûte surbaissée qui supporte l'orgue.
Le * cloître (au S>-E. de l'église; entrée par l'école des arts industriels; la porte est généralement ouverte), entièrement restauré par M. Méllda, présente l'un des plus riches et des plus beaux spécimens du gothique fleuri en Espagne. Des piliers, richement sculptés et ornés de statues avec dais, jaillissent des nervures qui vont s'enlacer pour former la voûte du
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cloître. La viio du jardin, du double étage d'arcades, de la corniche supérieure et enfin du couronnement de Féglise est d'un effet saisissant. Une inscription à la louange des Rois Catholiques se développe sur la frise des galeries, et au-dessus des chapiteaux des piliers.
Le couvent contient le Musée provincial qu'on projette de transférer à Santa Cruz (p. 289). — Sculptures : statues des tombeaux de Diego Lopez de Toledo et de sa femme (xv« s.); buste du cardinal Gonz. do Mendoza; statue de St Ildefonse ; buste de l'ingénieur Juanelo Turriano, par Berruguete; maquette du retable de la chapelle de St lldefonse, par Mam'cL Aloarez. — Peintures : Ribera. Sainte Famille (1639); Francken. Scènes de lAncien Testament; Morales. Portement de croix. — Dans une vitrine, Adoration des Mages et Arrestation du Christ, émaux de Limoges ; missel du cardinal Ximenez, de 1499, — Collection de monnaies et de médailles ; lames de Tolède, etc.
A côté du cloître est V Ecole des Arts industriels (PL 22), édifice moderne, en briques, avec ornements en faïence.
Au N.-O. de San Juan de los Reyes se trouve la puerta del Camhrôn, l'ancienne Bib-al-Makara, construite par le roi Wamba (vn^s.), réédiflée au xi* s. et fortement restaurée par les Espagnols en 1576. — De cette porte on peut descendre soit, au N.-O., à la petite église du Cristo de la Vega (p. 29i), soit au S.-O., en longeant à dr. les nouveaux abattoirs, au *pont de San Martin, fondé au xni^ s., reconstruit à la fin du xiv® s., avec deux très curieuses têtes de pont à arcs arabes et créneaux.
De San Juan de los Reyes, on suit, au S.-E., la calle de San Jaan de los ReyeSy qui traverse l'ancien quartier juif (la Juderia) et dans laquelle se trouve, au n** 2 (frapper à la porte; pourboire), au fond d'un petit jardin, * Santa Maria la Blanca (PL 13), ancienne synagogue, fondée probablement au xin^ s., reconstruite au xiv^ s. et transformée en église en 1441.
L'intérieur, complètement restauré do nos jours, est divisé en 5 nefs par 32 gros piliers octogones, surmontés de chapiteaux, tous de formes différentes, supportant des arcs mauresques. Au-dessus des arcades de la nef centrale règne une frise à peine en relief. Le plafond est en bois de mélèze.
Au sortir de Santa Maria la Blanca, traversant, à g., la plazuela de Barrio Nuevo (à dr., fabrique particulière d'armes blanches) et se dirigeant toujours au S.-E., on atteint la terrasse-promenade, dite paseo del Transita, d'où l'on découvre une très belle vue sur la gorge du Tage.
A l'angle N.-O. de cette terrasse, au n° 1, est l'ancienne synagogue dite el Transite (PL 4), sans apparence extérieure.
Cette synagogue fut bâtie, de 1360 à 1366, par Meïr Abdeli pour Samuel Levi, le fameux trésorier du roi don Pedro. Lorsque les Juifs eurent été expulsés, en 1492, les Rois Catholiques la cédèrent aux chevaliers deCalatrava, qui la transformèrent en église sous le vocable de San Benito.
L'intérieur (pourboire), dont on achève la restauration, se compose d'une seule nef, longue de 21 m., large de 16 m. et haute de 12 m., dont les murs sont ornés, à la partie supérieure, d'une large frise portant les armes de Castille et de Léon. Au-dessus de cette frise se développe, tout autour de rédifice. un corps d'architecture formé de 54 arcs, remarquables par la beauté et l'abondance des ornements. Le plafond est en mélèze, et les charpentes de la couverture sont, dit-on, en cèdre du Liban, apporté d'Asie à grands