CORDOUE : — HISTOIRE. || [R
capitale de l'Islam. Ayyoub-ben-Hamid, l'émir délégué par le calife d'Asie, fit de l'Espagne cinq grandes provinces, et Corthobah fut le divan d'où il gouverna toute la Péninsule. Vingt émirs se succédèrent de 715 à 756, dirigeant l'organisation de l'Empire et levant les armées qui, successivement, francnirent les Pyrénées, envahirent la Narbonnaise, assiégèrent Poitiers et y furent battues par Charles-Martel.
En 756, 80 cheiks de tribus syriaques et égyptiennes, réunis à Cordoue, résolurent de s'alfranchir de la dépendance du calife de Damas. Ils prirent pour chef un Ommiade, Abd-er-Rahman-ibn-Moaouîyeh, qui prit le titre d'émir. Le calife d'Orient, voulant rétablir son autorité, envoya le wali de Kairouan avec une armée nombreuse qui fut forcée de retourner en Afrique.
Alors, sous l'autorité d'Abd-er-Rahman I*"" et de ses successeurs s'ouvrit pour Cordoue une ère incomparable de grandeur et de richesse. L'émir ûi commencer les travaux d'un temple, qu'il voulut faire l'égal en somptuosité des temples d'Orient.
Sous ses successeurs, et particulièrement sous Abd-er-Rahman II (822-852}' et Abd-er-Rahman III (912-961), Cordoue atteignit l'apogée de sa splendeur : elle comptait, avec ses faubourgs, 300,000 hab.; elle avait 300 mosquées et une foule de palais magnifiques; les arts et les sciences y fiorissaient et la campagne était d'une fertilité extraordinaire- L'invasion des Berbères en 1010 commença sa ruine : la conquête par les chrétiens l'acheva.
La domination des Berbères (dynasties des Almoravides et des Almohades) prit fin en 1212, à la suite de la grande bataille de las Navas de Tolosa (p. 307), où une armée chrétienne mit en déroute les musulmans commandés par Mohammed aboû-Abd-Allâh (celui qui avait entouré d'une double chaîne de fer la tente d'où il commandait) ; Cordoue fut abandonnée par ses habitants, qui se réfugièrent en Afrique avec l'émir, et le roi St Ferdinand y entra en grande pompe. Cordoue devint alor"? ville frontière; Alphonse X, Ferdinand IV, Pierre I" le Crue! s'y installèrent. La ville, menacée par les incursions de ses précédents possesseurs, fut plusieurs fois près de retomber en leur pouvoir.
La domination espagnole lui fut tout à fait fatale : les vainqueurs, n'ayant de goût que pour l'état de moine ou celui de guerrier, négligèrent l'industrie et l'agriculture et laissèrent à l'abandon les admirables travaux d'irrigation faits par les Arabes. Cordoue ne s'est plus relevée depuis. Son industrie, si importante à l'époque des Maures pour ses beaux cuirs maroquinés, célèbres sous le nom de cordouans ou cordovans, est presque entièrement déchue.
Cordoue a vu naître : le poète Lucain, les deux Sénèque, Averroès (vers 1120-1198), philosophe arabe, commentateur d'Aristote, 5^ Euloge, Juan de Mena (vers 1410-1456), compilateur du « Laberinto », le poète Luis de Gongora (1561-1627), créateur du gongorisme (style enflé) et qui devint aumônier de Philippe III, les peintres Pablo de Céspedes (1538-1608) et Juan Valdes ZeaZ (1631-1691). Le célèbre général Gonzalve de Cordoue, surnommé le Gran Capitan, est né en 1443 à Montilla, près de Cordoue ; il mourut en 1515.
ITINÉRAIRE. — Au sortir de la gare, on incline à dr. pour longer les beaux jardins qui forment le début du paseo de la Victoria; on prend à g. une large voie dite Colon (à g., Plaza de Toros), puis à dr. le paseo del Gran Capitan, grand terre-plein avec deux voies de chaque côté : c'est le centre de l'animation avec des hôtels, des cafés fréquentés, le Grand Théâtre (PI. 15), et le théâtre dit du Circo (PI. 16). A dr. Véglise San Hipolito (PI. 2), collégiale construite par Alphonse XI en 1340, possède dans deux sarcophages de marbre rose placés dans le chœur, les restes du roi Alphonse XI et de son père Ferdinand IV, le tombeau du chroniqueur Ambrosio de Morales (xvu® s.) et un Ecce homo de Valdés Leal. A l'extrémité
310 — [R. 28] Il DE MADRID A CORDOUE. H
S. du paseo se dresse le curieux clocher octogonal (peut-être un ancien minaret) de Végtise San Nicolas et se détache, à g., la calle Conde Gondomar, très animée, qui conduit dans le centre.
Du paseo del Gran Gapitan, si l'on veut se rendre directement à la mosquée, on prend, à g. de l'église de S. Nicolas, la calle San Felipe, qui traverse la place du même nom (à dr., hôtel du gouvernement militaire^ PI. 10), puis on s'engage dans la, calle de Valladares. A son extrémité on peut s'écarter à dr. pour voir, au n° 3 d'une petite place, une ancienne porte mauresque, plus loin, la puerta de Almodovar de l'ancienne enceinte, enfin, dans la calle Maimonides (n** 18, pourb. : 0 p. 20 à 0 p. 50), les restes d'une synagogue de style mauresque. Revenu à l'extrémité de la calle de Valladores, on incline à g. et on prend à dr. la l'* rue {calle Buen Paslor), puis, à dr., la calle de los Deanes, à l'extrémité de laquelle on prend à g. la calle de la Juderia pour gagner la puerta del Perdôn, la principale porte de la cathédrale.
La ** cathédrale est l'ancienne grande mosquée (Medjid-al- DjâmVa) des Maures, la plus grande du monde après la kasbah de la Mecque.
Historique. — Ce fut d'abord un temple élevé en l'honneur de Janus ; plus tard, au temps des Goths, ce temple fut consacré à St Vincent. Lorsque Abd-er-Rahman I®*" eut résolu d'ériger, au centre de sa capitale, une mosquée qui l'emportât en grandeur et en magnificence sur toutes les autres, il rasa l'église, après avoir indemnisé les chrétiens, et sur son emplacement commença, en 785, la construction de la mosquée qui fut complétée à sa mort (788) par son fils Hisham I. Celui-ci y ajouta une tour pour le muezzin. La mosquée comprenait alors 11 nefs, la nef centrale correspondant à la puerta de las Palmas, et sétendait jusqu'à l'endroit où commence la nef de l'église élevée sous Charles-Quint Au fond de la nef centrale était le premier mihrab (ou sanctuaire). Tout l'édifice, avec la cour destinée aux ablutions et entourée de galeries qui le précédait, était construit sur un plan analogue à celui des mosquées d'Egypte. — Abd-er-Rahman II, de 833 à 848, agrandit la mosquée vers le S., loiit en lui conservant sa largeur, et recula le mihrab qui se trouva alors placé à côté de l'actuelle chapelle de Villaviciosa. — Abd-er-Rahman III éleva un nouveau minaret. Hakem II (961-976) continua à agrandir l'édifice dans le même sens et fit construire le troisième mihrab, celui qui subsiste encore. — Sous Almanzor, le ministre de Hisham II, à la fin du x« s., on ajouta, du côté E., 8 nefs nouvelles qui s'étendaient dans toute la profondeur de la mosquée (cette dernière partie se reconnaît aisément à son pavage en briques rouges). Elle se composait ainsi de 19 nefs ouvertes sur le patio de los Naranjos et se prolongeant en autant de nefs de verdure.
En 1236, lorsque le roi St Ferdinand eut conquis Cordoue, la mosquée fut placée sous l'invocation de l'Assomption de la Vierge, et purifiée. On ferma les extrémités des dix-neuf nefs sur le patio; la sixième seule resta ouverte (c'est auj. la porte de las Palmas). Tout à Tentour, à la dernière rangée de colonnes, on éleva des cloisons, pour faire des chapelles. Pendant près do trois siècles le chapitre se contenta de cette disposition intérieure, mais en 15"?3 il résolut d'ériger un maître-autel, un sanctuaire, une capilla mayor, au milieu du merveilleux quinconce du monument arabe. A cette nouvelle l'administration municipale s'émut, en appela à Charles- Quint et menaça de la peine de mort, par un acte public, tout ouvrier qui f)rendrait part à la démolition de la mosquée, alléguant « que ce qu'on vouait défaire ne serait jamais remplacé par quoique chose qui arrivât à
Il CORDOUE : — CATHÉDIULE. || [R. 28] — 311
semblable perfection ». Le conseil royal intervint, donna tort à l'ayuntamiento et lui prescrivît de lever ses défenses. Mais lorsque Charles Quint vint en Andalousie, trois ans après, il visita la mosquée et parut vivement mécontent. « Si j'avais su, dit-il aux chanoines, ce que vous vouliez faire, vous ne l'auriez pas fait, car ce que vous faites là peut se trouver partout, et ce que vous aviez auparavant n'existe nulle part. » Depuis quelques années, des travaux de reconstitution et de restauration de la mosquée primitive ont été entrepris.
L'édifice est un quadrilatère. Il mesure (avec la cour des Orangers) 175 m. du N. au S. et 134 m. de TO. à l'E. L'extérieur avec ses murailles (8 à 20 m. de hauteur), ses créneaux, ses tours en saillie, est conçu comme une enceinte fortifiée. Les côtés 0. et E. do la mosquée ont des décorations de portes et fenêtres vraiment merveilleuses, mais horriblement mutilées (on les restaure).
La*puerta del Pea^ôn, qui s'ouvre à côté de la tour de rAlminar, a été élevée en style mauresque en 1377 sous Henri II; elle se compose de trois arcs successifs en ogive renflée. L'arc extérieur est couvert d'arabesques finement sculptées et les deux tympans portent l'écu aux armes de Gordoue avec la couronne royale. L'arc intérieur est nu; celui qui fait face à la mosquée est du même style que la tour. Les vantaux de la porte en bronze, couverts d'inscriptions, ont été restaurés en 1539.
La tour dite Alminar, construite par Abd-er-Rahman III, dut être démolie en 1543, elle a été remplacée par une tour carrée de style gréco-romain, commencée en 1593 par Fernand Ruiz, terminée en 1653 par Gaspar de la Pena et réparée après le tremblement de terre de 1755. Elle mesure 12 m. à sa base et 93 m. de hauteur, est divisée en cinq étages, diminuant successivement de largeur, et surmontée d'une statue dorée de St Raphaël tenan*^ une bannière. On peut y monter (pourb. 25 c.) : du sommet, beau panorama sur la ville, les montagnes et Almodovar.
La puerta del Perdôn ouvre sur le * patio de los Naranjos (cour des Orangers), de 130 m. env. sur 55 m., planté d'orangers et de palmiers, orné de cinq fontaines et borde de portiques à l'E. et à l'O. Au N. les portiques cloisonnés renferment les bureaux du Chapitre (où Ton délivre les billets pour la visite de certaines parties réservées de la mosquée, V. ci-dessous).
Sur le patio deux portes donnent accès dans l'intérieur : — 1® la puerta de las Palmas (dans l'axe de la puerta del Perdôn), surmontée d'un frontispice carré avec les statues de la Vierge et de l'ange Gabriel séparés par un vase de lis (xvi',s.). Cette porte décrit un arc mauresque plein cintre et en fer à cheval de 4 m. d'ouverture ; quatre colonnes en marbre supportent les arcs de la porte ; l'intérieur du porche, sous lequel s'ouvrent une grande porte centrale et deux portes latérales, est tout en bois sculpté; — 2° la porte de l'angle S.-E. de la cour.
Visite. — A côté de l'entrée de la tour, dans le patio de los Naranjos on délivre, moyennant 2 p. par pers., les billets pour visiter les parties encloses de la cathédrale : le mihrab, le trésor et le coro; ce prix est abusif; le vestibule et la façade du mihrab se voient très bien du dehors, à travers la grille qui l'enclôt.
Intérieur. — L'intérieur forme, dans le sens de 1*0. à l'Ç., 19 nefs ou allées .et 36 beanconp plus étroites, dans le sens opposé* l^ hauteur de ces nefs
il DE MADRID A GORDOUE. ||
n'est que de 11 m. « Il vous semble plutôt, a dit Théophile Gautier, marcher dans une forêt plafonnée que dans un édifice; de quelque côté que vous
Calle delj^^^^^. Cardenal Herrero
del rerdon
■ Bureaux.
PPoçtigo de TourAImiiTar , la Lèche
Puerta delasPalmas,
FTTT ^ rT^TTrTTTTTTT
^WW": : l l : :
S.ÇsÇeban ^ ^ | f « J.
Q) Capilli
5 major J É
lapilla 1 J
SjMi^er
' " :C.ae°S.ftàr^ :C.||k(îena° o'^i.p;,^,,. o JMaoksuroa}! f^^J^lH I ^ ■
Miliral)
Ch.du ^57/e deJ Cardenal Gonzalez Cardmal
vous tourniez, votre œil s'égare à travers des allées de colonnes qui se croi ' sent et s'allongent à perte ae vue. » ^
Les colonnes, au nombre de 850 environ (on dit qu'il y en eut un millier),] sont de granit, de jaspe, de brèche verte et violette et autres marbres pré-' '^ieùx; elles proviejidraient dea pays les plus divers, de Constantinople, de
Il CORDOUB : — CATHÉDRALE. || [R. 28] — 313
France (Nîmes et Narbonne), d'Espagne (Tarragone et Séville), des temples romains de l'Afrique, notamment de Carthage. Les colonnes de la partie la plus ancienne de lédilice ont des chapiteaux tous difïérents, romains et visigoths. Au-dessus des colonnes de hauteur inégale, s'appuient deux étages d'arcs en pierres superposées, dont les claveaux sont alternativement en pierre blanche et en brique rouge (cette décoration n'existait pas dans la mosquée primitive). Des travaux ont été commencés en 1899, pour dégager le pied et les bases romaines des colonnes, faire ressortir les anciennes arcades, mettre à jour et restaurer les anciens plafonds mauresques sculptés et polychromes, en bois de mélèze; on a reconstitué dans quelques nefs du coro au mihrab ces plafonds aux couleurs vives qui jadis « brillaient comme le soleil sans nuages », illuminés par les feux de milliers de lampes,
La 6* nef, celle sur laquelle s'ouvre la porte de las Palmas, est plus large et plus haute que les autres. En la suivant on passe le long du trascoro (à g.), dans la Salle du 2® Mihrab, ornée de riches arcs et d'une splendide coupole, à côté de la chapelle de Villaviciosa (surélevée ; l'escalier étant démoli, on ne peut actuellement y avoir accès), ou chapelle mudejar datant probablement du règne de Henri II (xiv« s.), dont la merveilleuse décoration de stucs, comparable à ce que la mosquée avait de plus beau, a été restaurée en 1892; sa coupole est un vrai bijou.
A l'extrémité de cette 6« nef est la Kebla, ancienne chapelle de San Pedro ou del Zancarron {grand os; surnommée ainsi par les Espagnols à cause de l'os du pied de Mahomet), ou vestibule du mihrab, entourée de magnitiques arcs entrelacés et superposés. C'est la salle où les fidèles faisaient la prière, avant le visage tourné vers le mihrab, et dans la direction de la Mecque (en réalité vers le S.). La coupole octogonale en pierre de taille, à élégantes nervures, et couverte d'arabesques et de mosaïques très bien conservées, d'une délicatesse infinie, est d'une élégance féerique. La façade du Mihrab, avec ses arabesques, ses inscriptions, ses mosaïques et sa frise d'arcatures est aussi une merveille.
Le *♦ Mihrab est un sanctuaire de forme octogonale, de 3 m. 50 de diamètre, excessivement orné : à mi-hauteur, une frise de colonnettes et d'arcatures trilobées supporte la petite voûte faite d'un seul bec de marbre creusé en conque. — C était dans le mihrab qu'était déposé le Coran ; le livre sacré qui, d'après les auteurs arabes, avait quelques feuilles écrites de -la main du calife Othman, couvert d'or, orné de perles et de rubis, était fixé par une serrure sur un pupitre de bois rares et d'ivoire, et recouvert d'un tapis de soie. Les pèlerins admis dans ce lieu solennel devaient, comme à la kasbah de la Mecque, en faire le tour sept fois à genoux. On peut remarquer que les dalles du sol sont usées circulairement, par suite de ce frottement continuel, et aussi que les plaques de marbre blanc, qui revêtent six des côtés de l'octogone, sont polies pour la même cause.
A g. et à dr. de la Keblaestla Maksurah (cloison à claire-voie enfermant le mihrab, le member et le dekké et formant une enceinte réservée au souverain) dont la partie E. forme auj. la chap. de la Cène.
A côté, la Sacristie renferme : une statue (en bois) de Ste Thérèse de Jésus par Alonso Cano ; une belle custodia gothique, en argent, par Enrique de Arfe (1517). A dr. de la sacristie est la chapelle du Cardinal avec le riche tombeau de son fondateur, le cardinal Pedro de Salazar (-J- 1706). A un pilier de la chapelle du Santo Cristo del Punto est une Annonciation, tableau de Pedro de Côrdoba (1475).
A peu près au centre de l'édifice, de la 6« rangée de colonnes à partir de ro. jusqu'à la 13*, s'élève le Crucero, l'édifice chrétien, en forme de croix latine, sur une longueur de 53 m. et une largeur de 15 m. (35 au transept), ce qui représente l'emplacement de 63 colonnes. C'est une bonne œuvre de style plateresque mais gâtée par le style baroque, et qui contraste d'une façon malheureuse avec le monument arabe. Des sommes cons/.dérables y ont été dépensées par les évêques de Cordoue.
314 — [R. 28] Il DE MADRID A CORDOUE. |1
Coro. — Construit par Fernan Ruiz de 1593 à 1539 : - Chaires sculptées,
avec les attributs des quatre Evangélistes (œuvre de Michel Verdlquiei\
1766); — stalles de style churriguoresque sculptées par Pedro Cornejo au
xviii" s. (scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament) ; beaux livres choraux.
Capilla Mayor. — Commencée en 1547 par Fernan Ruiz, terminée en 1599
I par son fils et Diego de Praves : — retable, œuvre de Matias Alonso (1618-
'■ 16-28), orné d'une peinture de Palomino; — à la voûte, lampadaire d'argent
(xvii" s.) do 184 kilog.
On a mis à jour une partie de l'ancienne façade E. do la mosquée avant le dernier agrandissement à l'E.
En sortant de la cathédrale par Tune des portes 0., on descend dans la calle de Torrijos, où l'on remarque à dr. d'abord le très joli portail de SanJacinto, du style gothique fleuri (xvi*s., cette chapelle fait partie de la Casa de expositos^ PI. 9), puis le palais épiscopal (PI. 6), plusieurs fois reconstruit sur remplacement de l'Alcazar des rois arabes et dont la dernière restauration date de 1745 (à Tint., curieuse collection de portraits de tous les évoques de Gordoue depuis la conquête ; jardins).
La calle de Torrijos aboutit à une peîilf* esplanade surélevée (vue sur le Guadalquivir) qui porte le Triujifo, bizarre monument de marbre et de rocaille par Graveton et Verdiguier {il Q^), surmonté d'une colonne, avec statue dorée de Tarchange Raphaël, le patron de Gordoue.
En prenant à dr. la calle Amador de los Rios, que borde à dr. le palais épiscopal, on atteint VAlcazar nuevo (PI. 12; auj. prison), qui conserve les restes des constructions d'Alphonse XI. Le jardin de VAlcazar (propriété privée) est accessible d'une terrasse qui domine le fleuve.
On revient de là au Triunfo d*où Ton se dirige vers le fleuve; franchissant la puertadel Puente, exécutée, dit-on, sur les plans de Herrera, on s'engage sur le *pont, long de 240 m., large de 6 m. 50, dont la construction est attribuée à Octave-Auçuste et qui fut reconstruit par les Maures et restauré plusieurs fois. Il se compose de 16 arches appuyées sur des piliers que défendent de solides étriers cylindriques. De là on a une vue assez curieuse sur la ville.
A l'extrémité S. du pont, et en avant d'un faubourg nommé le Campo de la Verdad, s'élève une ancienne et pittoresque tôte de pont ifialahorra) à créneaux et à mâchicoulis. En bas, au ras de l'eau, se voient de vieux moulins arabes.
Parmi les édifices religieux de Gordoue, nous mentionnerons : — San Miguel (PI. G, 2), église gothique à 3 nefs qui possède (à dr.) une chapelle gothico-mudejar très remarquable avec coupole octogonale; — San Pedro (PL 3), qui fut, dit-on, église chrétienne au temps des Romains et des Goths, et môme sous la domination arabe; — Santa Marina (PL 4), très belle église gothique à 3 nefs et une abside remarquable (clocher Renaissance; à Tint., peintures-, des Gastillo); — San Agustin (PL 8), dont l'intérieur, chef-d'œuvre de mauvais goût, renferme au maître-autel un curieux tabernacle en bois de cèdre ; — San Pablo (PL 7 ; couvent), vaste basilique à 3 nefs, ^ où Ton remarque des chapiteaux arabes, des restes de constructions
llBELMEZ. Il [R. 28] - 315
et de décorations de style mudejar (notamment dans la sacristie);
— San Lorenzo (PI. F, 3), église i^otliiqae avec une très belle rosace;
— Et Carmen (PI. E, 4), qui renferme un beau tableau d'autel par V aidés Leal.
Le Musée provincial (Pi. U) est installé dans VEscuela de Sellas Arles,
Il renferme des inscriptions, des sculptures, romaines et visigothes, un petit cerf en bronze (travail arabe exceptionnel), des frises mauresques, des carreaux de faïence, des dessins de divers peintres, en particulier des Castillo (famille d'artistes cordovans), et quelques peintures (Repos de la Fuite en Egypte par Ribera^ Reniement de St Pierre par Ant. del Castillo, etc.).
Parmi les édifices dont les façades et les portails sont les plus remarquables, il faut citer le portail Renaissance de la casa de Gerônimo Paez, sur la place du môme nom (PI. G, 3). Sur un grand nombre d'autres édifices, on remarque des inscriptions en l'honneur des empereurs, des consuls et des magistrats, des colonnes milliaires, des statues, des épitaphes. L'une de ces inscriptions, placée sur une tour qui s'élève non loin et à l'O. de la pueria de Colodro (PI. E, 1), rappelle qu'elle fut édifiée en 1406 « sous le règne du puissant don Henri ill » ; la tradition a nommé cette tour la Malmuerta, et rapporte qu'elle fut construite aux dépens d'un chevalier qui avait assassiné sa femme, et qui obtint sa grâce à ce prix.
[Couvent des Ermitas de Côrdoba (^ 2 h. env. O. ; on peut faire l'excursion en 5 h. env. aller et ret. ; voit. 20 p.; bien s'entendre pour le prix ; le permis de visiter s'obtient à l'évêché, mais on peut le demander à riiôtel; les dames n'entrent pas dans le couvent). — C'est surtout pour la vue magnifique dont on jouit en route que cette excursion doit être signalée. Le couvent {convento Êrrnitafio) n'offre rien de remarquable, à l'exception de 2 mosaïques. D'une plate-forme, sur laquelle a été placé un siège en pierre appelé la Silla del Obispo, on découvre un beau panorama.
Castillo de Almodovar (p. 316).]
DE CORDOUE A ALMORCHON (^ 135 k., en 5 h. 30 par le correomixte ; 17 p. 15, 12 p. 90, 8 p. 60). — Cotte ligne qui sert principalement à l'exploitation du bassin houiller de Belmez, franchit d'abord le ravin du Pedroche et passe dans 3 tunnels. — 13 k. Balanzona ; très belle vue en arrière sur Cordoue et l'Andalousie. — 2 tunnels. — 23 k. Obejo. — 31 k. Vàcar à 578 m. ; à 2 k. à dr., ruines d'un château mauresque. — La ligne descena par 3 tunnels dans la vallée du Guadiato. — 53 k. Espiel, centre d'exploitation de gisements considérables de phosphate de chaux et de houille.
72 k. Belmex, petite ville de 8,978 hab., à 490 m., au centre d'un bassin houiller d'une grande richesse, et dominée par une colline rocheuse et escarpée que couronnent les ruines d'un château mauresque.
79 k. PenarroYa, desservant l'importante mine (3 k.) « la Terrible »; X à rO. sur Fuente del Arco (p. 302; 69 k. en 4 h. env.). et à TE. sur (53 k.) Pozoblanco et Conquista (93 k., en 4 h. 20).
On passe dans le bassin du Zûiar, sur le versant N. de la sierra Morena, et après les stations de (95 k.) Valsequillo et (116 k.) Zùjar, on atteint (135 k.) Almorchôn (p. 300).
DE CORDOUE A MARCHENA (^ 100 k., C«» des Andalous, en 3 h. 10 à 5 h.; 13 p. 75, 10 p. 30; 6 p. 25). — La voie franchit le Guadalquivir. — 8 k. Valchiliôn, X sur Bobadilla (p. 355). — Pont sur le Guadajoz. — 34 k. Xa Carlota. — On franchit le faîte de la ligne de collines qui bordent la
316 — [R. 29] llDE MADRID A SE VILLE. ||
vallée du Génil. — 56 k. Ecija, ville de 24,372 hab., d'aspect pittoresque, sur le Génil (dans V église de Merced, retable avec peintures du commenc. du xvi« s.). — 100 k. Marchena (p. 352).
De CORDOUE A SÉviLLE, R. 29 ; — à Grenade, par Bobadilla, R. 33 et 32; — à Algeciras et Gibraltar, R. 33; — à Màlaga, R. 35.
Route 29. — DE MADRID A SEVILLE