CHRÉTIENS. DON FERDINAND EST ELU
ROI D’aRAGON.
Le fils de don Enrique III n’avait encore que vingt-deux mois; aussi n’^ tait-il personne en Castille qui ne s’alarmât en songeant que le royaume allait être de nouveau livré' à toutes les agitations d’une longue minorité.
Beaucoup de seigneurs répétaient que, dans l’intérét général, il fallait se conformer aux anciens usages de la nionarcliie ; que, dans le principe, la royauté était élective, et que trèssouvent, lorsque le fils du roi ne s’était pas trouvé en âge de gouverner par lui-même, on avait fait monter son oncle sur le trône. Un nombreux parti, qui avait pour chef le connétable don Ruy Davalos , voulait déférer la couronne au frère de don Enrique III, comme on avait préféré don Sanche IV à don Alonzo de la Cerda. Quelquesuns même citaient des prophéties qui promettaient une couronne à don Ferdinand l’Honnête. Mais celui-ci donna l’exemple d’un désintéressement et d’une loyauté bien rare : il repoussa les offres qui lui étaient faites. Quand les grands et le peuple furent assemblés pour reconnaître le successeur de don Enrique, le connétable don Ruy Lopez Davalos vint encore demander a Ferdinand qui l’on devait proclamer.
« Qui pourrait-on proclamer, répondit-il à haute voix, sinon le fils de mon frère? » Il donna l’ordre qu’on levât les étendards pour don Juan second, son neveu, dont le nom fut salué par les acclamations des rois d’armes et par celles de la foule. Don Ferdinand se contenta de réclamer l’exécution du testament de don Enrique. Par cet acte, qu’il avait rédigé peu de temps avant sa mort, le roi confiait le gouvernement du royaume à dona Catherine, sa veuve, et à don Ferdinand, son frère. Il chargeajt Juan de Velasco et Lopez de Zuniga de l’éducation du jeune roi; mais la reine ne voulut pas souffrir qu’on la dépouillât du droit que la nature lui avait donné d’élever ellemême son fils. Cette dernière disposition du testament ne fut donc pas exécutée, et dans les cortès du royaume, réunies à Ségovie au commencement de 1407, pour indemniser Juan de Velasco et Lopez de Zuniga de ce qu’on leur enlevait ces fonctions, on donna 6,000 florins à chacun d’eux. Dans la même assemblée, on chargea don Ferdinand du soin de faire la guerre contre les Maures de Grenade , et on loi
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accorda les subsides nécessaires h cette entreprise. Ce prince se mit donc à la tête de l’armée. Il remporta plusieurs avantages sur les ennemis auxquels on reprit Ayamonte. Zahara leur fut aussi enlevée. Don Fernand , dans les premiers jours de l’année suivante (1408), réunit de nouveau les cortès à Guadalaxara , et cette assemblée lui accorda pour continuer la guerre un subside de 1.50,000 ducats. Les chrétiens recommencèrent donc à faire des incursions sur le territoire ennemi. Les Maures demandèrent en vain la paix; on ne leur accorda qu’une trêve de huit mois. C’est pendant cet intervalle que vint à mourir le roi de Grenade Mohammed-ben-I5alba. Ce prince s’était emparé du trône au préjudice de son frère aîné, qu’il tenait prisonnier dans le fort de Salobrena. J.orsqu’il sentit sa fin s’approcher, il voulut assurer à son fils le couronne qu’il avait usurpée, et il donna l'ordre de mettreYuzuf a mort. Il écrivit à i’alcayde de Salobrena une lettre dont les historiens arabes nous ont con.servé le texte. Il y disait : « Alcayde de Salobrena , mon « serviteur , aussitôt que tu recevras « cette lettre des mains de Ahnied-ben- « Xaras, l’un de mes officiers, tu ôte- X ras la vie à Cidi Yuzuf, et tu m’en- « verras sa tête par le porteur. J’eso père que tu ne leras pas faute à mon « service. » Lorsque cet ordre arriva à Salobrena, Yuzuf était occupé à jouer aux échecs avec l’alcayde. Celuici, ayant aussitôt pris connaissance de ce message, se troubla et ne put pas dissimuler l’angoisse qui l’agitait; car Yuzuf avait su par sa bonté et par son caractère aimable se faire chérir de tous ceux qui l’entouraient. L’alcayde ne savait comment lui faire part de l’ordre cruel qu’il venait de recevoir; mais Yuzuf le deviua : « Que veut le roi? lui dit-il; c’est ma tête qu’il demande. On m’accordera bien quelques heures pour disposer de ce qui me reste en ce monde! » Mais l'envoyé répondit que son temps était compté, et qu’il ne pouvait dépasser le nombre a’heures qui avaient été fixées pour son retour. « Au moins, reprit Yuzuf,
achevons notre partie d’échecs.» L’alcayde était si troublé qu’il ne touchait pas une pièce sans faire quelque inadvertance. Yuzuf, qui avait conservé tout son sang-froid, l’avertissait à chaque coup de ses erreurs. Cependant la partie approchait de sa fin, quand deux cavaliers, dont les chevaux étaient couverts de sueur, arrivèrent à Salobrena. Ils annoncèrentque Mohammed était mort le 14 de la dernière lune de la 810' année de l’hégire (limai 1408), et que lé peuple avait élu Yuzuf pour roi. Ce prince échappa de cetle manière à la mort pour monter sur le trône, et il fut proclamé sans opposition. Il ne suivit pas les exemples que son frère lui avait donnés ; il se montra clément et miséricordieux. Comme on lui présentait la liste des personnes qui s’étaient employées le plus activement pour faire monter Mohammed sur le trône : « Je ne veux (las la connaître, dit-il ; je serais peut-être tenté d’être cruel à leur égard : ce serait leur fournir une juste excuse pour m’avoir préféré mon frère. »
Un des premiers soins du nouveau roi fut de faire demander aux régents de Castille de prolonger de plusieurs années les trêves qui avaient été consenties du vivant de Mohammed-ben- Balba. Une transaction de cette nature ne pouvait se terminer sans une longue négociation, et, tandis qu’on s'occupaitdu traité,de nouveaux incidents vinrent rendre la paix impossible. Les chrétiens avaient, durant la guerre précédente, abandonné le fort dePriego. Les Maures, le trouvant sans défense, y étaient entrés ; mais, pensant que la conservation de ce poste leur coûterait trop de peines et de dépenses, ils l’avaient abandonné à leur tour.
Don Ferdinand , jugeant qu’il était avantageux d’occuper de nouveau cette position en fit relever les murailles.
Soit que les Maures aient considéré ces travaux de fortification comnoe un acte d’hostilité commis au mépris ée la trêve, soit qu’ils ne fussent portés à cette agression que par leur haine habituelle pour les chrétiens, ils attaquèrent subitement Priego, et s'en empa-
rèrent. Ferdinand, irrité, en devint plus exigeant : il voulut que, avant tout, le roi de Grenade se reconnût vassal du roi de Castille, ain<!i que l’avaient fait ses prédécesseurs. Yuzuf refusa de se soumettre à ce qu’il regardait comme une humiliation, et la guerre recommença dans les premiers jours de l’année 1410. Le tll avril 1410 (22dsiihassia 812), le régent alla mettre le siège devant Antequera. Les Maures firent de vaines tentatives pour secourir cette ville; leur armée, forte de 80,000 fantassins et de 5,000 cavaliers, vint attaquer les chrétiens; mais ceux-ci, quoique beaucoup moins nombreux, remportèrent une victoire signalée. Enfin, après cinq mois de siège, ils enlevèrent la ville d’assaut, le mardi IC septembre 1410 (16 sjumada 1'”' 813). Les Musulmans, voyant la ville prise, se retirèrent dans la citadelle, où ils résistèrent encore huit jours; mais ils furent forcés de capituler le 24 septembre (24 sjumada 1"^). Cette glorieuse conquête, en plaçant Ferdinand au rang des premiers capitaines de son époque, contribua sans doute autant que les droits du sang à lui assurer par la suite la couronne d’Aragon. Pendant que les Castillans assiégeaient Antequera, des événements se préparaientqui devaient changer la face de la Péninsule. Don Martin, le dernier fils de don Pedro le Cérémonieux, avait eu quatre enfants de la reine dona Maria , sa femme; mais trois étaient morts en bas âge. Il ne lui restait plus que don Martin, roi de Sicile. Ce jeune prince, ayant été forcé d’aller faire la guerre en Sardaigne, pour réprimer les révoltes de ce pays, fut atteint à Cagliari d’une maladie dont il mourut, le 25 juillet 1401). Don Martin de Sicile avait été marié en premières noces avecdona Maria de Sicile. Il en avait eu un fils nommé don Pedro, mais cet enfant était mort encore au berceau. Sa mère lui avait survécu peu de temps, elle était morte le 27 mai 1401. Don Martin avait alors épousé dona Blanca, infante de Navarre, qui lui avait donné un fils nommé don Martin, mort au mois d’aodt 1407. 11 laissait bien encore une
fille nommée dona Violante, et un fils appelé don Fadrique; mais ces enfants étaient le fruit d’amours illégitimes.
Sa mort ouvrait la porte à une foule d’ambitions; car il ne restait plus pour succéder au trône d’Aragon que des héritiers éloignés. Dans l’espoir d’assurer la tranquillité du royaume, don Martin se maria de nouveau. Il épousa Marguerite de Prudes, qui était du sang royal. Il n’avait que cinquante et un ans, et l’on pouvait encore espérer qu’il aurait des enfants; mais sa santé était délabrée, et cet espoir était bien douteux. Aussi le duc d’Anjou ne balança pas à déclarer ses prétentions , et, le 17 septembre 1409, le jour même qu’on célébrait le deuxième mariage de don Martin, il fit demander à ce prince de reconnaître pour héritier présomptif de la couronne Louis, duc de Calabre, son fils, qu’il avait eu de son union avec dona Violante, fille de don Juan 1'” d’Aragon. Le roi regarda comme de mauvais augure qu’on vînt au milieu des fêtes de son mariage lui demander de choisir un successeur. 11 reçut l’ambassadeur chargé de ce message; mais il ne lui fit pas de réponse. Cependant il ne tarda pas à tomber grièvement malade. Ce furent, dit-on, les remèdes qu’il prit, dans l’espoir de ranimer ses forces et d’obtenir un descendant, qui achevèrent de ruiner sa santé. Il était au lit de la mort dans une cellule du couvent de Valdoncellas, lorsque les députés du royaume vinrent le prier de déclarer quel était son légitime successeur. Il répondit que c’était celui qui aurait le meilleur droit. On ne put tirer de lui aucune autre parole. Il mourut le 31 mai 1410, et en lui finit la descendance masculine des comtes de Barcelone.
L’infant Ferdinand l’Honnête était occupé au siège d’Antequera lorsqu’il apprit la mort de don Martin, son oncle. Il fit aussitôt rédiger une déclaration publique par laquelle il acceptait la couronne d’Aragon , bien que personne ne la lui eût encore ofierte, et il envoya des ambassadeurs en Aragon, pour qu’ils y fissent valoir ses droits.
Les préteudants à la couronne étaient
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au nombre de cinq. D atord, don Fadrique, duc de Luna, fils naturel de don Martin, roi de Sicile; 2“ le comte d’Urgel. Celui-ci avait pour bisaïeul don AlphonselV, dont le filsdonJayme était père de don Pedro et aïeul du comte, qui avait en outre épouse Isabelle, fille de don Pedro le Cérémonieux et de Sibylc Forzia. Il était ainsi cousin de don Martin au cinquième degré; 3“ don Alphonse d’Aragon, marquis de Villena, comte de Gaiidie, avait pour père don Pedro , fils de don Jayme
second. Il était ainsi cousin du roi don Martin au cinquième degré; 4“ Ijouis , duc de Cataore , était fils de donaViolante, qui elle-même avait pour père don Juan l'' d’Aragon. Il était par conséquent petit-neveu de don Martin et son parent au quatrième degré.
Le cinquième prétendant était Ferdinand l’Honnête, infant de Castille.
Il était fils de don Juan P' de Castille et de dopa Leonor, sœur de don Martin. Il était le propre neveu de ce roi, et son parent au troisième degré (*).
Don Jatki n , mort le a novembre i3a7.
Don Alokio !V .
Kl fienino , mort Ira^jaiivier 1336. "*■
PonAr:;....,/ — Do„p.».«iv \
maïqnis ' Dons Mari», infanle Dona Leonor. du PolgoarJ ou
- X: * inr.nii.iio urVré>monieux. manteau. Pe-
dro en i38fl.
de Villriin et romte du Gaiid))'.
de ISavarlf . mariée infanle de à don Pedro le ai Portugal, majuillet 133R , morte rite à D. Peen 1347, laisaant 3 dro en i347 .
. inorle riii374.
Dona Costaniui,
Doiia Maria Dona Juana.,
leCerémonieui, mort le 6 vier i386«
Dona LsoiroR, née le >o février i3f>H, mariée nn tiU de d<in F.nrlque de Trastamnre, D.Juan P'*' do Castille, le 17 juin i375-
Don JoA!» Dr d’Ara- DonMAaxnr, gon, nélex7 décembre monté sur le.
i35f, mort d'une chute trdheen CtgS.
de cheval le 19 mai mort le 3t mai 1396 , marié d’abord à Marthe . samr du comte d' Armagnac qui lui n laissé une fille , dnnaJiinna. roinlease de Foix , morte sans enfants en 1407. Don Juan s'est remarie à Yolande , fille de Robert . duc de Bar ; Il en a eu une Qllc.
femme a* femme Dont laa-
Donn Maria Lorsi DooaMarYaritii aiiLLi.me* de Luna , mariée à dePrades , ma- ^ tfon
don Martin le 6 rlée AdonMar- juytneleifi juin 1373 , morte le tm le 16 sep- juin 1407. «9 décembre 1406. tembre i409.El- Elle a en 4 enfants |e n’en a pas en dont trois morts en d'enfsnts.
bas âge :
Don Diego ,
Don Juan ,
Pooa Margarita.
Don £'♦»'<>*’* Don Fitam»
lll .le Mais- 5AitD.I*Hondv . roi de néie. manéa ('.uAtille, ma- dona Leonor rie B (^the- de Albuquerrine , fille du que, surnomdur de Lan- mée la ridie rastrr. femme.
Don JnA» n.
roi de Castille.
Dona ViotAiïTi , mariée à liOnis .
duc d'Anjou.
l.ntns , Calabre
duc de
Si , pour déterminer les droits dej prétendants, il eût suffi de compter les deprés de parenté, don Fernand l'Hoonéte l’eût emporté sur ses concurrents sans la moindre contestalion; mais on lui opposait qu’en Aragon les femmes ne succédaient pas au trône, et que par conséguent dnna Leonor, fille de don Pearo du Poignard et soeur de don Martin, n’avait pu transmettre à son fils un droit à la couronne quand elle-même n’en avait aucun. La même objection pouvait également être opposée au duc de Calabre, qui ne se rattachait à la tige royale que par dona Violante, sa mère, fille de don Juan I*' d’Aragon. Dans tous les cas, il était parent du dernier roi à un degré plus éloigné que don Ferdinand. Il devait donc être exclu par ce prince. On opposait avec raison a Frédéric, duc de Luna, l’illégitimité de sa naissance.
Le comte d’Urgel descendait en ligne directe et par les mâles d’Al-
fihonse IV, son bisaïeul ; si, en Aragon, es femmes étaient en réalité privées de droit à la couronne, il devait l’emporter sur don Ferdinand.
Le marquis de Villenu descendait également par les mâles de la souche royale; mais, pour l’v rattacher, il fallait remonter jusqu'à don Jayme IL Le marquis de Villena était d’ailleurs très-âgé, en sorte que les deux seuls compétiteurs entre lesquels le débat dut sérieusement s’établir, étaientFerdinand l’Honnête et le comte d’Urgel. Les cortès de Catalogne, celles de Valence ou celles d’Aragon ne pouvaient isolément nommer un souverain. Il fallait le concours de tous les états de la couronne. Des cortès furent réunies à Calatayud, et les députés de la Catalogne et du royaume de Valence furent engagés à s’y trouver.
On examina dans cette assemblée les droits des prétendants; mais on ne termina rien, et l’on convint que des cortès générales s’assembleraient à Alcafiiz, parce que cette ville était à proximité de la Catalogne et du royaume de Valence. Les esprits étaient partagés entre l’infant don Ferdinand
et le comte d’Urgel. Ce dèrnier avait pour lui la plus grande partie de la Catalogne. 11 y comptait parmi ses parti.cans les Moncade, les Cardone. A Saragossp, il était assuré du concours de beaucoup de familles puissantes, des A lagon et des Luna. Il paraissait donc réunir plus de chances favorables que tous ses concurrents ; mais il était d’un caractère inquiet et turbulent. Il ne crut pas devoir s’en rapporter à la bonté de son droit; il rassembla des troupes, et ses partisans commencèrent à courir le pays. Les violences, les crimes qu’ils commirent eussent suffi pour discréditer la meilleure des causes. Don Garcia Heredia, archevêque de Saragosse, qui avait présidé les cortès de Calatayud, avait embrassé le parti de Ferdinand. Il exerçait une grande influence; et, pour se débarrasser d’un adversaire aussi redoutable, don Antonio de Luna l’attira à une entrevue près d’Almunia, où il le fit assassiner. 11 lui porta lui-même les premiers coups. Ce sacriléu'e remplit tout le monde d’horreur, et fit le plus grand tort à la cause du comte d’Urgel. On comparait sa conduite violente avec celle pleine de modération que tenait don Ferdinand. Ce n’est pas que l’infant de Castille, s’en rapportant uniquement à la bonté de sa cause, se soit abstenu de toute démarche, et qu’il ait attendu la décision des cortès sans se mettre en mesure de la faire respecter. Après avoir pris Antequera, il avait ronclu avec le roi de Grenade une trêve de dix-sept mois, et il était entré en Aragon à la tête d’un corps de troupes castillanes. Mais, loin d’exercer des ravages, il ne cherchait qu’à rétablir l’ordre, à calmer les factions, et à assurer la liberté des délibérations des cortès d’Alcaniz. On proposa dans cette a.ssemblèe de nommer neuf juges, trois aragonais , trois catalans et trois Valenciens, qui entendraient les envoyés de tous les prétendants, et décideraient à qui la couronne devait appartenir.
Cette motion fut accueillie partout le monde. Les électeurs furent, pour l’Aragon, don Domingo, évéque de Huesca ; Francisco de Aranda, et Be-
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renguel de Bardaji. La Catalogne choisit Sagarida , archevêque de. Tarragone; don Guillen Valseca, et Bernard Gualbe. Les juges nommés par Valence furent Saint-Vincent Ferrer, de l’ordre des dominicains ; Boniface Ferrer, son frère, prieur de la Chartreuse de Porta-Cœli ; enfin Giuez Rabaza; mais au bout de quelques jours ce dernier perdit la raison, ou, suivant quelques auteurs, il simula des accès de démence pour se débarrasser d’une mission qui lui paraissait, trop périlleuse. On le remplaça par Pedro Bertrand, jurisconsulte distingué. Les électeurs se réunirent à Caspé, petite ville située sur les bords de l’Èbre. Ils entendirent pendant trente jours les avocats des prétendants. Ensuite, ils se renfermèrent pour relire tous les mémoires qui leur avaient été fournis.
Ils employèrent deux mois à ce travail.
Au bout ide ce temps, le 28 juin 1412, les électeurs firent connaître leur décision. Il fallait, pour être élu, réunir les deux tiers des suffrages et compter au moins une voix de chaque nation. Don Ferdinand obtint précisément le nombre de votes nécessaire. Il fut donc élu roi. Le 3 du mois de septembre suivant , ce prince fut proclamé par les cortès générales réunies à Saragosse.
Deux des prétendants, le comte de Luna et le duc de Gandie, assistèrent à cette cérémonie. Le comte d’Lîrgel allégua, pour ne pas s’y trouver, qu’il était malade; mais ce n’était qu’un prétexte, et il espérait bien faire réformer par la force des armes une sentence qu’il regardait comme injuste.
Il sollicitait l’appui de l’Angleterre; mais le nouveau roi ne lui laissa pas le temps de mettre ses projets à exécution. 11 l’assiégea dans Balaguer, où il s’était retiré comme dans un fort inexpugnable. La ville ne put résister longtemps aux attaques de don Fernand. Le comte d’Urgel fut obligé de se rendre, et il paya par la perte de sa liberté l’imprudence de sa tentative. Il fut emprisonné d’abord en Castille dans le château d’Uriicna. Ensuite on le transféra dans celui de Mora. Enfin il mourut, le 1" juin 1433, dans le
château deXativa, au royaume de Valence, sans avoir recouvré sa liberté.
Le nouveau roi ne s’occupa pas seulement de rétablir le calme dans l’intérieur du royaume : il sut conserver la Sicile et la Sardaigne, dont la possession était sur le point d’échapper à l’Aragon; enfin il se montra digne, par sou affabilité, par ses talents et par ses succès, du trône auquel on venait de l’appeler.
UORT DF. FERDIMAMD t'HOIfIfiTE. I.A