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Normand Nicolas Chairanais. tin peu plus loin, vers l'E., la travessa dos Bicos conduit à la raa dos Bacalhoeiros où la casa dos Bicos (maison des Pointes) est une des curiosités du vieux Lisbonne. C'est un bâtiment, de la première moitié du xvi® s., à un étage et qui compte plus de portes que de fenêtres; la façade est' d'une originalité naïve : les pierres sont taillées en « pointes de diamants », à l'italienne, comme dans la casa de los Picos de Ségovie.
Dans la même rue, à g., en venant du centre de la ville, des arcades donnent accès à des ruelles tortueuses grimpant sur le flanc de la colline : ainsi VArco das portas do Mar encadre un très pittoresque coin digne d'arrêter un aquarelliste ; un autre, VArco escuroy donne sur un carrefour en boyau, sorte de truanderie misérable et sinistre. Toutes ces ruelles enchevêtrées débouchent autour de la cathédrale qui s'élève sur le flanc S. de la hauteur.
Se patriarcal (ou Santa Maria; cathédrale) a été reconstruite après le tremblement de terre; il ne reste de l'édifice romanogothique primitif qu'une partie de la façade du xiv® s., mutilée, le chœur et les deux chapelles de l'abside ; on reconstruit actuellement le monument dans le style primitif.
Intérieur. — CapellaMôr (chapelle du maître-autel) : tombes d'Alphonse IV (•^ 1357) et de sa femme Béatrix. — Dans le déambulatoire N., près de la porte conduisant au cloître, une ancienne chaire épiscopale en pierre aurait servi de siège à Alphonse lorsqu'il rendait justice. Le cloître, fort ruiné, est une construction robuste du xiii» s., imitée du cloître cistercien-bourguignon d'Alcobaça. — Riche *trésor (entrée par le chœur; visible avec une permission du trésorier ; pourboire au gardien : 200 r. ; 500 r. pour une famille) : célèbre croix Philippine de style florentin de la Renaissance ; grand ostensoir, calices, missels, etc. On évalue à 15 millions defranœ les richesses de ce trésor.
Tout près et à PO. de la Se, Véglise de Santo Antonio da Se, rebâtie en 1812, occupe l'emplacement de la maison où naquit St Antoine de Padoue.
Au N.-E. de la cathédrale on peut, par la rua do Arco Limoeiro, monter au largo do Limoeiro, où se trouvent à g. les prisons civiles (ancien palais du comte Andeiro), et au largo de Contador mor, où la petite travessa de Fanil et, à g., la rua do Châo da Feira conduisent au castello de Sâo Jorge (forteresse de Saint-Georges), l'ancien castello dos Mouros, transformé en résidence royale par Alphonse III (f 1279). Il reste encore, du temps des Maures, une partie des murailles et des trois tours d'Ulysse, de Menagem et d'Albarram, Dans l'enceinte du château la petite église de Santa Cruz do Castello renferme une image de St Georges très vénérée. De cet endroit, ou mieux encore de l'esplanade qui couronne le castello (accès facile; s'adresser au sergent de garde), on a une très belle vue.
Au N. de l'église s'étend la Praça Nova, où l'on voit sur le mur Touverture de la porte de Moniz dans laquelle s'interposa D. Martim Moniz pour empocher les Maures de la fermer, permettant ainsi, par le sacrifice do sa vie, aux soldats de D, AfFonso Henriques d'entrer dans la citadelle. Sur la porte, dans une niche, le buste en marbre du héros et une inscription qu'y ût placer le comte de Castello Melhor, en 1646, rappellent cette action d'éclat
li LA se; MUSEE D ARTILLERIE. || [R. 45] — 41^3
Reveuu à la rua do Ghâo da Feira, on va tout droit par le pateo
de dom Eradique et on descend au largo do Menino Deus d'où l'on
i monte au N.-E. à Véglise de Sdo Vicente de Fora (PI. d'ensemble, ()),
reconstruite de nos jours, sauf la façade, d'une belle ordonnance,
qui est du xvi' s.
L'intérieur est richement orné. — Près de la Capella Môr, caveau où sont enterrés les patriarches de Lisbonne. — Sacristie (riche décoration en marbre).
Le couvent (mosteiro), jadis aux religieux Augustins, sert de résidence au cardinal-patriarche. Dans le cloître se trouve le Panthéon Royal (pour l'entrée s'adresser au gardien, pourb.) des souverains portugais, depuis Jean IV (f 1656) jusqu'à D. Carlos (f 190:5).
Au N. de Sâo Vicente, la rua da Infancia monte au largo da Graça (d'où un funiculaire descend dans la ville basse) où est à g. Véglise Nossa Senhora da Graça (PI. d'ensemble, 3) renfermant l'image, très vénérée, du Christ portant la croix. La rua de la Graça puis, -tout de suite à g. la travessa do Monte mènent à Véglise Nossa Senhora do Monte, à 100 m. d'alt. (belle vue), où se voit le blason de la fondation de la monarchie, érigé en 1148. Si Ton suivait la rua de la Graça qui se continue par l'estrada da Penha da Franca, on irait à Véglise Nossa Senhora da Penha de França (PL d'ensemble, 4), bâtie à liO m. d'alt. et dominant une grande étendue de pays (vers le N.-O. la serra de Cintra et l'Océan).
A TE. de Sào Vicente, sur la place dite Campo de Santa Clara, sont réunis quelques édifices dépendant de l'administration militaire. Au S., la vaste église de Santa Engracia (PL d'ensemble, 5), en forme de rotonde, d'une' très belle architecture, commencée vers 1650 et toujours inachevée (son achèvement nécessiterait cependant peu de travaux), a donné naissance à l'expression proverbiale populaire : « Obras de santa Engracia », pour désigner toute bes(îgne qui ne s'achève jamais. Sur la place et dans les rues environnantes a lieu tous les mardis la feira da ladra (vente de vieux vêtements et objets divers, très fréquentée par les antiquaires). — On passe à côté de la Fonderie de canons, et, par la calçada do Museu de Artilheria, on longe le côté 0. de l'Arsenal do Éxercite, qui atteint le quai dit caes dos Soldados, près de la gare de ce nom, dite aussi de Santa Apolonia (actuellement elle n*est ouverte qu'aux marchandises).
L'arsenal do Exéreito (PL d'ensemble, 15), bâti au xviii® s., a une assez belle porte principale, en face de la gare.
Au 1" étage, du côté N., bureaux du Commando do Artilheria (où il faut demander la permission de visiter).
Le musée d'artillerie (musea de artilheria, entrée par la calçada do Museu de Artilheria; visible 1. 1. j. sauf dim. et fêtes entre 10 h. et 4 h., pourboire de 100 à 150 r.) renferme une collection intéressante-d'armes de toutes les époques, de modèles, etc.
Rez-de-chaussée. — Vestibule. — Au plafond, trois allégories par Sousa Bodrigues sur les conquêtes et les découvertes des Portugais. — Aux angles, iBédaillons de D. Joâo I, Nun' Alvarcs, D. Manuel I et Vasco da Gama. — A g., SALLE Vasco da Gama : plafond par itfantni ; buste de Yasco da Gàma.
-y El PAONS. 31
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1*' étage. — Salle D. Carlos : plafond par Luciano Freire\ en face do l'entrée, Bataille de Bussaco, par Bamalho; à dr., portrait du roi D. Garlos, par Félix da Costa^ deux tableaux par Teixeira Bastos. — Salle D. Maria II : plafond par Bruno, José do Valle et Pereira Pegado ; portrait de D. Maria II par Joaquim Raphaël; magnifiques sculptures sur bois. — Salle D. José : superbes bois sculptés. — Salle D. Joao V : deux petites toiles, une de Luciano Freire (combat de Matapan) et l'autre à' Arthur de Mello (embarquement du comte de Rio Grande, commandant do la flotte qui aida Tltalie contre les Turcs). — Salle D. Maria Pia : portraits d© la reine et de l'infant D. Alfonso, par Mme Santos Braga ; médaillons et toiles de Condeixa et Colaço. — Salle D. Amelia : portraits de la reine, du défunt prince royal et de l'infant D. Manuel, aujourd'hui détrôné; médaillons représentantD.Joào de Castro et le connétable D. Nuno Alvares Pereira. — Salle du baron de Monte Pedral (fondateur du Musée) : buste du baron. Do cette salle un ' escalier intérieur descend dans la cour. — Salle Europa : décorations do Columbano Bordallo Pinheiro. — Salle Afrique : plafond avec allégories du ^ Maître d'Aviz, de l'infant D. Henrique, etc. ; portrait du général Eduardo | ,Castello Branco, par Columbano; bustes de D. Pedro V et de D. Luiz I. — | Salle de D. Pedro IV : plafond avec allégories des campagnes de la liberté 1 par Columbano; au centre, buste de Sa da Bandeira, par Iz. duchesse de \ Palmella. — Salle Pimentel Pinto : plafond par Domingos Costa. Aux mur la ■ décorations de Columbano et tableaux de Condeixa. — Salle D. Joao IV i portraits des principales figures de la Restauration; Couronnement de ^ 7). Joào IV, par Velloso Salgado. — Salle Infant D. Henrique : en face de 'i l'entrée, l'infant D. Henrique, grande toile par Malhôa. ^
Le matériel de guerre exposé est divisé en 6 sections : 1° armes anciennes | comprenant : armes de l'âge de pierre, de l'âge du bronze, armes grecques, 2 romaines, mérovingiennes; — 2<* armes portatives du moyen âge; — 3* 1 armes modernes; — 4° canons d'origine portugaise, canons étrangers; — i 5° modèles; — 6® objets divers. \
Au delà de la gare du caes dos Soldados, la rua Santa Apolonia j et la calçada da Madré de DeuSy longeant la rive de l'estuaire, con- !] duisent à l'Asylo Maria Pia (PI. d'ensemble, 9 ; passé le pont du ch. de fer, tourner à g. et s'adresser au concierge), installé en 1867 dans l'ancien palais des marquis de Niza et destiné à recueillir les pauvres des deux sexes et de tous âges. Les enfants y reçoi- J vent l'éducation et l'apprentissage de divers métiers. On y remar- ^ que deux jolis cloîtres dont un gothique, et de beaux lambris en i faïence du xvni^ s. et modernes. I
A l'intérieur de l'asile, l'église de la Madré de Deus, qui api artenait jadis à un couvent de Franciscaines, fut fondée en 1509 par D. Leonor, épouse de Jean II.
Dans l'église, très richement décorée au xviii* s., importants panneaux peints du xvi« s. ; dans la sacristie, histoire de Ste Ursule et de sa compagne y te Auta. Les panneaux du xvi® s. qui avaient été réunis dans une salle de couvent, ont été transportés en 1911 au musée.