PALMA
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Fonda deMallorccu
Mètres
OÙ se trouve la façade principale, datant du xix*" s. (la porte principale ou paerta Major est, toutefois, de la fin du xvi^ s.); du côté S. est le remarquable portail dit del Mirador, commencé en 1389 par Pierre Morey (f 1394), continué par Jean de ValencienneSy GuiÙem Segrera, etc.
Intérieur. — Long. 100 m., larg. 40 m., haut. 45 m.; 3 nefs, aux voûtes ogivales soutenues par deux rangs de T piliers très élancés (20 m. de hauteur sur un diamètre de 1 m. 75). — Superbes stalles sculptées au fond de la grande nef, dite Capilla Real. — Sala Capitular : tombeau de l'antipape Clément Vlll (Gil Munos), mort évêque de Majorque en 1447. — Chap. de la TniNiTÉ : tombeaux des rois Jaime 1*"" et Jaime IL — Chap. du Corpus Christi : tombeau de la fin du xiv* s. du premier évoque de Majorque, Torrella {f 1266). — Chap. de San Martin : trophées de guerre et écussons. — Chap. de Ntra Sra de la Corona : tombeau gothique de l'évoque de Galiana (1375). — Chap. de los Salas : mausolée élevé, en 1811, par les Certes, à la mémoire du général marquis de la Romana, chef de partisans dans la guerre de l'Indépendance. — Baptistère : fonts ea mar-
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bre et en stuc doré. — Dans le trésor^ reliquaire avec un morceau de la vraie croix et riches ornements d'or et d'argent, notamment deux superbes candélabres.
Laissant à g. le palais épiscopal (en arrière de la cathédrale), on descendra de la terrasse, par des escaliers, sur une place plantée d'arbres, que prolonge la promenade des remparts (belle vue), très fréquentée Taprès-rnidi en hiver, le soir en été. Suivant cette promenade à dr., on descendra- au quai pour aller visiter la Lonja.
La *Lonja, jadis la Bourse de Palma et auj. Musée provincial (public le dim. et le jeudi, visible t. L j. pour les étrangers, en s'adressant au portier, qui demeure en face, calle de la Doteria, 10; pourboire), commencée en i426 et terminée en 1448, par Guillem Sagrera, est l'un des plus intéressants monuments gothiques de l'Espagne.
Intérieur. — Il se compose d'une très grande sallo, fort élevée (6 colonnes cannelées en spirales d'une extrême légèreté; fenêtres d'un dessin exquis; aux murs, tableaux anciens et sans valeur pour la plupart; aux portes des encoignures, quelques sculptures, écussons, etc.). — De la grande salle on sort dans le jardin pour voir la façade (porte et deux fenêtres très belles). Un escalier en pierre d'un seul bloc et une rampe en pierre conduisent à la terrasse (curieuses gargouilles du côté du port), d'où l'on monte, par l'escalier intérieur d'une des quatre tours d'angle, sur une petite plate-forme (belle vue sur la rade en face, et, en arrière, sur la ville). On descend par un autre escalier à support cannelé, sur lequel s'ouvre une petite tribune en saillie sur l'intérieur, avec vue sur la salle.
En sortant de la Lonja, on remarquera à g. et à côté de cet édifice, la maison du Consulat de la Mer, ancien tribunal de commerce, auj. Ecole supérieure de Commerce (façade avec très belles colonnes à la galerie extérieure et loggia). Par la calle de la Marina, on regagnera la calle del Palacio ( F. ci-dessus), qui aboutit à la plaza de Cort, sur laquelle, à dr., se trouve la Casa Consîstorial, ou hôtel de ville (xvi** s.) : le toit, s'avançant en auvent de 3 m. env., est soutenu par des caissons à rosaces richement sculptées sur bois et par de longues cariatides couchées; la façade, restaurée à la suite d'un incendie, est beaucoup moins remarquable.
Intérieur. — Nombreux tableaux : Martyre de St Sébastien, par van Dyck; curieux tableau représentant les Funérailles de Jiamon Lull; portraits de célébrités majorquines. — Curieux manuscrit et armoriai du xv® s., contenant les armes de la famille Bonapart, dont un membre, Hugo Bonapart, natif de Majorque, aurait été envoyé en Corse, en 1411, en qualité de gouverneur, par le roi Martin d'Aragon, ce qui assignerait aux Bonaparte une origine majorquine.
Attenant à Thôtel de ville est le palais de la Diputaciôn, près duquel se trouve Véglise gothique de Santa Eulalia {restaurée). On laisse en face la calle Golôn {V. ci-dessous), pour prendre à dr. la calle de San Francisco, qui débouche sur la plaza de San Francisco,
Uéglise San Francisco, du xvv s., est remarquable par les sculptures de son portail (xviii* s.) et la superbe rosace qui le surmonte. A Tint., tombeau (xiii® s.) du bienheureux Ramon Lull, le plus célèbre des Majorquins, martyrisé à Bougie. A cùlé de l'église, cloître à double galerie, d'un gothique très fin.
Il MAJORQUE : — PALMA. |1 [R. 5] — 59
Dans les petites rues du voisinage, notamment dans la calle de la Almadaina, on peut voir d'anciennes maisons aux portes et aux fenêtres sculptées, et dont les patios ou cours intérieures offrent de ravissants motifs d'architecture.
Revenant sur ses pas jusqu'à la Casa Consistorial, on prend en face la commerçante catle Colôn^ suivie par le tram, sur laquelle une petite rue à g. mène au A/a/c/te (curieux pour l'étude des types du pays). La place du Marché est contiguë à la plaza del Teatro, où s'élève le Grand Théâtre et où commence la Rambla, boulevard planté d'arbres où se trouvent la Plaza de Toros et la gare du ch. de fer de Felanilz; on pourrait aussi s'y rendre en continuant à suivre la calle Côlon jusqu'à la plaza Mayor, et en prenant, au delà, la longue calle de San Miguel {église de San Miguel, ancienne mosquée avec un beau portail j^u xii* s.; au n** 86, belle cour à colonnade du Jazgado),
Nous recommandons aux touristes qui séjourneront à Palma de se faire conduire à la casa Font y Roig, pour voir (dans le jardin) les bains arabes, et aux casas du marquis de Vivot, du vicomte d'AyamanSy du marquis de SoUerich et Oleza, dont les patios méritent une visite. Ces vieilles maisons patriciennes renferment de fort beaux meubles, des tableaux de maîtres, des curiosités dignes d'intérêt et de belles tapisseries flamandes. Parmi les collectionneurs, nous pouvons citer : le marquis de Palmer, calle del Sol (superbe façade; vieilles armes); — M. Quint Zaforteza, calle San Felio (armes et antiquités); — M. Jaime Planer, calle Merced (archéologie); — le marquis de Campo/ranco, calle Pueyo (buste de Q. Geci- Jius Metellus Balearicus, conquérant romain); etc.
On peut encore visiter : la Biblioteca provincial (entrée par la calle del Seminario; 20,000 vol. recueillis pour la plupart dans les couvents supprimés en 1835, dont 200 incunables); — et le Museo Luliano, plaza de la Sapiencia (archéologie; incunables; curiosités; manuscrits de Ramon Lull).
[Environs. — i° * Château de Bellver (3 k. 5 env. G.; route g^oudronnée jusqu'au Terreno; voit, de place, 2 p. 50 1 h. ; on peut prendre le tram de Port-o-Pi, partant de la place CoU, dans le haut de la ville, avec arrêt au port, jusqu'au Terreno, 15 c. ; de là, 10 à 15 min. à pied). — On passe à côté de la Lonja, le long du port, puis on franchit le Riera et l'on traverse l'important faubourg de Santa Caialina. La route, très poussiéreuse, se tient entre des murs blancs. — 2 k. El Terreno^ arrêt du tram; on prend à dr. la route du château (suivre les poteaux du téléphone : ne pas prendre le chemin qui se détache à g.). On arrive ainsi à l'entrée de l'enceinte, oà l'on a le choix entre la route de voit., qui décrit des lacets dans les pins, et un sentier rapide qui monte directement.
3 k. 5. Château de Bellver, forteresse construite par Jaime II, devenue plus tard une prison d'Etat et que le roi Alphonse XllI a donnée à la ville de Palma. On monte d'abord à la tour (vue très belle et étendue; quand le temps est clair, on découvre Cabrera), puis on visite le superbe patio (colonnes et voûtes en ogive ; puits) et diverses pièces, notamment celle où fut détenu Jovelanos, le savant écrivain, ministre de Charles IV, et celle où François Arago, venu à Majorque en 1808 pour mesurer le méridien, fut gardé quelques mois pour être soustrait à la populace surexcitée. Une plaque de marbre dans un mur signale l'endroit où fut exécuté, le 5 juillet 1817,